LUTTES CONTRE LE MINISTÈRE DDPAUBB I3S
' ouvertement, dans ce débat aûquef prirent part 6a inbetta, Pascal Dupral, Floquét et Bardous. Mais le
! maître de tous fut M. Dufaure, qui déploya, dans
-cette circonstance, les qualités éminèntes de l'homme politique et de l'orateur.' Il avait d'abord affecté de réduire ea thèse à une question d'ordre
.purement gouvernemental, voulant sans doute ménager encore les passions excitées d'un parti qui entrait dans la composition de sa majorité, n II s'agit de savoir, disait-il, si un service public pour lequel nous votons le budget est utile à tout te monde, s'il a une utilité nationale et sociale suffisante, o Mais cette thèse était trop inférieure au sujet. 11 ne put se tenir de faire un large et magnifique exposé delà grandeur et de l'utilité sociale du rôle de l'Église. Puis, se renfermant tout à coup dans le rôle de chef d'un gouvernement parlementaire, il affecta de croire que, dans la majorité, il ne pouvait être question de détruire l'Église, n Messieurs, dit-il en terminant, c'est avec cette conduite prudente mais ferme, que nous pourrons, je l'espère, rattacher les esprits à deux choses qui nous sont chères, et dont on voudrait les éloigner : la Religion et la République, n — 430 vois contre 62 lui donnèrent, cette fois, raison.
L'esprit politique de la Chambre avait été mis en éveil par les attaques un peu inattendues de la Gauche dite démocratique. Et déjà, on avait pu sentir sourdre les passions antireligieuses qui agitaient le monde politique. Les ardeurs des partis dits conservateurs s'étaient aussi ranimées, La République naissante aussi bien que les ministres
IM HISTOIIE DB LA StPDBLIQDS
chargés de la faire vÎTre, allaient être exposés dés deux c6tét à tous les coups. C'étaient, du côté ^uche^ M. Duhiure, et moi do c6té droit, qui étions pluB particulièrement visés ; et, par une singulière contradiction au moins apparente, ce fut sous les coups de la Droite, H. Dufaure, et moi sous les coups de la Gauche, que nous allions succomber.
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