I6S HISTOIRE DE LA RÉPUBLIQUE
teur deia hautefooction, autant il gemblaît dépaysé dana la direction des affaires à l'Intérieur. Il parut d'ailleurs s'en désintéresser : lui qui était un laborieux, un travailleur infatigable quand il s'agissait de produire des œuvres personnelles, au contraire dana cette partie de l'ordre gouvernemental, il parut înactif, comme un homme qui, au fond, ne savait pas trop à quoi appliquerson activité. En dehors des livres, de la tribune et des commérages parlementaires auxquels même il se mêlait peu, il ne trouvait pas matière à employer son remarquable esprit, parce qu'il connaissait peu ou mal les ressorts intimes : communeg,départenients, organismes de toute sorte, qui entretiennent la vie nationale, qui sont la nation en fonction. De là la faiblesse de son administration qu'il abandonnait volontiers à des subalternes et à des employés de cabinet, croyant peut-être que toute l'habileté et l'utilité de son gouvernement consistaient dans des rapports avec l'Elysée, dans les entretiens de couloirs dans le Parlement, et dans sa supériorité réelle d'orateur.
Le programme ministériel, lu dans les deux Chambres, était marqué d'un trait bien conforme au caractère du Président du Conseil, très personnel, et tendant à bien accentuer l'attitude qu'il avait prise et proclamée à l'Elysée.
H Je suis, disait le Préaident du Conseil, je suis, vous le savez, profondément républicain et profondément conservateur, dévoué, par toutes mes convictions et par toutes les étudea de ma vie, au principe de la liberté de conscience, animé pour la religion d'un reapect sincère... « L'impression sur la
Chambre des députés fut plutôt fevorable; et toutefois on ne laissa pas de remarquer la tendance à substituer la personne du Président du Conseil au Cabinet tout entier, et une disposition un peu trop marquée A chercher à complaire à tout le monde. IjC talent le plus subtil et le plus ingénieux ne saurait, devant un public français, pallier ces défectuosités. Et M. Jules Simon ne parvint jamais, en effet, à dominer les impressions fâcheuses qu'elles faisaient naître autour de lui. 11 semble qu'il suscitait des réticences dans l'esprit même de ses admirateurs.
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