‹ Histoire de la république de 1876 à 1879Chapitre 58 sur 71 · SM HISTOIRE DE LA BËPUBLIQUE · texte numérisé non relu

SM HISTOIRE DE LA BËPUBLIQUE

le Président de la République • d'employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir, lui disait-on, pour faire respecter l'indépendance du Saint-Père; pour sauvegarder son administration, et assurer aux catholiques de France l'iadispensabte jouissance d'une liberté plus chère que toutes les autres : celle de leur conscience et de leur foi. i>

Enfin, des ëvéqucs lancèrent des mandements empreints du même esprit, mais avec plus de violence. L'évëque de Nevers adressa même à M. le Maréchal une lettre personnelle, mais qui fut rendue publique, qui fut même envoyée aux maires du diocèse par une circulaire adressée, était-il dit, ■ aux dépositaires d'une partie de la puissance executive ■ . L'évêque provoquait leur concours ofSciel, et leur demandai! a de se concerter avec lui, afin de faire prévaloir ses convictions dans les divers conseils du pays 1) . On demandait au Gouvernement ■ qu'il n'acceptât aucune solidarité avec la Révolution italienne, et qu'il dégageât la France de Gharlemagne, de saint Louis, de toute connivence avec cette Révolution qu'ils ne reconnaissent pas pour Slle. »

Dés pétitions rédigées dans un style enBammé circulaient jusque dans les écoles publiques. Quelques évéques avaient même, à Toulouse, à Angers et à Lille, par exemple, autorisé des laïques à faire, sur ces sujets si délicats, des conférences dans les églises.

Quelque opinion que l'on put avoir sur l'acte du gouvernement italien, il était trop clair que les partis politiques en France cherchaient à profiter, dans un intérêt politique et hostile à la République, des sentiments que pouvait suggérer, chez les ca-

iholîques, la situation iaiie à la Papauté. D'autre part, le langage tenu par des autorités, ecclésiastiques il est vrai, mais approuvé et encouragé par les partis politiques, était de nature a susciter, entre l'Italie et la France, des susceptibilités qui auraient pu conduire à un confit international.

Le Gouvernement était mis en demeure d'agir. Il le fit sous forme de circulaires adressées : par M. Jules Simon aux préfets, au sujet des pétitions ; par M. Martel, ministre des Cultes, aux évéques, au sujet des conférences faites dans les églises ; et par M. Waddington, au sujet des pétitions répandues dans les écoles. Dans le Parlement, les trois groupes de la Gauche à la Chambre des députés déposèrent une demande d'interpellation <• sur les mesures que le Gouvernement avait prises et se proposait de prendre, pour réprimer les menées uttramontaines dont la recrudescence inquiétait le pays <• .

Ce fui M. Leblond qui fut chargé de développer cette interpellation. M. Leblond appartenait au groupe dit de Gauche ; c'était un avocat de Paris, d'un boti rang au barreau, d'un caractère incontesté et universellement considéré. 11 était républicain de vieille date, mais d'une grande modération, du moins dans la forme. Très tempéré de langage, il avait les qualités qu'il fallait dans cette occasion: sincérité dans l'esprit; fermeté de caractère, et, dans la parole, tout le contraire du Ion agressif : loin de là. Soit complexion naturelle, soit maladie, il était d'une maigreur extrême, et, même alors qu'il exprimait des idées fortes, il avait toujours J'aîr d'expirer. , . -

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