‹ Histoire de la république de 1876 à 1879Chapitre 62 sur 71 · SS4 HISTOIRE DE LA KÉPOBLIQUB · texte numérisé non relu

SS4 HISTOIRE DE LA KÉPOBLIQUB

tère, et parmi les amis du mioistre. L'afhîre nous fut racontée è. la fin de la cérémonie funèbre de l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, et, à tous ces esprits déjà surexcités par les luttes des derniers jours, elle apparut tout d'abord comme un acte abusif du Pouvoir présidentiel, comme une sorte de défi au Pouvoir parlementaire. Les derniers mots de la lettre du Maréchal : ■ Si je ne suis pas responsable comme tous envers le Parlement, j'ai une responsabilité envers la France » étaient commentés dans le sens d'un appel au pays contre la Chambre. Dans les dispositions d'esprit mutuelles, où l'on s'entretenait de part et d'autre, il était fatal que, de part et d'autre aussi, on outrât les choses, et qu'on ht sortir de cet incident, qui aurait pu se dénouer très constitutionnellement, un gros événement que l'on qualifiait déjà de coup d'État. A ce premier moment, sous l'empire de ressentiments encore vifs, et d'une défianceque beaucoup de fautes commises justifiaient, on apercevait, derrière l'acte accompli par le Maréchal, une agression contre la République.

De cet étatd'esprit excessif et peu réfléchi allaient sortir des résolutions qui devaient faire prendre, à la politique que nous avions voulu suivre depuis l'établissement du nouveau Régime, un autre cours. Et, dès l'instant, la fraction jacobine de la Chambre tenta de donner à ce courant la direction qu'elle cherchait visiblement i faire prendre à la République naissante.

Le jour même du 16 mai, les divers groupes de la

Gauche de la Chambre se donaèrent rendez-vous, chacun dans lea locaux qui servaient d'habitude à leurs réunions. Dans le trouble général, les partis se trouvèrent plus ou moins mêlés les uns aux autres. On se groupait un peu au hasard des rencontres. Gambetta profita de cet état des esprits pour proposer une réunion plénière de toutes les Gauches, dans laquelle on prendiait un parti sur ce qu'il convenait de faire. C'était sa tactique toujours poursuivie, et à laquelle le Centre gauche et ffloi-méme nous nous étions toujours opposés. Nous nous y refusâmes de nouveau ; mais la Gauche républicaine, malgré quelques dissidences, s'était rendue à cette proposition, et la réunion plénière devait être tenue le soir même à Paris, au Grand- Hôtel, à 9 heures du soir.

En ma qualité de président du Centre gauche, je convoquai, de mon côté, mes collègues à une réunion qui devait se tenir à 8 heures du soir à Paris, chez Nadar, où nous tenions nos séances. Là, je posai la question de savoir si nous devions nous rendre à la réunion plénière du Grand-Hôtel, et je donnai mon avis, qui était nettement négatif. Ce n'était pas la première fois que des tentatives de ce genre avaient été faites. Je m'y étais toujours opposé, sentant qu'elles devaient avoir pour résultat, non de grouper des forces, mais d'annuler les unes au profit des autres; de faire servir notre cause particulière à des ambitions personnelles, et au triomphe d'opinions contraires à celles qui caractérisaient notre politique. Ce procédé d'absorption ne me disait rien qui vaille ; et il me répugnait de me prêter à ce jeu.

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