‹ Histoire de la république de 1876 à 1879Chapitre 68 sur 71 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

DE LA PKOBOaATIOH A LA DISSOLCTION (1)

La Chambre avait donc été prorogée, et sa prochaine diesolutioD ne faisait alors de doute pour personne ; aussi de tous les côtés se préparait-on déjà à la campagne électorale, que, pour son propre compte, le ministère se hAta d'ouvrir. Mesures de police, instructions ministérielles, remontrances et vigoureux conseils ou plutdt des ordres adressés & la magistrature des parquets, menaces sous forme de bons avis donnés aux fonctionnaires : tout l'appareil renouvelé de l'Empire enfin, destiné A faire trembler ou à soumettre le suffrage univeret, fut mis en œuvre sans mesure, et on peut dire sans vergogne.

Un des premiers soins du ministère fut de renouveler le personnel des agents. Les numéros du Journal officiel des 20, 21, 32 mai étaient pleins de décrets faisant et défaisant des préfets, des secrétaires généraux, des sous-préfets ; d'autres suivirent, et le personnel de toutes les administrations fut plus ou moins bouleversé. Ce sont les tristes lende-

(1) Lei lecteur* qui délireraient lur cette période de plu* ample! détail) le* troiiTeroiit dtat le Tolume le Saiie Mai, o& je lui ai coDMcré plutieun chapîtref.

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maÎDS des réTolutîons. Je les ai coanua ; mais il me sera permis de dire que ]a dureté de ces eKécutiôns peut être rachetée par l'esprit et par les intentions qui y président; et que tel ne fut pas le cas des mesures prises par le ministère de Broglie.

Des préfets et-d'autres fouctionaairea qui avaient été maintenus en place sous le ministère Dufaure, bien que, par leur origine, ils appartinssent au 2i mai, se remirent sans trop de peine, et plusieurs avec zèle, au service du gouvernement nouveau; mais dans des vues très différentes de celles qu'ils avaient accepté de servir. La tentation fut plus forte que la fidélité à leurs engagements.

Toutefois, dans ces sauts de vent si fréquents, en temps de révolution, l'attitude changeante des fonctionnaires publics n'est pas toujours à bl&mer II arrive fatalement que de bons serviteurs suivent par nécessité les âuctuations de la politique. Des devoirs de bmille impérieux peuvent s'imposer à eux dans la direction de leur vie. Le sort de cette catégorie de fonctionnaires est, sous ce rapport, pénible : et la fréquence des changements de la politique intérieure, qui met en relief leur versatilité forcée, n'a pas peu contribué à diminuer la considération autrefois attachée aux emplois publics. Cette versatilité ne justifie pas l'esprit d'exclusivisme qui, sous des prétextes de politique, a pesé souvent avec une rigueur injuste sur de bons serviteurs de l'État.

Le parti républicain, de son côté, ne restait pas înactif. Profitant de la suspension des séances de la Chambre, les députés de Gauche s'étaient rendus

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