DIVISIONS PARMI LA DROITE. — UNION DES RÉPUBLICAINS
Le Gouvernement auiait voulu que toutes les candidatures opposées au Régime républicain fussent tenues sur le même pied et également protégées par ses fonctionnaires; mais les partis ne consentaient point à cette trêve. Les royalistes ne tardèrent pas à dénoncer les candidatures officielles, tandis que les bonapartistes se réclamaient déciles ouvertement.
D'autre part, les conjurés reprochaient à M. le duc de Broglie ses scrupules intempestifs de légalité. « Si M. le duc de Broglie, disait-on dans le Figaro, ne voulait pas employer la force, il ne fallait pas faire le 16 Mai. "
L'accord qvii avait présidé à la coalition du 16 Mai ne pouvait survivre au triomphe remporté sur le parti républicain. Dès le premier jour, on avait pu voir quelles inimitiés réelles divisaient les coalisés, et quelles colères suscitait entre eux la crainte que l'un des partis l'emportât sur l'autre. L'ouverture de la période électorale mit aux prises toutes ces fantaisies d'opinion et toutes ces compétitions ambitieuses.
Au nom des bonapartistes, M. Tiùstan Lambert,
à Fontainebleau, déclarait que, en 1880, il tendrait de tous ses efforts à rétablir l'Empire autoritaire de 1852. A Toulouse, M. le marquis de Franclieu écrivait, dans rEcho de la Province, une lettre adressée à M. de Fo'.irtou : " Je crois pouvoir vous dire, au nom des vrais royalistes et des vrais catholiques, que nous préférons encore la République à l'Empire... Si vous persistez à vouloir recommencer les candidatures ofliciellcj, comme sous l'Empire, je regarderai comme le devoir le plus impérieux pour tout catholique et tout royaliste, de vous combattre à outrance. »
Plus tard, le marquis de Franclieu écrivait encore : « Croit-on que si les royalistes, les parlementaires, les bonapartistes parvenaient à s'entendre dans toutes les circonscriptions électorales, leur succès, aussi complet qu'on veuille l'imaginer, déterminerait une majorité durable? Assurément non, car, dès le lendemain, ces trois nuances se révolteraient nécessairement les unes contre les autres (l)-. " Juste appréciation de la faute commise par les conservateurs qui empêchèrent l'établissement d'une République conservatrice, et qui ne pouvaient fonder un autre Régime.
Et le journal légitimiste l'Union disait : « Si le Cabinet ne sait pas mettre un frein aux exigences bonapartistes, notre devoir est d'empêcher que la partie engagée par le Maréchal ne soit gravement compromise. •' Un autre organe du même parti, le Journal du Mans, écrivait : « Les bonapartistes
- (1) Bien public du "25 août 1877.