HISÏOIKE DE LA RÉPUBLIQUE
vaincus. M. Dufaure intervint, et s'efforça de faire sentir au Sénat le danger qu'il y aurait à susciter de plus en plus les passions politiques déjà irritées :
a L'ordre du jour, dit-il, qui manifesterait à la Chambre une méfiance qui la blesserait, pourrait recevoir pour réponse un autre ordre du jour, que, au même titre, la Chambre des députés prendrait demain, et qui répondrait à la résolution du Sénat par une résolution aussi blessante de la Chambre des députés.
" Ce débat est parfaitement inutile, et, comme je le disais, il est dangereux, messieurs, dans un moment où les passions sont surexcitées au point où elles le sont, je ne dis pas seulement dans les pouvoirs publics, mais dans toutes les parties de la société. «
Contre toute prudence et toute sagesse, la mauvaise humeur prévalut, et le Sénat vota l'ordre du jour suivant : « Le Sénat, prenant acte des déclarations du Gouvernement, persévérant dans la politique conservatrice qu'il a toujours défendue, et désireux que les prérogatives appartenant à chacun des trois pouvoirs soient l'espectées, passe à l'ordre du jour. «
Dans l'état d'esprit, même incomplètement décrit par AI. Dufaure, où se trouvait l'opinion publique, la Chambre releva cette sorte de défi, telum imbelle sine ictu : défi sans suite, et le 20 novembre, elle vota la résolution suivante :
(I En présence des doctrines énoncées hier à la tribune du Sénat, par M. le Président du Conseil, la Chambre, résolue à repousser tout empiétement sur ses attributions, et à maintenir l'intégrité de ses
AUTOUR DU iMARECHAL 143
résolutions et de ses prérogatives, ajourne l'examen (le Félection de M. le baron Reille, jusqu'au jour où la Commission d'enquête aura terminé ses opérations sur les élections du département du Tarn, et entendu les fonctionnaires et agents de l'autorité de l'arrondissement de Castres, où M. le baron Reille, sous-secrétaire d'Etat du Cabinet du 16 mai, a été candidat officiel, d