J76 HISTOIRE DE LA RÉPUBLIQUE
contribué grandement à désarmer l'âme française exposée aux rudes assauts d'une fausse philosophie armée en guerre contre les vérités sur lesquelles était foncièrement fondée la moralité publique. Il serait vrai de dire qu'ils n'ont pas eu une influence heureuse sur l'âme contemporaine.
Dans la pensée des nouveaux arrivés auxquels les .élections de janvier 1879 avaient ouvert l'accès de la politique, le Centre gauche ne tarderait pas à apparaître comme un vaincu, impropre à devenir et à rester le maître des destinées de la République, puisque ses efforts, pour y entraîner le parti conservateur, avaient été vains. Aussi la meilleure bonne volonté du Gouvernement devait-elle se heurter à un parti pris d'avance, résultat même de notre victoire électorale. Déjà nous étions en arrière sur le parti triomphant — mais, au premier moment, nous pouvions croire qu'au contraire, notre crédit sur les Chambres et dans le pays n'avait pu que gagner à notre victoire.
L'illusion des modérés était d'autant plus tenace qu'ils n'apercevaient pas d'autre issue que celle qu'ils avaient envisagée en fondant la République conservatrice. Il leur avait semblé que l'on était sorti, lors des élections de février 1876, de l'impasse dans laquelle l'Assemblée nationale s'était tenue enfermée pendant cinq ans. Mais nous connaissions mal la puissance, déjà réelle pourtant, et les projets de la fraction du parti républicain soumise à la direction franc-maçonnique.