‹ Histoire de la République de 1876 à 1879 (volume 2)Chapitre 43 sur 59 · LA CRISE DERNIERE · texte numérisé non relu

LA CRISE DERNIERE

néral Gresley, qui avait été, lui oussi, son chef d'état-major et qui, comme M. le Maréchal le dit avec une insistance non sans esprit, passait pour avoir des opinions républicaines, et ne pouvait dès lors nous inspirer aucune défiance. Ce choix fut agréé par le Conseil ; et ce fut un nouveau prétexte de dénigrement et de malveillance, dont s'emparèrent les partis déjà animés, contre le Gouvernement, des dispositions les plus hostiles. Gambetla, qui, à partir des élections de janvier, semblait avoir pris la direction des mécontents, changea dès lors son opposition, restée sourde jusqu'alors, on hostilité ouverte.

Telles étaient les dispositions d'esprit gciit'raleSr au Parlement et à l'Elysée, si différentes (le celles qu'avait fait présumer la journée du 5 janvier, lorsque M. Gresley mit le feu aux poudres.

Le matin du 28 janvier, il présenta au '\laiéchal à signer un décret par lequel on relevait de leur commandement dix généraux de corps d'armée qui occupaient leur poste depuis plus de trois ans : c'était le temps légal fixé pour la durée de ces fonctions, à moins qu'il ne fût prorogé.

Cette question des grands commandements était depuis quelques jours l'objet des plus vives discussions dans l'opinion publique. Il semble, à distance, que ce terrain de lutte avait été adopté par les partis, décidés à sortir de l'état de paix dans lequel nous nous efforcions de maintenir le Gouvernement

tout entier. Ce terrain était d'ailleurs habilement choisi. Il était à la connaissance générale que quelques-uns des grands commandements mis en cause étaient entre les mains de généraux, fidèles sans doute au devoir, mais néanmoins suspects, en vaison de .leurs opinions ouvertement anti-républicaines. D'autre part, nous avions pris dans notre manifeste de Gouvernement l'engagement de nous en tenir sur ce point à l'exécution des lois; et enfin, dans une entrevue avec M. Leblond, et à la tribune, lors de la discussion de l'interpellation des Gauches à la Chambre, M. Dufaure avait renouvelé cet engagement : de sorte qu'à cet égard, il y avait un pacte conclu à l'avance entre la majorité du Parlement et nous. Enfin, M. le Maréchal avait déclaré souvent qu'il se considérait comme préposé spécialement à la défense de l'armée; qu'il ne permettrait pas qu'on lui portât la moindre atteinte : il II s était, disait-il, subordonné aux nécessités auxquelles l'avait conduit l'acte du 16 mai. Il le prouverait, cette fois encore, en consentant à remplacer, sur les dix généraux compris dans le décret, quatre d'entre eux, plus compromis, politiquement, que les autres. Mais ce serait sa dernière concession; il n'irait pas au delà. »

Nos délibérations, fréquentes pendant ces journées fiévreuses, avaient quelque chose de tragique, tant on sentait que le sort de cette malheureuse République, qui avait déjà subi tant d'épreuves, allait de nouveau être mis enjeu, ou tout au moins qu'elle pourrait entrer dans une phase nouvelle, c'est-à-dire qli'ellc serait exposée à de nouvelles

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