LA CRISE DERNIÈRE
aventures. Les sentiments divers, le devoir de garder le poste où nous défendions à la fois le Régime politique et le pays; la volonté de résister aux impatiences que nous sentions gronder derrière nous, et aux velléités d'usurpation toujours soupçonnées du côté de l'Elysée; le sentiment des injustices des partis, tout cet ensemble d'impressions diverses, qui, dans les moments décisifs, deviennent des raisons d'agir, nous portèrent à nous tenir fermement sur le terrain de la loi. Le Maréchal, aux prises, lui aussi, avec les plus violentes émotions, les exprima devant nous avec une sincérité d'accent qui découvrait les combats dont son âme fut alors le théâtre. » On voulait le déshonorer; on voulait lui faire déserter et trahir les intérêts de l'armée, on voulait le contraindre à frapper ses vieux compagnons d'armes, jamais il ne s y résoudrait. " Et ainsi, les luttes si pénibles du commencement se reproduisaient sans cesse, et lassaient tous les courages.
Le 29 janvier, M. Dufaure nous convoqua ea conseil à son cabinet de la place Vendôme. L'affaire des grands commandements fut mise en délibération. Le conflit arrivait à un état aigu. Nous ne pouvions oublier que nous étions nés précisément d'un conflit presque pareil, ouvert le 16 mai entre le Parlement et le Pouvoir Présidentiel. Notre entrée aux affaires avait consacré la victoire du Parlement : nous étions liés par ce précédent, qui nous intei'disait de céder à une résistance apparaissant