‹ Histoire de la République de 1876 à 1879 (volume 2)Chapitre 45 sur 59 · HISTOIRE DE LA REPUIÎLIQUE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA REPUIÎLIQUE

comme un retour vers le pouvoir personnel. Nous le pouvions d'autant moins, que nous avions récemment fait avec la majorité un nouveau pacte, dont une des clauses essentielles portait précisément sur le point vif du personnel gouvernemental, et sur la question même des grands commandements.

Dans un tel état de choses, nous ne pouvions reculer. J'éprouvais quelque étonnement à voir avec quelle fermeté M. Dufaure soutint cette opinion et la défendit devant le Maréchal. Des révélations récentes, dues à des communications de la famille, m'ont fait connaître l'état d'esprit de ce vieil homme d'Etal, qui se trouvait alors partagé entre ce qu'il crut être un devoir, et les sentiments d'affectueu.\ respect que lui inspirait le Maréchal; entre sa foi politique, qu'il croyait liée au maintien du Gouvernement dont il avait la présidence, et la crainte de voir la République livrée aux aventures, du jour où le Gouvernement passerait entre d'autres mains; lutte héroïque, douloureuse, dont fut le théâtre l'âme de ce vieux patriote, qui prévoyait sans doute que la République allait entrer dans une voie funeste. Mais il était lié par ses engagements antérieurs, par ceux qu'il avait pris tout récemment encore à la tribune de la Chambre. La thèse parlementaire était d'ailleurs conforme aux principes de toute sa vie. Son langage, son attitude, sa tenue générale, pendant cette crise, furent parfaitement corrects et dignes de lui.

Nous étions encouragés dans notre résistance par le parti républicain tout entier; les uns, qui attendaient avec impatience le moment de prendre le

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