LA GCERRE A LA RELIGION
M. Telssercnc de Bort. Le nouveau cabinet fut ainsi composé :
Présidence du Conseil et
Affaires étran(>ères ... M. Waddin(jton.
Intérieur et cultes M. de Marcère.
Justice M. Le Royer.
Instruction publique. ... M. Jules Ferry.
Finances , M. Léon Say.
Travaux publics M. de Freycinei.
A(»riculture et Commerce. . M. Lepère.
Guerre M. le {général Greslcy.
Marine M. l'amiral Jauréjjuiberry
Il était complété par le ministère des Postes, nouvellement créé pour AL Cochery (Adolphe), et par de nombreux sous-secrétariats d'État : M. René Goblet, à la Justice; M. Jules Develle, à rintéricur: M. Sadi Garnot, aux Travaux publics; M. Cyprien Girerd, à l'Agriculture et au Commerce; M. Turquet, aux Beaux-Arts.
La création d'un ministère nouveau et de plusieurs sous-secrétariats d'Etat fut la conséquence de la poussée formidable qui se manifestait depuis longtemps déjà dans la Gauche de la Chambre, vers les portefeuilles ministériels. Cette poussée résultait du désir, assez naturel mais très vif, qu'éprouvait, depuis longtemps déjà, le parti républicain proprement dit, de mettre la main au.x affaires publiques, et de devenir le maître du Gouvernement. De là, les grands changements qui n'allaient pas tarder à se produire dans la direction donnée à la politique intérieure. Une autre consé-
queiice de cette poussée vers le pouvoir gouvernemental ne tarderait pas à se faire sentir dans l'ensemble des institutions, et tout d'abord dans la représentation nationale, dans la composition de la Chambre et du Sénat; tant il est vrai que, sous les régimes démocratiques, la composition et, par suite, l'esprit des assemblées politiques se modifient, nozt en raison des opinions réelles du pays, mais, pour beaucoup, selon les volontés du gouvernement en fonction.
Le nouveau Gouvernement crut devoir donner certaines satisfactions aux impatiences si souvent témoignées de la Chambre, au sujet du personnel administratif et judiciaire. Il régla aussi la question des grands commandements; et enfin, il voulut en finir avec la question de l'amnistie relative aux faits de la Commune, qui faisait l'objet incessant des récriminations de la Gauche extrême de la Chambre. Il ne crut pas toutefois devoir accorder l'amnistie pleine et entière pour les crimes commis pendant cette période de l'histoire de notre temps : aucun des membres du Gouvernement n'avait la pensée de réhabiliter le crime de la Commune, la rébellion d'une poignée de factieux contre la souveraineté nationale, la trahison sous les yeux de l'ennemi triomphant, les horreurs d'une sauvagerie sanglante, les ruines accumulées et l'incendie de Paris. On se borna à appliquer aux malheureux repentants et châtiés le régime des grâces, lequel pardonne sans effacer le crime.