LA GUERRE A LA RELIGION
parti était à la fois mystique et très pratique : plein de foi dans le néant, et d'appétences très réalistes.
Il y avait une part de sincérité dans la confiance que la plupart des politiciens avaient en eux-mêmes. Us se croyaient vraiment les continuateurs attitrés de la Révolution française, qui leur apparaissait, dans le lointain, comme l'aurore de l'ère nouvelle. Leurs idées, à ce sujet, étaient confuses, comme la langue qui les traduisait était obscure et nébuleuse. Sincères, peut-être, mais ils étalent surtout naïfs, et ils servaient, sans le savoir, des maîtres qui avaient des vues bien différentes des leurs sur le monde en général, et sur la France en particulier.
Leurs vrais maitres, directeurs désormais du mouvement qui allait emporter la France vers les destinées qu'il est impossible autant que douloureux de préciser même à l'heure actuelle, c'étaient les serviteurs de la religion nouvelle : religion francmaçonnique, qui dérive du judaïsme, et qui a pour objectif essentiel la ruine du christianisme et spécialement du catholicisme.
A l'heure où nous sommes, au début de la présidence de M. Jules Grévy, les camps n'étaient pas encore très tranchés; et ce caractère de la lutte politique engagée en France n'était pas apparent. Néanmoins, la composition même du ministcre aurait pu faire pressentir la direction qui serait donnée au
Gouvernement. M, Grévy avait, pour les affaires de l'Église, des sentiments tout à fait négatifs, sauf le respect extérieur qu'il gardait, pour des motifs d'ailleuxs étrangers aux croyances chrétiennes. Dans le ministère, il n'y avait que moi qui fusse catholique : tous les autres ministres étaient protestants ou libi-es penseurs avérés (1). Toutefois, tous les membres du Gouvernement avaient conservé encore les habitudes du respect extérieur des convenances sociales traditionnelles en France, en ce qui concerne les cultes religieux.
Même après ce premier changement opéré dans l'Etat, les gouvernements constitués pendant la première partie de la période ouverte lors de 1 avènement de Grévy ne pratiquèrent pas ouvertement la politique franc- maçonnique et anti-française. Quelques-uns des ministres d'alors continuèrent, dans les formes, les pratiques suivies jusqu alors. Mais il est vrai que tous étaient, à des titres divers, embrigadés dans l'armée antichrétienne, et qu'ils ont servi, avec plus ou moins de complicité, les desseins de la secte maçonnique. Celle-ci n'est devenue souverainement maîtresse de la politique française qu'à l'avènement de M. Waldeck-Rousseau et de M. Combes. Et, depuis lors, elle marche bannière déployée à la conquête de son idéal, qui n'est rien moins que le règne de l'Antéchrist sur la ruine de la France.
(i) Protestants : MM. Waddington, Le Royer, Léon Say, de Freycinet, Jauréguiberry ; MM. Jules Ferry et Lepère étaient libre» penseurs.