‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 119 sur 230 · CHAPITRE IX. 2i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 2i

une écluse le cours du Serchio, de le détourner dans le fessé de Lucques en y conduisant tous les ruisseaux d'alentour; puis, quand le moinciit serait venu, de tout laisser fondre iinpélueusemenl sur la ville.

Quand l’ouvraf^e de Brunelleschi fut achevé, il arriva ce que Neri Capponi et d'autres avaient prévu, c'est que le seigneur de Lucques avec peu d’effort rejeta l’eau sur le camp Florentin, si bien que le camp fut obligé de déloger à la grande raillerie de ceux qui avaient conseillé l’entreprise et surtout de Brunelleschi, contre lequel les Florentins, sans se souvenir qu’ils l’avaient tant loué selon leur légèreté, firent tout de suite une chanson où ils bafouaient son ridicule artifice, chanson répétée dans les rues par les enfans, et qui transperça amèrement l’ame sensible de ce grand homme (1).

(1430) Ce que Uzzano avait prévu se vérifia demême:Lupques demanda des secours à Philippe Marie, et ce prince, pour ne pas la secourir ouvertement, feignit de congédier Wançois Sforze qui marcha aussitôt à Lucques avec sa troupe. Mais les Florentins achètent Sforze déjà vainqueur qui se retire ; le duc de Milan envoie Niccolo Piccinino pour lui succéder avec les mêmes apparences, et comme ce général s’avancait afin d’entrer à Lucques, l’armée florentine entreprend de l’arrêter sur les bords du Serchio, et selon la fortune militaire de cette république, elle est complètement battue.

Cette défaite consterne la république, et comme la guerre avait été entreprise parle vœu unanime des citoyens, les chefs du peuple ne sachant qui attaquer, calomnient ceux qui l’ont dirigée; ils renouvellent les accusations contre RinaUlo, et ils accusent avec violence Jean Guicciardini, le dernier commissaire qu’ils disaient vendu, etqui sé vit menacé d’une accusation publique.

La guerre recommence; de nouveaux combats sont li> vrés ; le duc de Milan redevenait menaçant ; Florence épouvantée renouvela son alliance avec Venise; la guerre fut soutenue en Lombardie et en Toscane. Les deux partis so

(l) Coinaienlarii di Neri di Gino Capponi. — Atunirato, lib. XX.

— Poggio, lib. VI.

livrèrent un ^rand nombre de combats avec des succès différciis, et enfin lassés également de cette guerre (1433), fis conclurent une paix, par laquelle Florence , Lucqiies et Sienne abandonnèrent les places qu’elles avaient conquises, et rentrèrent dans le territoire qu’elles possédaient avant la guerre.

Machiavel a trop bien signalé le danger de n’avoir pas de troupes nationales pour que nous ayons cru devoir en parler; Florence et Venise manquèrent d’armée; les Viscouti dontl'habileté dominait les hommes, n’eurent pas non plus de troupes réglées; le courage militaire se perdit; ce fut un des plus grands malheurs de l’Italie.

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