CHUTE DES ALBIZZI ET RETOUR DES MÉOICIS
(1433) Le triomphe des Albizzi n'était que pour un jour; Côme en conservant ta vie conservait sa puissance I un ne l’avait privé ni de ses richesses ni des moyens de
(I) Amnairato, lib. XA.
rentrer ; en se déclarant son ennemi , en établissant une guerre ouverte, Rinaldo faisait dépendre sa sûreté des revers de Côme. Trop convaincu des nombreux dangers qui l’environnaient, il voulait rétablir l’influence des grands, créer un fort pouvoir au sommet de l’Etat qui préservât la république de l’autorité d'une seule famille. Dans cette pensée, il rassemble un grand nombre de ses amis et leur dit qu’ils avaient rendu leur ruine inévitable en se laissant vaincre par les prières,^ les larmes et. l’argent de leurs ennemis ; que dans peu ils auraient à pleurer â leur tour; mais leurs prières ne seront point écoutées, les cœurs se fermeront à leurs larmes, et ils paieront l’intérêt de leur argent par l'exil, les lourmens et la mort. L'inaction eût été préférable à ce vain mouvement qui avait laissé la vie à Médicis et qui avait maintenu ses amis à Florence; il fallait ou ne pas attaquer la puissance ou l’écraser. Une seule ressource leur reste, c'est de fortifier la ville pour en repousser leurs ennemis s’ils y voulaient rentrer armés. Une autre re.ssource s’offre enfin , dont Rinaldo les a entretenus si longtemps , c’est de. s’attacher les grands, en leur rendant les emplois de la république , et de s’appuyer de leurs forces, comme leurs adversaires s’appuyent de celles du peuple; ainsi leur parti acquerra plus de talens, plus de considération, plus de courage et de vigueur, seule ressource qui reste pour maintenir leur autorité au milieu d’ennemis si nombreux , et empêcher la ruine complète de leur parti et de la république ! Un des membres de l’assemblée, Mariotto Baldovinctli, s’oppose à cette mesure; il rappelle l’orgueil des grands, leur caractère intraitable, et il ajoute qu’il ne faut pas se livrer â une tyrannie certaine pour éviter les dangers incertains qu’on avait à craindre du peuple. Rinaldo désespéré rompt le conseil en accusant sa destinée.
Le partidesAlbizzi.se maintenait dans cet état d’inertie sans prendre aucune mesure pour assurer son existence, lorsqu’on intercepte une lettre adressée à Médicis par Agnolo Acciajuoli : il lui faisait couuaitrc les dispositions favorables du peuple et il lui conseillait de provoquer quelque guerre contre Florence ou d’allacher à ses inlé-
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