‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 126 sur 230 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

la lyre. Adieu à ces batailles héroïques et nationales, aux rives de l'Arbia , aux riantes collines de Sienne rougies (lu sang florentin, à la plaine de Campaldino où Dante se montra avec tant de valeur, aux combats civils livrés dans la ville méme:1es arbalètes, les pierres, l’incendie, les barricades se croisent; le vent porte partout les flammes, les cris do la plèbe s’élèvent jusqu’aux deux, les ponts sur l’Arnosont bien disputés; mais le fleuve accoutumé aux luttes, aux cris dont retentissaient perpétuellement ses rivages, n’en poursuivait pas moins en paix son cours brillant, chanté par tant de poètes! Les grands sont cent fois vaincus, la laine succède à la chevalerie, Florence est une manufacture : plus de guerre, plus d’héroïsme , une plèbe admirable et forte, mais plèbe enfin et seule, sans un sénat, sans un pouvoir qui l’inspire, la ranime et l’élève. Aussi, bientôt les périls où Caslruccio et Ladislas jettent cette république craintive, un peuple éperdu à la moindre nouvelle, et mieux réuni sous ses gonfalonspour les luttes civiles que pour la guerre; la longue domination des étrangers Robert et ses fils, où recourent sans cesse les Florentins. Rappelons-nous leur ironie, leur insolence contre leurs magistrats , leurs passions poursuivies jusqu’au sein des inondations de l’Arno et du déluge du ciel , les fêtes continuelles elles plaisirs où ce peuple heureux célébraient le printemps et la victoire, les beaux jours du soleil et de la liberté. Nous ne verrons plus les désordres bniyans de ces Ciompi qui demandaient deux choses, qu’on leur donnât le gouvernement de l'Etat et qu'on ne recherchdtpas les t'oleurs, ni ces longues vengeances guelfes, où le génie des Albizzi voulut former un puissant parti des grands pour l’opposer aux Médicis. Les Albizzi ont disparu pour jamais après leur gouvernement glorieux de pins d’un demi-siècle sous la succession de Pierre, Maso et Rinaldo, avec Arezzo, Fisc, Livourne, Cortone acquises; les fréquentes guerres avec les Tisconli; l’entreprise de Lucqueset ces eaux du Serchio, où Caslruccio avait manqué périr, et que la main puissante de Brunelleschi voulut détourner sur la ville assiégée, pour les voir retomber

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iraHreusement sur Iç camp florealin. I^ais de nouveaux artistes dépasseront Masaccio, Donalello, Gbirlaodaio; nous retrouverons les beaux-arts , l’amitié de ces grands hommès, leur rivalité généreuse, ces imaginations nobles et poétiques qui élèvent si haut la vie publique, qui par les dons départis au midi comprennent toutes les émotions diverses et atteignent seules la vie complète l Pays doué àu ciel, petit mais délicieux, dont le terrain et l’histmre sont en proportion, où les formes sont les plus belles, et cependant où le pouvoir matériel fut le plutôt brisé, où la basse plèbe releva le plus fièrement la tête, où les artistes, les pontifes, le clergé, sortis des pâturages, luttèrent contre le prestige de la naissance et de l’argent. Pays qui des premiers civilisés sous les Etrusques, etmodèle alors ^’une confédération habile, libre et forte, réveilla la civilisation au'moyen-âge, pratiqua dans sa législation, au siècle, toute la philosophie de l’époque, et encore aujourd’hui rnieiix traité du sort que les autres contrées d'Italie; envoie des hommes illustres dans notre Institut, et maintient l’Italie à la hauteur des connaissances en Europe.

Rien dans notre histoire, il est vrai, de comparable aux caractères formés par les écoles ou les aristocraties antiques; rien d’égal à Sparte, aux Thermopyles, à ces batailles, à ces guerres où des troupes innombrales étaient attirées et vaincues par une poignée d’hommes dans tous les coins de la Grèce, au génie de Thémistocle, à la famille des Scipion, à celle des Gracches, à l’intelligence merveilleuse et à l’élévation exquise de Cicéron, au Portique, aux femmes romaines qui avaient le caractère, les idées et presque les mœurs des hommes, à la mort de Marcus Bru- (us, demandant à ses amis de l’aider à se fuer, au nom de la vertu qu’il n’accusa qu’un instant et qu’il avait étudiée avec eux; rien d’égal à ces beautés, si ce n’est le géant de cas temps peut-être, dont la tendresse, la pitié, la mélancolie, la religion, la profondeur dépassèrent les anciens.

Salut à ces siècles que nous avons peints avec des forces trop inégales ; salut à ces vertus républicaines, où la France

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