DE LA PREMIERE PARTIE
Note 1 , page 200.
<> Dam le temps qui s’écoula depuis le renversement du duc d’Àtbènes Jusiu’i la mortalité de IS48, je me divisai de mes Trères, et J’eus à peu près en partage la valeur de mille florins. Il est vrai que la morulité me délivra de ma dette, et Piceio eut de moi une avance de trois cents florins, et moi de lui trois parties de la maison et deux cents florins comptant, que J’employai pour la dépense de ma femme, de mes eiifans, de mes frères ; mais pourtant avec le reste et avec ce que je gagnai, la mortalité s’étant arrêtée (et dans cette année Je gagnai bien mille florins, et dans deux autres années mille encore) J’achetai les biens de mon frère Filippo de la compagnie des Jardins de San-Michcle, ceux des fils de Lapo Velluti, etc
et ainsi Je pus faire prendre i mon (Ils I.ambert, et après sa mort i mon nis Michèle, une boutique de l’art de la laine od il s’est très-bien trouvé, toutes choses pour lesquelles Je remercie Dieu. *
(Cronaca dl Fireiixe di Donalo Velluli.)
Nons
Note 2, page 201.
CBOIfACA. DI FIRENZE DONATO VBLLUTI.
• Repoiés de la guerre extérieure, la guerre ciiadioe recommença entre les déieslables partis qui y sont. Veuille Dieu qu’elle ait bonne fln quoique Je croie le contraire, les Albizzi étant d’un cdlé avec les Strozzi et leurs amis, et Uguccionede Ricci avec son parti de l’autre, factions auxquelles moi, tant que je fus gonfalonier de Justice en laso et 1351, Je ne voulus Jamais me Joindre quoique sollicité ; J’aurais plutôt voulu les détruire; mais quand J'étais gonfalonier nous ne pûmes Jamais les accorder, mes compagnons et moi ; et ayant député pour cela l’inquisiteur, ftls de messer Lapo Arnoill, messer Tonimaso Corsiiii et Jacopo Degli Albcrti, ils ne purent accorder messer Jean de Médicis, qui tenait avec un parti et messer Jean di Contiel Mari de Médicis, qui tenaient avec l'autre, et depuis les choses ont toujours été pires, chaque parti voulant détruire l’autre et s’accroître (sans penser i la ruine de la ville), et abaisser les chers et antiqnes citoyens qui ne veulent pas les suivre, cherchant chacun d’attirer A soi les Gibelins et les arts mineurs et A les accroître. Car les arts, A cause de la mortalité de 1348, étant réduits de vingt et un A quatorze: bientôt les Albizzi les reportèrent A vingt et un, disant qu’ils avaient remis la porte dans ses gonds. Puis en 1337, on disait que le parji adverse avait amené la réforme des Gibelins pour défaire les Albizzi, disant ; — Ils sont d’Arezzo et Gibelins. — El eux ont cherché de l’opérer contre les amis de l’autre parti, les faisant admonéter en grand nombre; et quoique j’aie beaucoup favorisé cette reforme sans en vouloir A per.sonne, ni par amour ou haine d’aucun parti mais pour favoriser le parti guelfe, car je voyais les Guelfes exclus des charges, et les Gibelins en plus grand nombre ou ceux qui n’claient pas vrais Guelfes ; J’ai bien blAmé et dans la tribune du parti (guelfe) et hors de la tribune celte mauvaise pratique ; notre maison fut entre les Gaelfes, exclue, cardans le squittino de 1331 il n’y reste aucun de nous ni dans relui de 1334, que Pierre, qui était alors gonfalonier de compagnie, et comme on avait souvent parlé d’opérer la reforme d’une manière qui no pût pas nuire. Je ne m’y suis pas opposé, mais J’ai voulu aussi qu’on réreforrnât les autres choses, comme l’éloignement des Guelfes, les divieli et 1rs grand- ; cl comme Je voyais que par le mécnritement dôs citoyens uans ce iiionieni (où noos avions l’adversité des Pisans, au priorai de septembre
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el d’octoore ises) les citoyens ne raisaient pas les dérensea comme ils ont coutume, je priai tant les Prieurs et les collèges qu’on pourvût à cela, que par la volonté des collèges et des Prieurs on appela deux par quartier, avec deux par collège, avec les capitaines du parti (guelfe) pour en trouver le moyen. Je fus des deux quartiers, et étant restés ensemble souvent, nous fûmes d’accord pour réprimer la réforme eu convenant que nul ne pût être admonété si vingt-quatre hommes ou la plus grande partie d’entre eux n’en eussent pas délibéré avec les capitaines, lesquefs'vinfcl-quatre devaient être tirés d’une bourse destinée à cela dans le parti (guelfe), que les divieti se diminuassent d’un tiers, et qu’on accordât aux grands ce qui leur avait été promis au temps de l’empeteur au sujet des charges ainsi qu’aux Guelfes exclus, en s’arrangeant de trois manières ; l’une, que 'celui qui avili vaincu pdur être capitaine de parti au scrutin tenu dans le parti en'1361, au temps de Bemardo Ardinghelli, s’entendrait avoir vaincu pour le Priorlt el serait mis dans les bourses qu’on tirait et qu’on aurait 1 tirer, s’il n’avait pas vaincu au priorat. L’autre manière était qne celui qui aurait vaincu au scmiindes Prieurs de ISK7 aurait vaincu aux autres. Le troisième mode qui plaisait davantage, était qu’on portât des Guelfes pour capitaines ^elfes, qui composeraient le scrutin ponr les Prieurs, les collèges, les captuines de parti, et un pour le capitanat. et celui qui aurait été vaincn au'scrutin ordinaire serait mis entre eux. Lesquelles conditions lues aux Prieurs, anx collèges, on demanda aux capitaines ce qu’ils en voulaient ; ils dirént qu’ils voulaient leur conseil, ce qui leor fut accordé. Mais ce fut en vain i té parti; dit-il, resta dans ta dureté et rien ne se fit." ' ' ' ' “
Note 3, page 216.
Un membre de la cbaipbre des communes, député d’une ville manufacturière (Goventry) et ensuite du bourg le plus démocratique de Londres, a très-bien dit dans un pamphlet comment Im gentilhommes, les campagnards, les fermiers qui ne se mêlent jamais avec la multitude des villes, n’ont pas une juste idée de la différence qn’il y a entre l’homme pauvre isolé el la multitude des hommes pauvres vivant, fraternisant el travaillant ensemble J « Accoutumés à ne compter que les richesses et les propriétés, dit-il, ils méconnaissent et méprisent à la fois l’inOuence de celle humble et intelligente foule qu’ils appellent la populace. »
Le parti de la plèbe commence seulement aujourd’hui i se former en Angleterre, heureux s’il reste dans ses bornes naturelles sans effrayer |in jour les pairs, les gentilhommes cl ces lords de l’amirauté qui se sont soumis les
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nert. Et remarquoni que Rome et Fforence connurent up parti de la ptè|)e et delà démocratie, tandii que la France et l’ Angleterre neconnufept poinj ce parti. L’Angleterre obtint la liberté par rariaiocralie qui lui [ut ce baui pouToir qui manqua i Florence. En France, leroj fut ce haut pouro|r sapa démocratie n| aristocratie forte, ni liberté; quoique Hachiarej, fatigué des ebangemeus perpétuels de Florence,' ait beaucoup vanté nos parlemens e| préféré de beaucoup la puissance de là France i la liberté dé l^ltalie. La France depuis est tombée dans la démocratie, ce qui, corome i Florence, amène le règne des classes moyen neà; moins civiles chez nous qîie chez celte république, et dont une aristocratie élective, digne de'l’âge oÿ nous sommes, pourrait seule nous délivrer. En France nous n’avohl que délit pouvoirs, le roi et les chambres (et les chambres sont en partie au roi par leur construction) avec un esprit public démocratique comme i Florence. A Florence, la nomination des charges donnait au parti dominant une autorité presque aussi gmule que celle te roi en France. Les conseils ressemblaient à nos chambres ; Pesprit du moment et te gouvernement disposaient de leurs voles, ce qui est aussi l'esprit de nos chambres et de tout pouvoir llolunt qui suit le pays et le gouvernement sans principe ni création ni science à lui.
Eu lisant l’Histoire de Florence, beaucoup d’idées naissent de la comparaison de cette histoire avec celle de France et d’Angleterre, nous ne les suivrons pas ici, mais nous y appelons l’attention du lecteur.
Ces élans de la plèbe, de tous cAtés, sont sans doute honorables, et comment ne pas admirer là les sentimens oue nous admirons dans l’bistoire? Le peuple sans doute formera parsout na penvotr, de même que la femme modifiera et relevera la morale, prendra en quelque chose les mœurs et les études des hommes. Ce qu’U faut dans ce mouvement, c’est bien pénétrer les masses du respect de l’intelligence et de ta vertu publique qui peuvent seules conduire le monde ; c’est liguer partout l’esprit et l’honnêteté ensemble, pour résister aux faiblesses et aux erreurs de ces multitudes dont le mérite était surtout dans la frugalité : il faut enchaîner une seconde fois la force matérielle devant des idées. Ces grands principes des Romains sur la vertu et la justice, ces exemples qu’ils se transmettaient de race en race, eebiton d’ivoire des sénateurs, celte toge dont Ils convraient héroïquement leur tète pour mourir sans défense et sans peur, ces traditions du génie civil élèveront seules la France libre au rang de la France monarchique.
En tous cas cette époque est une époque d’espérances et de convictions s’il en fut. C’est là ce qui signale un progrét, car od serait le proçfés sans espérances ni convictions P Le parti de la plèbe, celui de l’aristocratie, la république, tout a été éprouvé depuis des siècles en Europe ; de grands hommes, appréciant les faits, on en tiré d’immortelles leçons. Sans doute la fusion des forces et des principes connus tiendra de l’habileté et des circonsUnces, et ne suivra pas dans chaque éui de mêmes lois. El Undis que
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des convictions publiques s’établissent, des convictions morales non moins belles, déchargent la femme d’un honneur à la fois frivole et tyrannique, l’appellent i des études et i des principes plus élevés ; et comme au XVIII* siècle les bienfaiteurs de l’huraanilé, cette école philosophique d'où la liberté, la tolérance, l’humanité est sortie et qui a produit ce que n’avaient pu Jamais produire les prêtres, comme cette école a renversé les fables tout en gardant la charité, et retrouve l’universalité des Hébreux, qui vient se joindre aux lumières du temps, ainsi une religion toujours plus pure et plus divine pourra s’établir, et le monde, entraîné par ses maîtres, marchera préservé sous cette sainte tutelle de l'honneur et du talent qui s accède i Ja féodalité.
rm DES ROTES DE LA !<• PAETIB.