CHAPITRE I
GOUTBBNEMBNT ABSOLU DE CÔME DEHEDICIS) SA EtTALITÊ AVEC NBBI CAPPONI.
Nous avons vu Florence entourée de petits Etats; combfttlre contre eux, partagerje sort conitnun , alliée de îégliie comme' guelfe, mais dépendante de l’empire seul.
41'4poque où nous sommes arrivés, les Etats ^’ltatie prennent de plus grandes proportions. Florence étend son lerriloire, mais sa faiblesse et Télévatioù des Sfédicià an trôpe de. l’église, la mettront bientôt dans la dépendance (lellome. Et chose remarquable et particulière à Florence seule! c’est dans l’assujétissement que ce petit Etat brilla le mieux par sa vie civile et son savoir! c’est alors due des hommes comme Machiavel, Guicciardini, Soderini, LéonX, le patrdinal Jules de Médicis , Piccolo Capponi , menèrent si^bilemeot les opinions et les affaires ! Les puissances qui tenaient ce petit Etat dans la dépendance le respectaient et le laissaient litHre^ les mœurs civiles s’étaient perfeclioimé^; Ja basse plèbe n’y était plus, mais la classe moyenne avait les vertus et l'habileté. Gomme nous avons vu |adis Florence seule conserver des vertus publiques,
i7(i CHAPITRE I.
quandles autres Etats de l’Italie étaient corrompus, ainsi encore dans la ruine de Tltalie, Florence seule garda sa vertu et ses grands citoyens.
Sans doute pour la France e*est peu de chose qu’une ville sans armée , sans indépendance, sans force et sans avenir, mais quand en examinant cette ville, on y trouve les plus beaux talens, les plus nobles caractères, des combinaisons de partis habiles et hardies, alors on vient s'éclairer à ce brillant flambeau. On voit que l’esprit n’a pas besoin, pour se développer, d’un pays étendu, ni d'immenses richesses. Florence s’offre comme ces grands hommes qui, du sein d’une condition mesquine, devinrent les maîtres de l’opinion et du monde : honorable triomphe de l’intelligence sur la matière.
.Si, sous les Médicis, les forces furent paralysées, elles ne se réveillèrent qu’avec plus d’éclat dans les intervalles où la liberté triompha. Le droit du citoyen au gouvernement, le jeii des passions publiques et de l’esprit, la liberté, en un mot, les Médicis, la génèrent en même temps qu’ils appelaient Florence à une gloire tranquille et lettrée. Mais la liberté se ranima contre eux toujours plus savante et plus belle; on ne comprend pas même comment tant de passion pour elle se conservait durant de si longues dictatures. Ainsi la liberté avait rempli ces citoyens de son pouvoir, ses plaisirs, son activité, ses intérêts compliqués, et ils ne pouvaient plus s’en détacher.
Si un poète, Dante, adominé la première partie de cette histoire dont il avait chanté les temps héroïques et rudes, dans celte seconde partie, Machiavel va de même, au moins pour la postérité, dominer son époque , appeler l’Italie aux armes et à l’indépendance. Mêlé comme Dante aux affaires de son temps, il les traitera avec un génie plus positif, avec les clartés politiques, mais les écarts funestes de l’Italié asservie et dégradée.
Côme de Médicis, vainqueur du parti contraire, et revenu triomphant de son exil, ne s’occupa, durant deux ou trois mois avec ses amis, qu’à affermir son gouvernement : exils nouveaux , prolongation d’exil, loi cruelle qui défendait aux bannis de rentrer après le temps de
leur bannissement, s’ils n’avaient obtenu 34 fèves noires des seigneurs et des collèges, qui ne formaient tous en- . semble que 37 voix; persécution réveillée sans cesse contre ce parti de la moyenne noblesse qu’avait voulu organiser Rinaido Albizzi. Cômele ruine eu même temps qu’il rappelle les antiques familles proscrites, entre autres l’illustre famille des Pazzi, bannie par le peuple. Il fait ranger parmi la plèbe les grands de son parti. Ainsi triomphait le parti de la plèbe et de l’ancienne noblesse, et tombait le parti des nobles marchands qu’Albizzi avait voulu opposer aux Médicis.
Les biens des bannis sont achetés à bas prix pour récompenser et lier mieux les vainqueurs. Plusieurs citoyens des arts mineurs passent aux arts majeurs, et sont élevés aux premiers emplois; le plus renommé de ceuxci est Puccio Pucci qui, revenu de l’exil avec Côme, obtint tant de crédit, que le peuple riche appela par mépris les partisans de Médicis Puccioni(i), comme on le voit dans un des sonnets de Burchielli.
Bench’io mangi a Gaeta pan di Puccio Diventato perô non son Puccino.
En même temps que la dignité du priorat est rendue aux nobles et anciennes familles qui, depuis près de cent ans, et peu après la chute du duc d’Athènes, en avaient été privées, on rappelle aussi aux honneurs et à la patrie les Alberii et tous les citoyens éloignés depuis le parlement que Maso Albizzi avait assemblé en 1393. On réforme toutes les charges publiques par de nouveaux scrutins, on resserre les bourses en rejetant les noms ennemis. Et afin de s’assurer de la seigneurie et de ses six fèves, le parti des Médicis, averti par l’exemple du parti contraire (qui n’avait pas su s’en einp? . er). ordonne que l’élec-
(l) Siorïa florenlina di Cavalcaiile. — Machiavel, lib. V Coinmcnl*ri di Nerli. — Ricordi di Giov. Morclli ^ielizie degli eruditi). Storie delta cilla di Firciize scriilc nelli slessi leinpi che accaddono da Boniuse-