‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 130 sur 230 · LUCA PITTI · texte numérisé non relu

LUCA PITTI

Machialvel dit qu'une république ne saurait éviter les divisions, dont les unes , mêlées de factions, lui nuisent, et dont les autres, sans partis ni factions, lui profitent. Le fondateur d'iine république, 'ne pouvant éviter les inimitiés, doit du moins éviter les factions. Le citoyen qui s'élève par des moyens publics , comme une victoire, une conquête, le succès d’une ambassade, des avis savans et heureux, suit une voie honorable et innocente; mais s’il SC sert pour parvenir de moyens privés, comme des bienfaits, de l’argent; s’il établit des jeux pour la plèbe, ou lui fait des dons publics; il créé les partis, les factions, et ouvre une voie aussi dangereuse que l’autre est favorable.

Les inimitiés de Florence, ajoute Machiavel, furent toujours mêlées de factions, et ainsi toujours nuisibles; et jamais une faction victorieuse ne resta unie qu’en présence du parti ennemi, divisée qu'elle était, sans prudence et sans ordre, dés que ce parti ennemi s'effaçait. Le parti de Côine deMédicis, resté supérieur eu 143i, mais en présence d'une faction encore très forte et pleine d'hommes puis- .sans, se maintint durant un temps, uni et humain par peur, si bien que toutes les fois qu'il eut besoin du peuple pour ressaisir son autorité, il en obtint la Balia, et ains> depuis USijusqu'à 1455 , durant 21 ans , le gouvernement obtint six fuis , et par les conseils ordinaires, celte dictature.

Néri , appuyé seulement sur des moyens publics , avait beaucoup d'amis et peu de partisans. Côme, disposant à

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