JEUNESSE DE LAURENT ET DE JULIEN. — REVOLTE DE PRATO ET DE VOLTERRA
Après la mort de Pierre, la république eut essayé peutêtre de secouer le joug de ses fils, si Tomaso Soderini n’eut assuré l’état aux jeunes Médicis, poüssé par l’ambition ou par cette bassesse qui entraîne les hommes aux pieds du pouvoir. Il rassembla dans le couvent de Saint-Antoine toute la noblesse, et lui déclara que les Médicis seuls pouvaient maintenir la ville on paix sous leur ancienne domination.
Des événements très vifs éclatèrent aussitôt : Bernardo Nardi, un des derniers exilés, tente de révolter Prato (1470); fatigué de l’exil, préférant la mort, il s’introduit dans Prato avec cent hommes arnfés . et suivi par les amis qu’il avait là, il appelle le peuple aux armes. La nouvelle vole à Florence que Pralo est pris ; on exagère le mal, on raconte que Pistoïa aussi est en armes ; le palais se remplit de ci-
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toyens qui viennent se consulter avec la seigneurie. Mais le luinuUe à Pralu se calme aussilôl ; les forces que Florence envoie trouvent Bernard pris et la ville en ordre ; le [ peuple n'avait pas suivi les conjurés. i
On oublia cel allenlal dans les fêles qui célébrèrent le voyage de huit jours à Florence de Galeaz, duc de Milan, (mars 1470). Les Flurenlius , détournés de leurs occupations civiles et enchantés de la cour milanaise riche et brilliinle, cumiuencèrent à se donner uniquementau luxe, au plaisir; les Médicis encouragèrent ces goûls où ils ù^vaient tout surpasser et qui énervaient les forces républicaines- On est toujours étonné de voir avec quelle ardeur Florence retrouve ses institutions et avec quelle facilité elle les oublie.
Les seigneurs et les anciens accopiatori nommèrent l'année suivante 40 nouveaux hommes de Balia. Et ces 40 en nommèrent 200 qu’on appela le grand conseil, chargé de composer le scrutin de dedans etde dehors, etdontl’autorté était pour la vie(l). Le gouvernement ainsi s'affermit beaucoup.
Mais voilà qu’une révolte à Vollerra ramène de nouvelles agitations. Quelques citoyens avaient découvert dans celte ville une mine d’alum, et privés des fonds nécessaires aux travaux, ils s'étaient associés avec des Floreutiiis. Le peuple de Vollerra s’aperçoit bien tôt du profit que les poss(‘sseiirs tirent des mines; indigné de n’y point avoir part, il prétend qu'une mine appartenant au pays appartient au peuple aussi. Il réclame à Florence. Florence décide que les possesseurs des mines paieront chaque année une certaine somme d'argent au peuple et monlreront parla qu'ils reconnaissent le peuple pour leur supérieur. Celle décision redouble l’agitation de Vollerra ; le peuple veut davantage les possesseurs des mines refusent plus; un tumulte suit ; plusieurs citoyens sont tués ; on pille et on brûle leurs mais sous; les recteurs mêmes de Florence courent les plus grands dangers ; mais après que la ville est revenue de cet emportement, elle envoie dire à Floretice que, si on vent lui garder les conventions anciennes, elle rentrera daus la dépendance ordinaire.
tl) Liunardo Morelli. Anno 1471.
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A Florence, le gouvernement discute vivement sur céfte affaire. Tomaso Soderini, toujours timide et pi^ômpt à s’abaisser, ne voit que le danger, et demande qu’on accepte à tout prix la soumission de Yolterrà. Laurent de Médicis, plus hardi, plus fier, veut punir avec les armes l'inSoîence de Volterra'et assurer par là, dit-il, l'obéiSsance des autres sujets de la république. ‘ . r ,,
L’entreprise est déBdée. On répond aux envoyés de Volterra que cette vilie ne peut ‘ réclamer un pacte qu’elle’a violé et qu’elle doit se liVrer à la seigneurie bu se préparer àlaguerre.Vollerra choisit la guerre, fortifie son territoire, et sollicite l’appui de tous les princes de ritàlîe sans obtenir d’espoir de secours que deî'Siennois et dii Selghéur de Piombino. ' ^ ‘
A Florence, on crée, selon l’usage , pour cette entreprise une magistrature composée de vingt citoyens dont Laurent de Médicis fait partie, ainsi que Jacques Pazzi , Tôtbasi Soderini, Jacques Guicclardini', etc. On trouve cent mille acudi et on solde pour capitaine général té comte Frédéric, seigneur d'Urbiii. On organise une armée dé dlx-raille tiouimes d'infanterie et deux-mille de cavalerie. L’armée part en bâte pour surprendre l’ennemi, se présente sur les terres de Volterra, les occupe, et pose son camp du seul côté où la ville, bâtie sur un mont élevé, pouvait éire
attaquée (i). '
Ceux de Volterra avaient réuni pour leur défense environ mille soldatsqui,inous contre les Florentins, sont hardis dans la ville contre les citoyens. Les malheureux habitants, combattus au dehors par l'ennemi, au dedauspar leurs propres soldais, ne demandent plus que la paix et se remettent dans le pouvoir de leurs commissaires. Ceux-ci font ouvrir les portes et ittirodulsent dans là‘ ville la'plus ^ande partie des 'troupes de Florence;’ 'les commissaires marchent ensuite àu palais où ils ordonnent aux Prieurs de'sC retirer dans leurs maisons ; les Prieurs sortent, et dans la me l’un J eux est insulté et dépouillé par un soldat. De là naquit a destruction et le sac de Volterra qui fut parcourue ' (T liJléo durant tout 'un jour ; on n’épargiià lil'lesfemraeà
Crooica di Leonardo Morelli. (I47S,'. ' ■ ' ■ '
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ni les lieux saints ; les soldats des deux années rivalisèrent
de cruauté (1472).
Remarquons qu’en 1473, au l7 avril, un ouvrier en laine fut déclaré rebel'e parce qu’il était allé à Napl^ exercer , l’art de la laine. La seigneurie envoya vers lui pour le rappeler afin qu’il n’enseignât pas son art au dehors, et, comme il ne voulut pas obéir, il fut banni (1).
(1474.) Les Florentins, le duc de Milan et les Vénitiens renouvelèrent bientôt leur ligue, laissant au pape Sixte IV et au roi de Naples le pouvoir d’y entrer, mais ceux-ci se lièrent ensemble de leur côté, en laissant aux autres princes la liberté de se joindre à leur alliance. Sixte IV était furieux contre Laurent de Médicis qui avait secouru contre lui Niccolo Vitelli, seigneurdeCittadi Castello, et ici avait commencé la haine du pape contre les Médicis. Chaque jour fit naître de nouvelles inimitiés entre les deux lignes. Le pape et le roi étaient mécontens de voir les Florentins alliés des Vénitiens, et Sixte IV disait que l'Église ne pouvait conserver ses avantages devant l'alliance de ces deux républiques. Les Florentins, au contraire, pensaient qu’on ne voulait les arracher à l’alliance des Vénitiens que pour les insulter plus facilement.