‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 138 sur 230 · CHAPITRE Yl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Yl

Cependant, le comte et l’archevêque communiquent leur plan à Jean Batiste de Montesecco, condottiere du pape et très estimé. Celui-ci leur en représente d’abord les périls, mais l’archevêque lui oppose Pappui que le pape et le roi de Naples donneraient à la conjuration la haine que les citoyens florentins portaient aux Médicis; les parens que les Salviati et les Pazzi avaient à Florence ; la facilité de frapper les deux frères quand ils se promèneraient seuls dans la ville.

Le seigneur Carlo di Faenza venait de tomber dangereusement malade; les conjurés imaginent d’envoyer le condottiere à Florence sous prétevte qu’il allait en Romagne, à Faenza, réclamer certaines terres que le comtq. mourant occupait. Ils le chargent de voir Laurent de Médicis, de lui demander conseil dans ces affaires de Romagne, et ensuite devoir François Pazzi pour tenter avec lui de convaincre Jacob. Pour qu’il pût ébranler le vieillard par une plus grande autorité. Us conduisent le condottiere chez le pontife.

Jean-Baptiste, dans sa confession, raconte lui-mé me son entrevue avec le pape en présence du comte et de l’archevêque: « Je lui dis (au pape), Saint-Père, ces choses pourront s’exécuter mal sans la mort de Laurent et de Julien, et peut-être des autres . —Sa Sainteté me dit : — Je ne veux la mort de personne pour rien au monde; car ce n’est pas notre affaire de consentir à la mort de personne, et bien que Laurent soit un vilain (villano) et se conduise mal avec nous, cependant je ne voudrais pas sa mort pour rien ; mais le changement de l'Etat, oui. — Et le comte répondit : — On fera ce qu’on pourra pour que cela n’arrive pas, mais quand cela arriverait, votre sainteté pardonnerait bien à qui l’aurait fait. — Et le pape répondit au comte : — Tu es une bête. Moi je te dis que je ne veux la mort de personne, mais le changement de l’Etat, oui. Et aussi je te dis à toi, Jean-Baptiste, que je désire beaucoup que l’Etat de Florence soit changé et soit ôté des mains de Laurent, qui est un méchant homme et ne fait pas estime de nous; s’il était une fois hors de Florence nous ferions de cette république ce que nous voudrions, ce qui nous serait très heureux. — El le comte et l’archevêque dirent : — Votre Sainteté dit vrai , quand vous aurez Florence dans

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voire pouvoir pour en disposer, votre Sainteté donnera la loi à la moitié de l’Kalie, et chacun aura pour cher de vous être ami, ainsi soyez content qu’on fasse tout pour arriver àcetelTet. — Sa Sainteté dit : — Moi je te dis que je ne veux pas. — Ainsi nous nous levâmes de devant sa Sainteté, qui ,!Ouclut en disant qu’elle serait conlenle de donner toute faveur et aide de gens et d’armes ou autre qui serait nécessaire. L’Archevêque répondit et dit: — Saint-Père, soyez content que nous guidions cette barque, nous la guiderons bien. — Et notre seigneur dit : — Je suis content. — Et ain.si nous nous levâmes de ses pieds pour nous retirer dans la chambre du comte. »

Jean-Baptiste arrivé à Florence est d’abord enchanté des manières et de l’esprit de Laurent, et fort étonné de le trouver bien disposé pour le comte Jérôme et si différent de ce qu’il atlenîlait; il fait pourtant auprès de Jacob les démarches qu’on lui avait commandées, et à son retour de Faenza, il achève, secondé de François Pazzietderautorilé du pape, à décider le vieux Pazzi à le lier à l’entreprise.

Alors, dans leurs longues conférences et dans leur vive agitation, ils discutent del’exéculion. Jacob voulait qu’on attendit un voyage annoncé de Laurent â Rome. François disait qu’au jeu, à des noces, ou dans l’église même, les deux frères pouvaient être frappés ensemble. Quant aux secours étrangers, il pensait que le pape devait réunir ses gens sous prétexte d’une entreprise sur le château de Montone pour dépouiller le comte Carlo de Faenza. Cependant rien n’est décidé, si ce n’est que François et Jean-jBaplisle iront â Rome et là fixeront un plan avec le comte.

Les choses reprises à Rome, les conjurés décident enfin que l’expédition de Monlone sera faite, et que les troupes du papeen Romagne seront à la disposition des Pazzi. Le roi de Naples promet aussi tout son appui. François Pazzi, l'archevêque Salviali et Jean-Baptiste reviennent à Florence. Ils entraînent alors à leur dessein de nouveaux conjures, Jacques Poggio, fils de l’historien, jeune littérateur ambitieux elcurieirx d’événemens nouveaux; deux Jacob Salviali, l’iin frère, l’autre alliéde l’Archevêque; Bernardo Bandini et Na-

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