‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 143 sur 230 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

une violence égale, raconte les fautes du pontife dans le cours de sa vie , lé couvre d’injures grossières; l'accuse d'avoir trempé dans un meurtre aux pieds des autels et interprète le tu es une bite de Sixte IV au comte Jérôme (dans la confession de Jean Batiste) comme un aveu du meurtre des Médicis; enfin le clergé de Florence en appelle de l’excommunication du pape à un concile.

Ou publie l’accusation contre le pape avec la confession de Jean Baptiste en lateiiuinanl par un appel à l’empereur élan roi de France, et on envoie celle pièce aüx principaux souverain de l’Europe.

Ainsi les Florentins bravaient l’excommunication du pape en publiant dans l’Europe cette conjuration et cette violation des autels par un pape. Puisque le pape s’était montré loup et non pasteur , dit Machiavel, pour n’être pas dévorés comme des coupables, ils justifient leur cause par tous les moyens en leur pouvoir, remplissent l'Italie de la trahison ourdie contre eux , montrent que le pape impie remplissait mal un pontificat injustement obtenu, lui qui venait d’unir des cardinaux et des parricides pour commettre un meurtre devant le sacrement, et qui aujourd’hui dans le regret de n’avoir pas réussi , excommuniait la ville et tous les citoyens. En vain le pape avait opposé qu’il appartenait au pontife de frapper les tyrans, d’opprimer les médians et d’élever les bons, et non aux séculiers d’emprisonner les cardinaux, de pendre les archevêques, de massacrer les prêtres.

Louis XI, roi de France, écrivit à Laurent pour le complimenter d’avoir échappé à la conjuration en l’appelant son cousin ; le roi de Na pies eu fil aulant, et ces princes ainsi que l’empereur Frédéric , les Vénitiens et le duc de Milan, menacèrent Sixte IV de lui retirer son obéissance s il troublait la chrétienté par une guerre injuste. Milan envoya un secours aux Florentins, mais Venise refusa de se mêler des causes privées. La guerre commencée, les Florentins l'emportèrent une victoire sur un point et s enfuirent lâchement sur un autre, car tels élaieut lapoltronie elle désordre des armées, dit Machiavel, que la d<> faite ou la victoire dépendait de la manière dont on avait tourné la tète ou la croupe d’un cheval.

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Quoiqu’on eut repris la résistance, l’ennemi faisait sans cesse des progrès; une trêve de trois ans donna du loisir pour sentir et peser davanlage les malheurs: les citoyens accusèrent libreineut et sans respect les chefs de l’état ; remarquant les fautes commises dans la guerre, les dépenses faites en vain, et les impôts injustement posés, ils parlaient vivement même dans les conseils publies , et l’un d’eux, se tournant vers Laurent, eut la hardiesse <le lui (lire ; — Cette ville fatiguée ne veut plus la guerre, il faut songer à la paix. — Laurent, consultant avec ses amis sur un changement d’alliance, s’arrête à la résolu lion hardie et généreuse d’aller lui-méme s’entendre à Naples avec le roi. 11 partit aussitôt (1479) au commencement de décembre en laissant Tomaso Soderiui, gonfalonier de justice. Arrivé à Pise, il informa la seigneurie du motif de son départ et les seigneurs le nommèrent aussitôt orateur du peuple florentin avec pleins pouvoirs de traiter pour sa république.

Tandis que Laurent se rendait vers le roi , les Génois reprirent Sarzane au grand effroi des Florentins qui, voyant ainsi ta guerre continuer, nommèrent aussitôt suivant l’usage, de nouveaux Dix de la guerre.

Cependant Laurent, devenu célèbre et important par la conjuration des Pazzi , est reçu à Naples avec des hommes publics. Le roi, étonné de son arrivée, de son esprit, de la connaissance qu’il avait des princes et des peuples de l’italie , se laisse décider à une alliance avec lui; mais il le retient trois mois à Naples , depuis décembre jusqu’en mars, aûn d’éprouver la république. En effet l’agitation s’éveille à Florence quand on voit Laurent retenu à Naples ; déjà, dans les délibérations publiques, on s’opposait à ce qui lui était favorable ; on faisait courir le bruit que si le roi le retenait longtemps, le gouvernement changerait, et ce bruit prolongeait les lenteurs du roi. Enfin il laisse partir Laurent après de grandes démonstrations d’ami|ié et la convention d’une alliance perpé tiielle.

Laurent reçu à Florence avec amour et allégresse y rentre plus puissant encore qu’à son départ, et deux jours après, l'accord est publié entre la république et le

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