‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 145 sur 230 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

MAGNIFICENCB DE LAURENT DE MÉDICIS. — SA PROTECTION POUR LES ARTS ET LES TALENS. — JEUNESSE DE MICHEL- ANGE.

« Laurent de Médicis, malin tyran. »

a Je crois que, trouvant les citoyens de notre ville, d’âme et de mœurs serviles et complètement avilis dans les habitudes commencées et établies par son père, Laurent conçut comme iine idée très-supcrbe et très-ambitieuse, le dessein de transporter en soi toute la dignité, pui.ssance cl autorité publique; et enfin comme Jules-César, de s’emparer delà république, ce qui pour tout homme qui considérait sa conduite, n’étaitpasdifticileàreconnaitre. car depuis plusieurs années il s’appliquait à défaire et annuller le Mont commun de Florence avec des lois diverses, le détruisant et le gâtant, afin qu’en supprimant celle dépense de paie et de dot pour les citoyens, il put librement disposer pour lui-raéme de tous les revenus publics; et dans ce but; il prit principalemenldeuxaides, AiifoniodiBernardo et ser Giovanni da Protovecchio, hommes très-audacieux qui, à toute’ heure, lui montraient les voies et les manières de conduire une telle œuvre à sa fin. D’un autre célé, les tyrans et les petits seigneurs de la Romagne, de Lnnigiana et d’ailleurs, qui avaieut coutume de se recommander à la seigneurie de Florence, et en signe de cela de donner un certain paiement, aujourd’hui avaient un salaire de la commune et l’obligation était envers Laurent seul ; et dans ces choses, il dépensait sans aucun ménagement, et consumait les revenus publics sans songer au tort qu’en souffraient les citoyens, qu'il dévorait et consumait ainsi avec tant d’industrie, soit pour les rendre plus faibles et plus

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