CHAPITRE I
RUPTURE DE PIERRE DE MÉDICIS AVEC SES ANCIENS ALLIES. — PROJET DE CONQUÊTE EN ITALIE DE CUARLES VIII , ROI DE FRANCE.
N’oils voici arrivés à l'une des époques les plus brillaii les sans doute de l’histoire de Florence. La domination de Cônie et de Laurent n'avait pas détruit la république ; quelques années d’oppression n’avaient pu dompter une force donnée par les siècles ; l’asservissement même où Florence avait vécu sembla lui prêter une nouvelle énergie. Des hommes comme Machiavel et Guicciardini s’instruisirent par lesévéneraens passés, pour diriger l'opinion présente et faire chercher, mais en vain, quelque règle à la liberté reconquise.
A la mort de Laurent, Machiavel avait vingt-trois ans. Cet homme, établissant comme Dante, mais dans un genre différent, une royauté intellectuelle, allait dominer son temps et commencer la science de la politique chez les modernes. Ce fut une chose curieuse au moment où l'Italie était de tous côtés travaillée par les étrangers, en proie à une corruption ancienne et croissante, de voir cette petite république de Florence discuter la science de la politique,