‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 151 sur 230 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

troubles civils, s'adresser a'u roi de France pour les faire Cesser, remettre les pouvoirs de la ville à un prince de Va/ois T

Les proportions étaient changées : la France avait cessé d’élrepoür Florence une alliée fidèle ; laJFrance avait des vues sur Milan etNaples qui devaient passer avantles petites alliances. L’Arragon n’étaitpius cemince royaumequi ne put prétendre aux deux Siciles. Les élats de l’Europe grandissaient, et ritalie, pour leur opposer des forces égales, devait se renfermer chez elle et se coaliser. Mais le fait seul rendit cette vérité évidente. D’ailleurs, l’énergie môme éveillée dans tant de villes libres et sans un but commun, s'était corrompue; nous avons vu que Florence seule avait gardé sa vertu. Le courage, la bravoure ne s’y trouvaient plus; ce ne sont pas les éltangers qui le disent ; nul étrangiT n’a peint les Italiens avec des reproches et des traits si honteux que' ne l’ont fait Machiavel et Guicciardini. C’est chez ces grands maîtres qu’on apprend comment le génie de rhomtne. même chez la race la plus intelligente et la plus forte de l’univers, s’altère et s’égare quand il n’a nul frein, nul principe de probité, de courage et de vertu. En Italie, l’ambition corrompit tout. Un foyer de corruption d’ailleurs, siégeait au sein de l’Italie; Rome, toujours dénoncée par les hommes qui étudient cette époque, et jamais assez détestée, ajoutait ses corruptions particulières à celles qu’avaient produites la cour des petits tyrans, leurs intrigues abominables et l’abandon des forcés humaines dans la pente où les passions et les vices les appellent.

Quand Laurent mourut, on vit mieux son mérite, car le lien qui tenait l’Italie unie, sembla rompu. Les petits esprits et les petites passions reprirent leur jeu, elles alliés doutèrent les uns des autres quand le caractère de Laurent ne les rassura plus.

(i492.) Florence vit mourir Laurent avec agitation ; elle se souvenait en frémissant que, pour établir la succession de leur maison, il avait fallu aux Médicis une habileté continuelle ; si Jean et Côme l’un après l’anlre avait fondé leur autorité, Pierre, fils de Côme, avait vu son pouvoir ébranlé, et Laurent, adolescent, n’aVait dû qu’au hasard

LIVÜE II.

d'éviter le poignard des Vazzi. Bien chez Pierre de Médicis n’annonçait un digne héritier de sa race. En vain Laurent avait voulu corriger sa violence hautaine : nourri il'oin* bre de la réputation et de la félicité de son père, inspiré par l’orgueil des Orsini d’où sortaient sa mère etsafemme, occupé des plaisirs, rival par sa taille robuste des meilleurs jouteurs et cavaliers, poète et formé par Politien aux lettres grecques et romaines, il devenait chaque jour moins apte à la vie civile et au gouvernement de la république.

Son étroite alliance avec Ferdinand, roi de Naples, inquiéta Louis-le-Maure, qui régnait à Milan au nom de Galeaz, son neveu. Galeaz avait pour femme une petitefille de Ferdinand, et cette princesse, indignée du joug sous lequel vivait son mari, excitait sans cesse la maison royale de Naples contre Louis Sforze.

L'élection du pape fit naître les premières divisions des alliés. (1492.) Alexandre VI venait d’étre élu au trône pontifical ou plutôt venait d’acheter la tiare, puisqu’il envoya d’abord chez le cardinal Ascagne Sforze, fils de François Sforze, quatre mulets chargés d’argent pour payer les voix incertaines, et qu'aprés son élection il nomma ce même cardinal vice-chancelier, céda au cardinal Orsini son palais à Rome avec deux châteaux, donna au cardinal Golonna l’abbaye de Subiacco avec tous ses châteaux, au cardinal de Sl-Ange l’évéché de Porto avec son mobilier magnifique et sa cave fournie de vins exquis , au cardinal de Parme la ville de Nepi , à celui de Gènes l’église de Ste-Marie, t» via Lata, et au cardinal Savelli l'église de Ste-Marie-Majeure et la ville de Citta-Castellana, tandis que le cardinal de la Rovère (depuis Jules II) et quatre autres, méprisant ces exemples, restèrent seuls incorruptibles.

Bien que l’élévation de ce pape abominable consternât tout le monde, et que le roi de Naples Ferdinand versât des larmes en secret, lui qui n'en laissait pas couler à la mort de ses enfans, il fallait que les princes alliés allassent complimenter le nouveau pape. Ici commença la division, car Louis-le-Maure, qui cherchait par ses singularités i

chai'H'ke I.

paraître plus habile que ses allies, propose à Pierre de liédicis d’envoyer en commun une seule ambassade à Alexandre pour faire voir leur union. Celle proposition ne poiivail plaire à Médicis qui, ne songeant qu’à faire briller son ambassade, avait depuis deux mois rempli sa maison de brodeurs et de décorateurs ; il semait de bijoux les habits de ses pages ; un seul de leurs colliers était estimé à 200 mille florins. Comme il s’adresse au roi Ferdinand , pour détacher Louis de son projet, Louis s’inquiète de l’intimité du roi avec Médicis (1).

Un autre motif augmenta les soupçons de Loiiis-le- Maiire. Pierre se laissait gouverner par Virgile Orsini, son parent, dévoué à Ferdinand. Virgile Orsini achète des . fiefs dans l’état-romain, qui assuraient la communication du roi avec Florence : le pape s’oppose aux achats d’Orsini; Louis excite sa colère ; Ferdinand, sans s’intimider, pousse Orsini à prendre possession des châteaux, en lui promettant de le soutenir. C’est alors que Loiiis-le-Maiire, après beaucoup de négociations (avril 149.3], parvint à former une alliance avec le pape et les Vénitiens pour l’opposer à l’alliance qu’il redoutait.

L’Italie entière s’alarma de la séparation de Galeaz, duc de Milan, de ses premiers alliés, et de la rupture d’une ligue qui avait fait durant plus de douze ans la paix générale. Ce n’était rien encore : Louis, incertain de ses nouveaux alliés, imagina d’engager Charles VIII, roi de France (qui déjà rêvait une expédition en Italie), à passer dans le royaume de Naples pour faire valoir les droits delà maison.. d’Anjou. I

Ainsi fut commencée cette grande affaire; depuis la^ mort de Laurent, toutes les médiocrités avaient pris leur essor; les petits motifs, devenus puissans, tranchaient les questions; la conduite de Louis-le-Maure fut un modèle de légèreté , de précipitation , de présomption et de cette mince habileté d’intiigue par laquelle il fut un moment maître des événemens.

(l;) Guicciardini lib. t — Nardi, lib. I.

a39 CHAPITRE II.

SOUS lepoi<|8 4es superstitions; on se jetait au devant de ce que l’ignorance accepte déplus grossier; des nonnes possédées (ous les matins du démon , faisaient appeler chaque joiirSavunarola qui savait les exorciser; lui-même attirait la foule dans son église en parlant d’un style imité de la Bible, moitié prophèliqiie et moitié grossier; il appelait les hommes au Christ et à la Madone; il parlait du déiliori, s’enfonçant dans les subtilités du culte avec une lourde superstition : le côté erroné de l’Evangile, le diable, l’enfer, les miracles occupaient tout le monde. Des intrigues sans nombre, (des rivalités violentes agitaient les ordres monastiques et l’intérieur des coiive’nts.

La taille de Savoparola plutôt petite que grande, était droite et dégagée, son teint roux, son front élevé, marqué déridés et de plis nombreux, ses yeux bleus et brillants, entourés de cils roux, son nez grand et aquiliii, ses joues pleines, sa lèvre inférieure grosse et avancée, son air, ses gestes, 'ses mouvemens doux et imposans; son altitude droite, grave, constanle et fière avec une certaine urbanité humble, élégante et gracieuse. li portail l’habit des dominicains : tunique cl scapulaire blancs, manteaii unir ouvert seulement depuis la ceinture, avec un capuchon noir doublé de blanc, la tête nue.

Né en 1452 à Ferrare d’un médecin qui avait beaucoup d’enfans, il reçut l’éducation du temps, étudia la philosophie d’Aristote et de Sl.-Thomas, qu’il jugeait le plus excellent des philosophes latins. Déjà il pensait à la religion, lorsqu’une nuit, à l'âge de vingt-deux ans, il sentit en dormant son corps inondé d’une eau très froide, ce qui le détermina à laisser la gloire du monde, pour se donner au service de Jésus-Christ. Ferme dans sa résolution, il s’échappa de chez son père le jour où la ville de Ferrare célébrait solenellement la St. -George, et se rendit à Bologne dans un couvent de Dominicains où il prit bientôt 1 habit. Il écrivit alors â ses parens affligés pour leur apprendre sa résolution et ses regrets de les avoir quittés (1)., -Vdonné â la religion avec exaciitude et enthousiasme, ob-

(l) Viia del. P. fr. Girolamo Saronarola, scrilla da P. fr. Pacifico Biir- » Umacchi.

JIO CHAPIIBE U.

servateiir scrupuleux, des trois vœux : de pau vrelé, d'obéissance et de chasteté, il commença, après 6 ou 7 ans de vie monastique, à avoir des révélations ; il prédit une réforme de l’Eglise en péril par l’énormité de ses péchés ; à Brescia, il annonça pour l’Ilalie une grande calamité , et pour Brescia (qui fut depuis saccagée par les Français) des malheurs affreux. Une nuit de Noël il resla en extase durant cinq heures avec un visage resplendissant de lumière qui éclaira toute l'église ; des prêtres contaient d’avoir vu flamboyer son visage tandis qu’il oftlciait; il célébra dèslors la messe dans des lieux solitaires, en présence d» seuls prêtres. De pareils récits ne doivent pas faire dèslors soupçonner Savonarola d’imposture; les prêtres s’empressèrent de faire courir de saints bruits sur son compte, et le peuple italien reçut avec transport des faits miraculeux. D'abord, peut-être Savonarola, exalté par la vie monastique, se crut prophète; plus tard, l'ambition elle pouvoir le rendirent imposteur , mais alors peut-être il ne l'était pas.

Savonarola vint deux fois i Florence : la première fois, nommé prédicateur dans l'église de St-Laurent, il se montra si peu éloquent, si disgracieux, que vingt cinq personnesà peine venaient l’entendre (1). Tels furent les commencemens d’un homme qui devait un jour dominer Florence par l’éloquence de la chaire. Il pensa alors à renoncer à la parole, à se borner à l'interprétation des saintes écritures comme beaucoup de gens le lui conseillaient et comme il l'annonça publiquement au peuple. Mais le savant Pic de la Mirandole qui l’entendit depuis en Lombardie, en fut enchanté et décida Laurent-Ie-Magnifique à le rappeler à Florence au couvent de St-Marc où Savonarola vint alors s'établir pour toujours.

' On a attribué des miracles à Savonarola , on a entouré sa vie de miracles ; on a dit que son arrivée à Florence avait été prédite ; des femmes avaient eu la révélation de sa destinée extraordinaire; un ange deux fuis avait dis- . couru avec lui, d'abord dans un voyage où le moine allait mourir de fatigue et de faim, puis pour lui annoncer i'a-

(0 Viia del P. f, G. Savonarola di Burlamacchi.

CUVIMIHB 11.

venir. Enfin, Prosper Pilti, prêtre du Dôme, après avoir prédit lui même une grande calamité pour Tltalie et la réforme de l'Ëglise, entendit Savonarola pour la première fois un malin du samedi-saint, au moment où celui-ci disait : Gladiuâ JDotnini super terram, cità et velociter, et Prosper Pitli s’écria aussitôt en baissant la tête : — Voici le saint prophète que j’ai annoncé il y a dix ans I —

Savonarola prêchait devant le jardin de Saint-Marc sous un rosier de Damasque. La foule qui vint se joindre aux frères pour l’entendre augmenta tellement, qu’il fut obligé d'aller parler dans l'église, en faisant alors la prédiction qu'il y parlerait plus de huit ans. Dans l’église, il prêcha avec un succès prodigieux et un concours innombrable de fidèles ; toute la république parlait de son éloquence et l'élevait aux nues, quoique beaucoup de citoyens blâmassent sa véhémence et soupçonnassent sa bonne foi. On commença selon ses prêches à régler ses mœurs , à fuir leluie; les femmes montrèrent plus de modestie; on semblait au moment d’une réforme religieuse.

Savonarola adopta alors pour toujours sa manière prophétique, et recommença les prédications effrayantes qu’il avait faites à Brescia. Nommé bientôt Prieur du couvent de Saint-Marc, il refusa d'aller rendre visite à Laurent de Médicis comme c’était l’usage, en disant: — Qui m’a élu Prieur, est-ce Dieu ou Laurent?— Quand Laurent se rendit au couvent, il n’alla point le recevoir; humble avec Dieu, hautain avec les puissans de la terre . fuyant l’éclat du monde, mais heureux, libre et bien inspiré, comme il disait parmi ses frères, dont les chants, les pieux cantiques, les récréations, les saintes lectures, le charmaient , car à cha* que instant on trouve en lui le goût de la domination et delà doctrine, une fierté qui se platt dans le temple.

—Un homme passera les monts, à l’exemple de Cyrus, avait-il dit ; il marchera en Italie et s’en emparera en peu de jours .sans tirer l’épée. — 11 avait dit que les forteresses de peu de défense seraient prises aussitôt (1).

Les Français qui venaient conquérir Naples, avaient une puissance, des richesses, un luxe supérieurs à l’Ilalie ;

(J}Viia di SaTïnaroU, Burlainacchi.

LIVHK II.

mais leur civilisation était moins avancée. Tandis qu'à Florence nous lisons l’histoire de ces ferres, écritè par Machiavel et Giiicciardini, avec l’ordre et les réflexions des esprits les plus élevés dans les temps les plus civilisés, en France nous trouvons des chroniques a.ssez médiocres. I..é roi Louis XI, prince habile, avait hérité des drôits'de la maison d’Anjou sur le royaume de Naples, mais il avait toujours repoussé la pensée d’une conquête lointaine qui tenta Charles Yltl, son successeur et son fils. Ce jeune prince, déjà occupé du projet de passer en Italie avant de recevoir les offres de Louis-le-Maure, se laissa déterminer par le prince milanais, et prépara l’expédition contre l’avis des seigneurs et des hommes sages de son royaume, car il n’avait rien hérité de l'habileté de son père, passionné pour la gloire et sans talent, d’une humeur légère, d’un caracl('?re faible et dominé.

I.a France n'avait jamais vu d’expédition semblable. roi Saint-Louis était allé au loin combattre pour la religion, et il avait aussi aidé son frère dans son entreprise sqr Naple s (où les rois de France avaient plusieurs fois secondé la maison d’Anjou), mais c’était la première foisqu’uq roi de France quittait son royaume à la tête d'une armée pour des conquêtes.

Il n’est pas inutile de faire en cet endroit avec Guicciardiui, une remarque sur la différence des temps et sur les vicissitudes des choses humaines. François Sforze, ennemi dus Arragonais et ami des Angevins, avait secouru les premiers contre ceux-ci, et leur avait conservé leur tfêne, tant il jugeait dangereux pour le Milanais que les Français, déjà si voisins, se rendissent maîtres d’un £|at de l’importance du royaume de Naples aujourd’hui, son fils, Louis Sforze, attire les Français en Ilaliel II ne craint pas d’un roi ce que son père, général d’un grand avait craint d’un‘ faible comte de Provence, tandis qpç Charles VIII aussi oublie la prudence de son père !

(1493.) Ferdinand, roi de Naples, prépare sa résistance après de vains efforts pour désarmer cette Ijgue, efn’ayàpl pu que rclentir l’action du pape en mariant une de ses petites filles avec un fils bâtard du pontife. Louis-le-Mauré,

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d’un autre côté, pour s’assurer mieux le duché de Milan, même du vivant de son neveu, mortellement malade,' se fait promettre en secret par l’empereur Maximilieu, l’investiture du duché en donnant en mariage à ce prince, sa nièce avec une grosse dot. '

Alors, Florence reçoit un envoyé de Charles TIII qui venait apprendre ses desseins à la république, au' pape, au sénat de' Venise, et presser ces puissances de s’allier avec lui. Chaque Etat fait une réponse vague, mais Florence envoie des ambassadeurs au 'roi du consentement de Ferdinand, afin de s’excuser dii penchant dont on la soupçonnait pour les Arragonais. Le roi demande aux ambassadeurs, pour son armée, la liberté du passage sur les terres de la république et des vivres qu’il paierait. Il exige cent hommes d’armes qu’il ne demandait, disait-il, que comme une marque d’amitié des Florentins. Les ambassadeurs répondent qu'ils lie peuvent sans danger céder à ces demandes avant son arrivée, et l’assurent du respect de leur ville pour sa couronne. Mais on les presse avec la vivacité française, en les menaçant de leur interdire leur grand commerce avec la France.

Louis-le-Maure dirigeait ces négociations comme toutes les affaires de l’Italie. Pierre voulut en vain alors décider Ferdinand à le laisser céder à la France. Charles VIII envoie de nouveaux ambassadeurs en Italie pour déclarer que son but n’est pas moins de faire la guerre aux Turcs qu’aux Napolitains ; ces ambassadeurs, arrivés à Florence, lui rappellent que Charlemagne a bâti ses murs, que Louis XJ l’a secourue. Si ses marchands retirent de grands avantages de leur commerce avec la France, dès que Charles sera maître de Naples, ils y pourront établir un commerce aussi favorable ; les ambassadeurs pressent les Florentins d’accorder du moins à l’armée le passage sur leurs terres, et de lui fournir des vivres qui seraient payés. Ils rappeL lenl à Pierre de Médicis Ips bienfaits et les honneurs que son père et ses ancêtres avaient reçus de Louis XI ; mais, taiia pouvoir obtenir de réponse positive, ils partent pour Home où le pape, flottant entre les deux partis, se décida ;nÛD, après la mort de Ferdinand^ A s’allier avec Alphonse, ils et successeur de ce prince. " ' •

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mais par un refus, objectant un traité des Florentins avec les Arragonais conclu jadis sur l'ordre même du roi Louis XI. Charles VIII fait aussitôt sortir de France les marchands florentins, mais, d’après le conseil de Louis-le- Maure, il ne chasse de Lyon que les seuls banquiers des Médicis.

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