‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 159 sur 230 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lementILe peuple devait donc bientôt y entrer de tous côtés. Et plus les sociétés se civiliseront, plus elles distingueront sans doute deux principes, celui du talent et celui du nombre, car si rhumanité et la justice sont dans les droits de la plèbe, la force et la grandeur sont dans les droits de la science et du talent.

Les membres du grand conseil devaient élreaunombrede plus de mille, et âgés de plus de trente ans. Nous verrons qu'on monta le nombre des membres et qu’on baissa l’âge. Le grand conseil lirait au sort les hautes et les petites charges, en donnant, selon l’ancienne coutume, la quatrième partie aux arts mineurs, excepté les charges au dehors, le gouvernement de la ville, les grosses terres et les vicariats, où les arts majeurs seuls avaient droit. Le grand conseil ne nommait pas en masse à ces charges, maison tirait au sort les électeurs dans une bourse, où étaient tous les noms des hommes propres au grand conseil. Celle bourse était appelée la bourse générale (t), et ceux qui ne se trouvaient pas présents quand on tirait au sort, étaient condamnés à un demi-ducat d’or, pour les rendre exacts à la grosse cloche de la tour du Palais qui les appelait au conseil. Eu élargissant "de plus en plus ce gouvernement populaire, on décida (pour contenter la plèbe) que les charges du dehors et les plus petits offices de l’intérieur, ne se donneraient pas par élection, mais qu’on tirerait au sort de la bourse générale ceux qu'on devrait envoyer au scrutin ou, comme on disait, envoyer à parti. Ainsi, ayant àélirele capitaine, le podesla dePistoïaou dePralo, ou d’autres villes ou terres, on lirait trente citoyens de celte bourse, aptes à celte charge ; ceux-ci tirés étaient envoyés au scrutin ou à parti; puis, ceux qui avaient vaincu le parti par le plus grand nombre de fèves étaient emboursés, et dans la bourse on tirait au sort celui qui devait être élu. Ainsi, on tirait au sort ceux qu’on envoyait ensuite au scrutin ou à parti. On emboursait les vainqueurs du parti, et on tirait au sort dans la bourse des vainqueurs.

(1) Ammiralo dit que la bourse était divisée en deux, une pour les arts majeurs, une pour les ans mineurs. Mais Nerli ni les autres historiens D’en disent rien. Ammiralo, lib. C).

LIVBE II.

On finit par ne tirer des électeurs de la bourse générale que pour certains offices réservés, dont une partie se lirait au sort et une partie se nommait par électeurs.

On ordonne 8 antres bourses, 2 pour chaque quartier, une des arts majeurs, une des arts mineurs, afin qu’au temps de créer la seigneurie et les autres magistratures (qui se nommaient par quartier) on tirdt de ces bourses quartier par quartier , et art par art , les électeurs pour nommer ceux qui devaient être envoyés aw scrutin ou à parti.

Ainsi en fut-il durant quelque temps, mais depuis, pour mieux contenter Y universalité , comme ils disaient, et les petits citoyens , on soumit la nomination des charges à un mode plus large de scrutin (1).

Les 80 ou Riquiesti, âgés de quarante ans au moins, étaient élus par le grand conseil, de 6 mois en 6 mois. Les seigneurs, les collèges, les huit de garde et balia, les dix de guerre, les capitaines du parti guelfe et quelques autres magistratures faisaient partie de ce conseil des 80 (2).

A ce conseil appartenaient l’approbation des lois (qui de vaient aller ensuite au grand conseil) l’élection des commissaires généraux, des ambassadeurs, la décision de la guerre et de la paix, les jugemens sur la conduite des capitaines et condottieri, et les affaires les plus importantes de l’état. Le grand conseil n’adoplait ou ne perfectionnait les lois et ne recevait les pétitions privées qu’après qu’elles avaient élé approuvées des seigneurs , collèges et du conseil des 80.

Ce gouvernement alla toujours s’élargissant de plus en plus, si bien que le peuple resta le prince de l’État. Savonarola obtint que tous ceux qui auraient élé condamnés pour raison d’Elai, par laseigneurieou leshuit, pussenten appeler au grand conseil, loi qui causa les désordres que nous verrons.

Nous finirons ce chapitre par un état que Cambi nous a laissé des grandes maisons dans chaque quartier, avec le

(1) Nerli lib. 4.

(ï) Nardi lib. 2.

CBAPlTaB V. 37|

nombre des hommes par maison, en 1494(1), lors de l’élablissement du grand conseil.

Quartier de Sainte-Marie Nouvelle.

Famille des Altoviti 66 hommes»

Rucellai 60

Strozzi 53

Alhizzi 65

Ridolfi 35

GualterolU, Bardi, Larloni 27

Guicciardini 16

Pitti 40

Capponi 35

Frescobaldi 15

Biliotli 21

Guidotti 23

Corsini 2l

Del Benino 16

Quartier S. Spirito.

Soderini 12

Seragli 22

Scarlalti e Scarlattini 16

Bonsi 13

Anlinori 11

Gonfalone carro per S. Croce

Cavalcanti 26

DeU’Antella 12

Baroncelli 12

Gonfalone Bue S. Croce

Da Panzano 24

Sacchelti 12

Rinuccini 15

Risaliti 15

(1) Cambi. anno 1494. Le» quatre quartier» de Florence »ont : Saint- Esprit, Sainte-Croix, Sainte-Marie nouvelle, Saint-Jean. Sans doute qu’au quartier Saiot-Jean il ne demeurait pas de grandes ramilles.

LITBE II

Gonfalone Lion nero.

Peruzzi

Albert!

Soldai)!

Da Giacielo

Morell!

Bucin!

Gonfalone Ruote.

Giugni

Niccolin!

Salviatl

Caciates!

Quartiére di S. M. Novella per vipera.

Buondelmonl!

Carducci

Âcciaiol!

Nobili

Gonfalone unicomOf

Camb! degli Opportun!

Sp!n!

Ardingbell!

Gianfigliazzi

Bar loi!

Davanzat!

Giiiducci

Vespucc!

Barlolin!

Lion roêto.

Popoleschi

Mincrbctli

Federighi

Lion Bianco.

Mazingu!

Malegonelle

CnAPITRB VI.

Gondi 12

Lapacini 18

Veiiluri 14

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