‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 168 sur 230 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Charles VIII était mort le? avril, le jour même desliné à l'épreuve du bûcher de Savoiiarola, et Louis XII, qui lui succédait, avait pris en montant sur le trône le titre de roi de France, desDeux-Siciles, duc de Milan, s’apprêtant déjà àsoutenir les prétentions qu’indiquaient tant de titres. L’Italie s’était unie pour chasser les Français ; elle s’unit ici pour les recevoir, et Florence seule, qui avait pris leur parti contre tous, se déclare ici un moment seule contre eux avec le duc de Milan , qu’elle avait combattu si longtemps : telles les alliances changeaient dans cette époque de versatilité, d’intérêts petits et partiaux. Le pape, dans une fureur de paternité que les papes seuls ont poussée si loin, rêvait pour ses enfans, tantôt le royaume de Naples, tantôt la Romagne, avec la scélératesse, la légèreté et la grande ambition des Borgia, race qui se jeta avec l’emportement qu’elle mettait à tout, dans les vices et les crimes d’alors, mais qui avait des passions, un géiueetune vigueur dignes de meilleurs temps. Alexandre VI, balancé entre divers intérêts, s’allie enfin à Louis XII. Venise allait bientôt faire de même, après les plus beaux débats dans le sénat, queGuicciardini asans doute agrandisencore. C’est à Venise seule que nous trouvons une éloquence politique.

Durant ce temps, Florence semblait retournée aux époques les plus lourdes de sa démocratie manufacturière manquant moins d’hommes de talent que d’institutions, pour les appuyer. On avait obtenu quelques succès contre PisejPaul Vitelli, nommé capitaine général des Florentins, prit le commandement au palais, tandis que les aslrologues, avec des inslrumens en main, attendaient l’événemenl dans la cour du palais (juin 1498) (1).

Selon notre manière, nous passerons sur celle guerre de Pise, passionnée du côté de la ville assiégée, où plusieurs années de lutte avaient inspiré le courage aux femmes et aux enfans, mais guerre molle, sans bravoure et sans gloire du côté de Florence.

Après quelques avantages sous Paul Vitelli, les Florentins, alliés du duc de Milan, avaient en vain envoyé des

(t) N«rdi, lib. 3.

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LVIBB III.

ambassadeurs à Venise (1498). On conclut avec Sienne une trêve de cinq ans.

Les Médicis, Pierre et Julien, se joignent à l’armée vénitienne qui, ne pouvant pas traverser le territoire de Sienne, passe en Komagne. Les Vénitiens secourent Pise et attaquent aussi les Florentins dans le Casentino. Florence voyait la guerre de tous les côtés, sans courage et sans vigueur pour la soutenir.

DifTérens partis parmi les riches et parmi les plébéiens, paralysaient l’action. Le peuple détestait la magistrature des Dix de la guerre qui usaient mal de l’argent public, et qui favorisaient leurs amis et leurs parens (l). Gomme Vitelli va prendre le commandement dans le Casentino, on veut un autre chef, le duc dePiombino, pour lui succéder à Pise, et on envoie à ce seigneur, Machiavel, qui commence ainsi sa carrière, en mars 1499.

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