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CHAPITRE III

ÉLECTIONS PLUS LARGES. — GUERRE DE PISE. — MISSION DE MACHIAVEL EN FRANCE. — ENTREPRISE DE CÉSAR RORGIA.

La guerre de Pise, celle en Itomagne et dans le Casen. tino, demandaient beaucoup d’hommes et d’argent : sans cesse on établissait de nouveaux impôts; l’intérôt de l’emprunt était de l4et 16 pour cent.

Un citoyen, Lorenzo Cbantucci, riche et honorable marchand, d’une fortune de 40 mille florins, en donne mille à la commune et lui en prête 5 mille, sans intérêt, pour cinq

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ans. Mais sesinslautesprières ne peuvent obtenir du grand conseil, que les arts mineurs lui accordent le iénéfice de l'État (le droit de siéger au grand conseil qu'on avait dû d’abord à ses aïeux). Peu de mois après, arrive le jour marqué par les lois , où il était permis aux citoyens de demander humblement le bénéfice de l'Êlat. Laurent est nommé pour aller à parti pour les arts majeurs, et il obtient courtoisement de la majeure, le don que le grand conseil n’avait pas daigtté lui accorder par les arts mineurs (1).

En vain le duc de Ferrare avait voulu rétablir la paix entre Florence et Venise, qui venait de s’allier avec la France ; ses négociations et l’accord qu’il conclut (1499) ne conviennent ni à Pise ni aux deux autres républiques; la guerre continue, et lu duc de Milan est plus en péril que jamais..

Cependant, un gonfalonier hardi vient tenter en faveur du peuple, de nouveaux changeraens. Les citoyens contraires aux riches, surtout à ceux qui avaient de grandes parentés et aux chefs des partis, trouvaient que les charges ne se distribuaient pas avec justice dans le grand conseil. Iis voulaiqpt élargir le mode du scrutin, ils excitaient ce désir chez la plèbe, et comme ils accusaient la magistrature des Dix d’avoir produit la guerre et les forts impôts, ils continuaient de s’opposer à l’élection des Dix, et ils avaient mis ces vers à la mode :

Nè dieci nè daniri Non fan pè noatri pari.

On n’obtenait ’pas d’argent; on ne réformait pas les finances; nulle loi ne passait ; le désordre était partout. Plusieurs mois s’étalent écoulés ainsi lorsque François Gherardi est nommé gonfalonier pour mai et juin. (1499.)

Satisfaire le peuple, lui plaire, obtenir l’argent et les lois pour rétablir ensuite les Dix et faire l’entreprise de Pise : tel est sou dessein. Ainsi, après avoir bien disposé les seigneurs, il propose une loi très désirée de l’universalité des citoyens, qui portait que pour créer la seigneurie et les autres magistratures, on embourserait tous ceux qui

(I) Nwdi, lib. ib. . . .

obtiendraient le parti dans le conseil, et qu’entre ceux-là

on tirerait au sort.

La loi est emportée, et le gonfalonier obtient une si grande popularité, qu’il peut ensuite obtenir l’élection des Dix et l’entreprise de Pise. Cette loi si désirée du peuple, non seulement rompit les menées du parti des frères, mais se rallia tous les autres partis (1).

Vitelli est chargéde l’entreprise contre Pise. Il est battu; les commissaires florentins au camp, l’arrêtent comme il venait dtner chez eux. Il est conduit à Florence, inhumainement torturé et décapité, pour ne pas s’étre emparé de Pise. Le parti de Savonarola poussa à cet acte et crut ainsi, après seize mois, venger le frère (2). On se bâta de faire périr Vitelli dans la crainte que le roi de France, déjà à Milan, ne demandât sa grâce (3;. La ville se divise de plus en plus ; un scrutin si large éveillait l’ambition du peuple et le rendait jaloux des riches : le soupçon était partout.

Cependant Louis XII s’était emparé de Milan; Louis Sforze avait été trahi par ses généraux et les amis sur lesquels il comptait le plus : l’immoralité des tyrans, de leur cour, et des guerres soldées, tant dénoncée par les écrivains italiens, parait ici dans son horreur. Tous les princes de la Péninsule viennent traiter à Milan avec le roi vainqueur. Florence lui envoie trois ambassadeurs qu’accompagnait François Guicclardini de l’ancienne famille de ce nom, docteur de lois, bien jeune alors , mais de grande espérance, dit Nardi. C’est ici sa première apparition dans l’histoire générale de ces temps, qu’il devait transmettre à la postérité de façon que personne après lui n’osera l’écrire. Les ambassadeurs traitèrent, mais avec moins d’avantage qu’ils n’en eussent trouvé à traiter avant que le roi ne fût maître de Milan (4). C’était à Florence et par toute l’Ilalie une multitude d’affaires qui compliquent celte époque, mais qu’il faut passer.

Après que le pape s’est lié avec la France pour faire avoir

(1) Nerli, lib. IV.

(S) Idem.

(5) Guicclardini, lib. IV. cbap. IV. ,

(4) Nardi, lib. III.

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