‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 171 sur 230 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

à son fils César, les villes de la Roraagne, Louis le Maure, profilant de l’absence du roi, (retourné en France), rentre à Milan; mais il est honleiisement livré auxFrançais paries Suisses, car les étrangers devaient en tout égaler la perfidie qu’ils venaient d'éprouver. Ainsi finit Louis le Maure, puleur de ces guerres, victime de sa politique imprudente: fin juste et réservée en général à ceux qui, comme lui, ne songeant qu’à eux-mêmes, ont ignoré que l’babilelé de même que la vertu, consiste dans des intérêts généraux et compliqués.

La guerre de Pise continuait ; un événément vient inquiéter Florence et appeler Machiavel à une nouvelle mission (juin 1500). Il avait été envoyé au camp de Pise où Belmunt, capitaine français, commandait les forces données par Louis Xli, selon les traités. Les bataillons des Gascons, sous les ordres de Belmont, se révoltent et refusent de combattre sans avoir reçu leur arriéré; les Florentins, avec beaucoup de difficultés, leur envoient dix-mille scudi. Alors les Suisses, sous les ordres de Belmont, se soulèvent aussi pour avoir leur paie, et s’emparent du commissaire florentin Luca Albizzi, qu’ils ne relâchent que pour 1,300 ducats. Les combats sont suspendus au camp et les Français partent. Florence envoie un ambassadeur au roi, pour lui expliquer cette affaire ; Machiavel l’accompagne ; ils rejoignent le roi à Nevers. Le roi, très mécontent, accusait la mauvaise discipline de l’Italie et la parcimonie de Florence. Ce ne sont, pendant toute l’ambassade, que de continuels reproches du roi ; on voit là combien Florence était peu de chose pour la France et l’altitude mesquine de ses ambassadeurs : « Que vos seigneuries ne s’imaginent pas, écrit dans une de ses dépêches, Machiavel à son gouvernement, que de bonnes lettres ou de bonnes conventions fassent rien : elles nesontpas entendues. Rappeler lafidélité* de notre ville envers cette couronne, ce que l’on fil, au temps de l'autre roi, l’argent dépensé, les périls courus, combien de fois nous avons été flattés de vaines espérances, ce qui s’est fait dernièrement; ledommage que l’é vénemen l de Pise vientde causer à votre ville; ce que Sa Majesté pourrait so promellrc de vous, si vous étiez forts, et quelle sécurité vo-

UVRE Iir.

treîrrandeiir nonne àla puissance du roi en liane; quelle est la foi des autres Italiens ; tout est superflu, parce que ces choses sont autrement examinées par ceux-ci et vues d’nn autre œil que ne les voient ceux qui ne sont pas venus en France. Ces gens-ci sont aveuglés par leur puissance et par leur intérêt présent; ils n’esliment que quiconque est armé ou prit à donner. C’est ce qui nuit tant à vos seigneuries; car ils pensent que ces deux qualités vous manquent: celle des armes ordinairement, et quant à l’utilité, ils ne l’espèrent plu.s de vous; ils croient qu’à cause de ce dernier désastre de Pise, vous vous regardez comme mal servis et comme abandonnés ; ils vous réputent Ser Nichilo (monsieur rien)appelant votre impossibilité. désunion; et la mal

honnêteté de leur armée, votre mauvais gouvernement -

Notre grade et nos qualités, sans aucune commission qui soit agréable ici, ne sont pas sufflsans pour repêcher une chose qui submerge; et pour conserver les relations que vous désirez, nous jugeons qu’il est nécessaire que vous envoyiez d^ ambassadeurs. Mais nous devons vous faire entendre que leur profit ne sera pas grand, s’ils n’arrivent pas avec quelque détermination nouvelle, avec l’ordre de payer les Suisses, avec des moyens de se faire des amis, car il n’y a personne ici qui ne se soit créé un prolecleur sur lequel il puisse compter , et qui sache manéger dans les besoins ; vous seuls en êtes privés Cl). »

(1500). Machiavel resta en France depuis juillet jusqu’en novembre. L’ambassadeur qui succéda, termina les différens en payant l’argent demandé.

Un nouvel effroi se préparait pour Florence. César Borgia, tour-à-tour retenu ou appuyé par Louis XII, vient jeter la terreur en Toscane ; il feint de soutenir les Médicis qu’il n’aimait pas, et tandis que Louis XII achète la fidélité de l’empereur Maximilien, déjà vendue à la maison de Naples, et s’accorde avec Ferdinand de Naples pour partager le royaume de Naples ; César , devenu duc de Romagne après la prise de Faenza 'et qui se faisait appeler César de France, duc de Romagne, gonfalonier de la Ste-£glise et

(I) Legatione alla cortc di Frarcia. 12. — Diario diBuonaccorsi pag.

— Cambi. Isoo.

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