‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 178 sur 230 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

qui les attiraient, les grands gardaient da crédit , et pour parer aux vices du scrutin, les Ricci firent passer ran< cienne loi de proscription contre les Gibelins. Les Albizzi l'acceptèrent et s’en servirent. Le parti guelfe proscrivit audacieusement. Silvestre Médicis s’opposa à cette fureur; le peuple appuya Médicis, et la révolte des Ciompi fit descendre le gouvernement toujours plus bas. Le pouvoir fut partagé avec les Arts-Mineurs. C’est ici un triomphe du bas peuple passager mais sans exemple.

to. Cependant, les Albizzi resaisirent l’autorité. Les Arts-Mineurs furent abaissés. On forma un bonellino (petite bourse) pour l’élection des hommes, eonfidens de l'Etat. On établit les Dix de guerre. Une aristocratie plé> béîenne se forma : premier essai d'un gouvernement habile et fort.

Nous avons remarqué, dès le commencement de cette histoire, la balia, sorte de dictature, magistrature temporaire, formée paries premiers hommes de la ville, dans les rontnens de crise, et qui plus d’une fois sauva la république. Les Médicis la dénaturèrent pour en faire leur instniment. Ayant renversé les Albizzi,. ils gouvernèrent par les balte, supprimèrent la liberté et l'habileté, et ne connurent que leur conseil des Cent, et leur conseil des Soixante-dix. Les élections étaient dans leurs mains , et leur vieillesse ou leur jeunesse , leurs maladies ou leurs faiblesses, formèrent les époques les plus malheureuses de la république.

A leur chûte, à l’entrée de Charles VIII, après soixante ans d’oppression, que fait Florence ? Elle a vu les défauts de ses anciennes institutions ; elle veut imiter Venise, mais oubliant aussitôt son modèle, elle revient avec une nouvelle ardeur au passé; combinant de nouveau la démocratie et le goiiveruement, elle crée le grand . conseil qui remplace à la fois les parlemcns, l'ancien conj seil de TroLs-Cents, et le conseil de la Commune ; et par des magistratures temporaires, elle affermit le pouvoir. Ainsi, on vit des corps habiles à côté du grand conseil , corps déjà employés auparavant, mais ici plus forts et plus indé- Pondaos. Les Dix de guerre crées pour seconder les sei-

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gnenrs qui n’entendaient pas la guerre, furent quelquefois des hommes du plus grand mérite; c’était bien là l’aristocratie élective, sorte de ministère de la guerre, important pour l’action, et dont le tort fût seulement dans la faiblesse militaire de Florence. Les Huit de Balia et pratica renforcèrent la seigneurie et jugèrent les crimes d'Etat pour lesquels on établit ensuite une Quarantia. Enfin, on eut des pratiche fréquentes, assemblées des citoyens les plus habiles, sorte de conseil d’Etat.

Ainsi, à la chfite des Médicis, Florence reprit son ancien essor encore plus vigoureux; la démocratie fut plus forte. Mais après la mort de Savonarola, la faiblesse des magistrats demanda un appui; nous voici au gonfaionier à vie*

Le parti démocratique, depuis le commencement de Ist république, avait donc toujours dominé ; excepté sous les Médicis, les conseils avaient été regardés comme des moyens de gouvernement, voulus par la démocratie même et non comme des corps en faveur des grands. Les grands, toujours subsistant malgré leurs revers, avaient demandé aujourd'hui plus vivement que le reste des citoyens, un gonfaionier à vie, espérant par son appui retrouver des forces et fonder une aristocratie. Opprimé sans cesse depuis sa première défaite, par les Anziaiii , ce parti s’élait ' vu un moment puissant sous les Albizzi ; la réunion du petit peuple autour de quelques riches rendit l’autorité à ceux ci; les Albizzi, avec un grand caractère et un esprit supérieur, voulurent fonder un parti des riches plébé'iens, le placer à cété de la plèbe et faire régner l'habileté et la liberté. Bien que Rinaido Albizzi menaçât les Arts Mineurs et voulût resserrer trop les ordres du peuple, cependant il n’employa jamais les moyens des Médicis, et c’est surtout pour se préserver de leur tyrannie qu’il voulait former un parti des grands.

Aussi Cômede Médicis, à son retour, ruina ce parti des riches plébéiens d'où il était sorti; il l’exila , le dispersa, s’appuya de la plèbe et rappela l’antique et vraie noblesse de race où ses petits-fils rencontrèrent les Pazzi. Un parti des grands se réunit à la cour des Médicis, mais faible et plat. Cependant, ce parti prit des forces à leur chùte

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