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CHAPITRE IX

Le roi était timide et plein de scrupules; le pape ardent et plein de fierté.

Florence, alliée de la France, se trouva ainsi, par le caractère de Jules II, dans le plus grand embarras. Certes, au milieu de tant d'alliances qui ne faisaient que varier, la fidélité de Florence durant tant d’années à la France, fut belle et annonça une politique soutenue.

En juin 1510 le temps de cinq ans finit, où les jeunes gens de vingt-quatre ans, pouvaient être admis au grand conseil s'il ne s'y trouvait pas quiuze-cenis citoyens. On voulut renouveler la loi, mais elle fut rejetée, et l’flge de trente uns rétabli (1).

Au 22 décembre de la même année, la seigneurie rassemble le grand conseil; Soderini se lève et fait donner le compte de tout l'argent dépensé depuis qu'il était gonfalonier, depuis huit ans.

11 dit qu’étant âgé de cinqiiaute-biiil ans, et croyant vi> vrepeu, il voulait que le peuple eût connaissance de l'argent dépensé dans tant de guerres etdedinicullés,supportées pour avoir la ville de Pise , et afin que sa maison gardât de lui un honorable souvenir. 11 croyait devoir faire ce compte, parce qu’au commencement de son pouvoir, on avait décidé qu'un des seigneurs, aple à cet emploi, serait dépositaire de l'argent de la commune. (Avant cela, on en faisait dépositaire un marchand qui avait un bon crédit, avec cinquante florins d'or p8r mois de salaire; de manière que l'argent qui était prété, se payait à d’énormes intérêts, au grand préjudice de la commune). Soderini fait lire dans le conseil tous les livres qui contenaient la dépense administrée par lui et la seigneurie, durant ces huit ans; les dépenses monlaient, pour cette époque, à 908,300 florins d’or, ou 10,899,600 fr.(2). Les livres sont déposés dans une caisse fermée de trois clefs, dans la chantbre de la commune, avec une peine de cinq-cents florins d'or, contre quiconque les tirerait de lâ , sans permtesion des magistrats (3).

(I) Cambi. iSlO.

(j) Cambi. — Siamondi. Histoire des républiques italieaDCS, ehap. 108

(S) Cambi.

LIVBE III.

On avait fait un livre où l’on inscrivaii towslcs citoyens, maison par maison, chacun sous son gonfalon , depuis l'âge de vingt-quatre ans. On avait séparé l'art majeur de l'art mineur.

En 1510, la ville se trouvait.

Pour l’art majeur :

Maisons , 534

Hommes , 3618

Pour l’art mineur :

Maisons , SI45

Hommes, 883

En tout : maisons, 779 ; hommes, 4.110 (l).

(Déc. 1510). Des périls personnels viennent menacer le gonfalonier, sans diminuer sa modération ni la haine de ses ennemis. Un jeune Prinzivalle délia Si ufa, âgé de vingtquatre ans, de retour de Bologne, soumise au pape, s’efforce de décider Filippo Slrozzi, qui avait épousé une fille de Pierre de Médicis, à assassiner Soderini. II promettait l'appui de Marc Antonio Golonna, soldat du pape, et Jules II fut soupçonné d’avoir trempé dans la conjuration (2). Philippe résiste absolument; il s’écrie, qu’en prenant pour femme la sœur des Médicis, il est convenu avec eux de ne pas s'occuper d'affaires politiques, et qu'il leur renverra leur sœur. Rentré à Florence par la protection et la confiance du gonfalonier, il exhorte Prirzivalle à abandonner son dessein , à se sauver, et après s’être consulté avec Lionardo Strozzi, son cousin, qui était des Dix, et un autre Strozzi, il révèle tout à Soderini. Philippe Strozzi avait d’abord averti la femme de Jacques Salviati, sœur des Médicis, afin qu'elle pût se préserver si elle était de la conjuration, et elle avertit Prinzivalle. On voit que le parti Salviati était tout Médicis, et qu'il eut fallu dans l'aristocratie florentine , bien de la force et de l’habileté pour éviter les Médicis.

Cependant par l'indulgence de l’opposition, le crime n'est pas recherché comme exigeait son importance : le pèie de Prinzivalle est interrogé sans torture et les enne-

(I) Cambi. isiu.

(s) Cambi. isio.

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