‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 185 sur 230 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

mis du gonralonicr veulent que les huit jugent l’afTaire. Le gpnfalonier la fait traiter extraordinairement dans le conseil des quatre-vingt, avec des votes secrets, pour lais* serplusde liberté, mais telle est l’influence de l’opposition que les votes décident de conduire l'affaire d’une manière ordinaire par les huit. Le dimanche suivant, le grand conseil se réunit pour nommer les gonfaloniers des compagnies. Soderini se lève et déclare qu’un homme important, arrivé de la cour du Pape, à Bologne, où se trouvait le jeune cardinal de Médicis ( depuis Léon X ), l’a informé qu'on avait résolu de tuer le gonfalonnier. A ces mots quelques larmes remplissent ses yeux et allèrent sa voix; mais il se contraint et dit qu'il ne tiendrait pas des soldats armés ni n’établirait aucune garde pour sa vie, parce que le peuple lui avait donné sa dignité pour cuirasse et la lui conserverait, car tuer Soderini ce n’était tuer qu’un citoyen, mais tuer sa dignité de gonfalonier, c’était fermer la salle du grand conseil ou s’en servir, comme avait dit quelque rebelle exilé, pour le jeu de boule; c'était renvoyer le peuple aux boutiques et à la campagne, à la chasse des oiseaux. Durant huit ans de sa charge plus de trois cents citoyens avaient été seigneurs avec lui, et ceuxlà pouvaient rendre témoignage s’il avait cherché ù tromper le peuple, s’il avait jamais écrit au palais du podesta ou aux marchands ou à aucun art, pour recommander personne.— Beaucoup de membres du conseil s’émeuvent pour Soderini Jusqu’aux larmes. Les huit condamnent les coupables- Prinzivalle est déclaré rebelle, son père exilé à Ëmpoli.

Le gonfalonier demande d’aller aux bains pour quelques jours et ne peut l’obtenir. Il veut proposer dans les conseils une loi pour que les crimes d’élat soient portés aux Quarante et pour enlever aux Huit le droit de les juger, mais scs adversaires s’opposent à cette loi de telle façou que qiielqu’effort qu’il fasse, aidé de ses amis, il ne peut l’obtenir. (Cette loi fut faite depuis, après 1527, et fort employée au temps du siège; (1).

Le pape venait de prendre d’assaut la Mérandola défen-

(I) Nerli lib, S.— Cambi, ifito.

due par les Français et y était entré vainqueur. Les Français en avaient reçu un grand tort, mais Triviilzio à leur tête s’empare de Bologne (1511) ; le pape frémit de rage; Louis XII n’ose profiter de sa victoire et abandonne Bo> loguc aux Bentivogli.

L’opposition à Florence voulait la continuation d'une Irère avec Sienne, le gonfalonier ne la voulait pas à cause de la France. Le pape pour l’obtenir fait restituer Montepulciano aux Florentins par les Siennois. Ainsi la trêve est continuée.

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