‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 187 sur 230 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Cependant le l*> septembre (1511), les procnrateiirs des cardinaux ouvrent le concile ; l’empereur, les rois do France et d’Angleterre y appellent le pape pour réformer l'Eglise; le pape indigné prépare un concile à St-Jean de Latran, déclare Pise et Florence soumises à l’interdit, et menaçant d'attaquer les Florentins par les armes, il nomme le jeune cardinal de Médicis ( depuis Léon X ), légat à Bologne, avant d’avoir recouvré cette ville. Machiavel est envoyé en France pour la quatrième fois afin d’obtenir dn roi incertain , qu’on transfère ailleurs le concile de Pise.

A Florence, plus de messe, plus de confession, excepté lia mort; plus de prêche; mais la seigneurie en appelle de l'interdit, et contraint les prêtres des quatre égli.ses principales, à célébrer publiquement les offices divins (i). Les désordres de la ville étaient grands, avant môme l’excoromunication. Cambi dit qu’on ne rendait pas la justice ni qu’on ne reprimait pas la scélératesse des jeunes gens ; tcux-ci portaient des armes la nuit , se prenaient de querelles, attaquaient et tuaient les citoyens pour les vices des Grecs ou pour des courtisanes, alors très nombreuses. Plus de trois mille filles honnêtes, de dix-huit à trente ans, ne trouvaient pas de maris, à cause des grandes dots à la mode, deiSOO, 2000 et jusqu'à 3000 florins, sans compter les dépenses du trousseau ; ainsi les jeunes filles, voyant les jeunes gens n’estimer plus que l’argent et mépriser la vertu, la noblesse, et la beauté , se désespéraient. Les gens ignobles avec de l’argent mariaient leurs filles aux nobles tomme s'il se fut agi d'acheter des tnaréhandises de drap rt de laine. Pour mettre un frein au luxe on avait fait passer le 11 avril, une loi dans le conseil qui réglait et modérait les dots des filles. Si quelques citoyens allaient se plaindre des désordres aux huit de balia, ils étaient blessés à mort durant la nuit. Les huit ne paraient à rien, disant chacun pour s’excuser : — Je veux pouvoir rentrer de nuit à ma maison sans être blessé ou tué. — On obtenait pourtant quelque attention des huit, si on employait leolremise des coiirlisannes (2).

(t)CiiBbi, IBIi.

(1) Cambi, 1511.

LTIRE III.

Les désordres des moines et de la ville secondaient les desseins dos Médicis. Beaucoup de jeunes gens nobles, poussés par leurs dettes ou leur ambition, commençaient à se rallier aux Médicis; c’était l’effet de l’adresse du cardinal qui, avec beaucoup d’habileté, travaillait à Rome depuis plusieurs années à produire ces dispositions favorables : Depuis la mort de Pierre, dont le nom était détesté, il avait affecté de ne pas vouloir se mêler des affaires de Florence ni d’aspirer à la grandeur de ses ayeux, mais il avait loujours reçu avec de vives caresses les Florentins qui allaient à Rome; il avait rendu service, mémo aux ennemis de son frère, mettant la faule sur Pierre et déclarant que les injures s’étaient éteintes avec sa vie. Lucrèce, sa sœur, femme de Jacques Salviali, cbercbait à Florence, avec la même adresse, à se rallier des amis.

Les ambassadeurs du roi d’Arragon et d’Angleterre font de nouvelles instances auprès du roi de France, en lui offrant la paix avec le pape, s'il veut restituer Bologne à l’Eglise, et s’il laisse les cardinaux se rendre au concile de Latran , où le pape leur pardonnerait.

Louis XII répondait que Bologne n’était pas à l’Eglise, que le pontife pouvait légitimer le concile en y accédant, et que l'inquiétude seule de Jules II, son âme enflammée pour les guerres et les scandales, avaient causé tous les maux.

Le pape traite alors avec le roi catholique et le sénat vénitien pour défendre l’Eglise contre le schisme et le concile, ravoir Bologne et les autres terres, au nombre desquelles Ferrare était comprise, en s’engageant à chasser totalement d'Italie ceux qui s’opposeraient à leur but. On laisse à César et au roi d’Angleterre le pouvoir d’entrer dans la confédération.

Cette confédération, formée par le pontife, dans le but, disait-il, Ae délivrer l'Italie des bar&am, séduisit le monde par cette apparence pompeuse et on exalta jusqu’au cielun pontife qui savait ainsi se servir des barbares contre les barbares, pour finir plus tard par les chasser tous. Beau-

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