CHAPITRE III
pie de Florence el presque de chaque maison. Ainsi en fut il des Liiquois et des autres alliés; le nombre entier des morts et des prisonniers fut porté jusqu’au nombre exagérv' de trente mille. *Le caroccio resta à l’ennemi , avec la cloche Martinella et une multitude de dépouilles. Au coucher du soleil on combattait eucore rudement ; la bataille ne finit qu’avec le jour , après avoir duré continuellement environ sept heures ; bataille des plus sanglantes de«ces temps , et celle d’où naquit h? plus de changemens. Alors fut détruit le vieux peuple de Florence , qui venait de se signaler durant dix ans par tant des victoires et une si grande autorité (1;.
Dante , marchant aux .-nfers entre des têtes , en frappe une du pied qui lui crie, pleurant : — Pourquoi me foulestu aux pieds ?Situ ne viens pas augmenter la vengeance de Mont- Aperti, pourquoi me maltraiter? — El moi : — Mon maître, attends-moi, queje sorte de mes doutes sur celui-ci ; ensuite nous nous hâterons. — Mon guide s’arrêta, et moi je demandai à celui qui blasphémait encore : — Qui es-tu , toi qui réprimandes ainsi les autres ? — Et qui es-tu, toi, reprit la tête, qui frappes mon visage d’une façon trop cruelle, même ,si lu étais vivant ? — Je suis vivant , répondis-je , et je puis te devenir cher si tu veux la renommée , et si je mets ton nom avec les autres. — Je désire ardemment le contraire: va-t’en , ne m’afflige plus; la plaisanterie va mal dans cette plaine. — Je le pris alors par la nuque, disant : — Il faut que tu te nommes , ou il ne te restera pas un cheveu. — Pourquoi m’arracher les cheveux ? dit-il; je ne te dirai ni ne le montrerai qui je suis,
(l) Ricordano Malespini, cap. 166, etc. — Villani, cap. 78, lib. VI. — Huratori, Annali d’Italia, I. VII. — Leonardo Areiino, lib. II. — Tommasi. Hisi. di Sienna, lib. V. — Scipione Ainmiralo, lib. II. — Tronci, Memorie di Pisa. — Machiavelli, lib. II. — Andrea I)ei, dans sa Cronica sanese, prétend que les Siennois brûlèrent vingt-sept châteaux des Florentins, et que Pise, qui était sous la seigneurie de Florence, en fut délivrée, i Cronica sanese di Andrea Dei. Muratori, t. itt. — La Cronica di Pisa v anonyme (Muratori iiS) dit que les Pisans battirent les Guellfi avec )M Siennois i Mont-Aperli.
quand même tu me frapperais mille fois sur la tête. — Déjà j'avais scs clieveux roulés dans ma main et je lui en arrachais , tandis qu'il criait (aboyait) en tenant ses yeux baissés, quand un autre cria: — Qu'as-lu, Bocca?ilne te sufnt pas de faire sonner la mâchoire si tu n’aboyes ? quel diable te touche? — Oh bien! dis-je, je ne veux plus que tu parles, méchant traître; et à ta honte , je porterai de toi de vraies nouvelles
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LIVRt: TROISIÈME.
Ep(X]ue de Dante. — Sa jeunesse. — Organisation des arts majeurs. — Second peuple de Forence. — Magistrature du parti guelfe. — InstitiMion des prieurs. — Organisation des arts mineurs.