CHAPITRE XI. 4i
tolommeo Valori, jeune homme de leurs amis , et couvert de dettes comme eux; à Rucellat , GinoGapponi; et tous ensemble, audacieux et résolus , suivis de peu de compagnons, iis se rendent, le lendemain du sao de Prato. au palais public pour en arracher le gonfalonier. Le palais se trouvait sans défense, Sodcrini abandonnait tout et lui même au hasard. Les jeunes gens entrent dans sa chambre et le menacent de lui ôter la vie s’il ne quitte pas le palais,' en lui jurant, s’il part, de le sauver. Il cède; la ville se soulève; ses ennemis convoquent les magistrats qui, selon les lois , avaient une pleine autorité sur le gonfalonier; on leur demande de priver légitimement Soderini de sa magistrature , en menaçant de lui ôter la vie. Les magistrats le dépouillent donc à regret pour le sauver ; il est conduit à la maison de Paul Yeltori, d’où, la nuit sui- ’ vante.il est mené bien accompagné sur le territoire siennois; de là, comme s’il allait à Rome avec un sauf conduit du pape , il prend lentement le chemin d'Ancône , et passe par mer à Raguse, car le cardinal, son frère, l’avait fait avertir que le pape, ou par haine, ou par cupidité, violerait la foi jurée. Le même jour où Soderini est déposé, Julien de Médicis arrive à Florence, accompagné d’Antonfrancesco Albizzi, qui le reçoit dans sa maison cette nuit.
Unt^ grande partie du jour suivant, Julien est visité là, fort joyeusement, de toute la ville, surtout de quelquesuns de ces citoyens qui, à la tribune du grand conseil, peu dejonrs avant, avainet le plus vivement parlé contre les Médicis, ou avaient fait le plus d’offres à Soderini pour soutenir 1-j gouvernement populaire.
Le jour suivant 1” septembre, une nouvelle seigneurie, déjà nommée sous Soderini, entre en fonction, sans gonfalonier, chargée de réformer l’Êlat.
On envoie des ambassadeurs au ■ vice-roi. Le jeune cardinal, ainsi que ses parents et ceux qui l’avaient suivi, se contente d’élrerélabli dans sa patrie,cumme simple citoyen, avec le pouvoir de racheter, dans un certain temps, ses biens aliénés par le fisc, en payant les améliorations à ceux qui les auraient faites. Les Florentins entrent dans la Ji-
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gue, et s'obligent (suivaat la promesse donnée parlecér* dinal deMédicisàManloue. ponr prix de son retoer), à payer au roi des Romains, selon les demandes de Gurgens, 40 mille ducats; au riee roi pour l’armée, quatre-vingts mille ducats (la moitié à présent, le reste dans deux mois), et au vice-roi lui-raéme 30 mille ducats. Le premier paiement reçu, ce générai devait quittefr immédiatement la république. Outre cela, les Florentins s’allient au roi d'Arragon, avec une obligation réciproque d’un cer^ tain nombre de gens d’arme à la défense des deux États j et l’obligation aussi pour les Florentins, de prendre à leu# solde deux cents hommes d’arme du roi ) c’était pour rem plir la promesse, donnée par le cardinal de Médtcia au marquis de la Pallude , de le faire capitaine général dea troupes Florentines (1).
La nouvelle seigneurie sans gonfalonier, les citoyens et surtout les ennemis de Soderini se réunissent avec Julien de Médicis pour s’occuper d’une réforme du gouvernement. La seigneurie ordonne une pratiea d’environ vingt citoyens pour en débattre. Julien modéré r^semblait plutôt à son aïeul Vieri de Médicis qu’au reste de sa race. L’intention générale était donc, excepté chez quelques jeunes gens de peu de considération, de conserver le gou-> veroement populaire.
Beaucoup d’opinions différentes pourtant se débattent dans la pratica. Quelques citoyens, sans considérer le retour des Médicis , auraient voulu réorganiser le gouvernement populaire, maintenir à tout prix le grand conseil, nommer un gonfalonier pour un ou deux ans, former un sénat choisi parmi les Quatre-Vingts, avec certains modes et avec balia. Ainsi opinait le parti des grands , opposé jusqu’ici à Soderini. Les jeunes amis des Médicis voulaient le parlement et un gouvernement comme celui de Pierre' de Médicis. Après beaucoup de débats, Julien se range avec ceux qui voulaient le grand conseil , et ils arrêtent une loi, proposée au 7 septembre suivant , dans le grand conseil, et acceptée avec une grande faveur, tant la ville était abattue, et tant le peuple craignait le parlement. La
(1) Guicciardini, lib. XI, cap. s.
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