‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 204 sur 230 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Bourbon la trahit et passe à l’empereur. François 1er envoie Bonnivet en Italie contre Prosper Colonna qiii n’était pas préparé.

Mais Adrien VI, à la fois instrument et appui de l’empereur, expire en septembre; Guicciardini , dont il faut raconter les preuves de capacité et de courage, dans une histoire florentine , préserve Modène, au milieu des mouvemens et des troubles qui, dans l’Etat romain, étaient toujours produits par la mort du pape. Bonnivet malhabile est obligé de se retirer à quelques milles de Milan.

Florence était très occupé de l’élection du pape, où le cardinal Jules avait tant de chances. Les citoyens faisaient des paris à ce sujet. •L'élection très importanttt dura près de deux mois, entre le parti de François 1er (>t celui de l’empereur, et la crainte qu’inspiraient les grands talens du cardinal. Maître des affaires sous deux papes, on lui attribuait eu partie le mérite de Léon X. Le cardinal Jules avait 16 voix, mais les cardinaux étaient 35), et il fallait au pape les deux tiers des votes. Enfin, les cardinaux, adversaires de Médicis, se divisant entre eux lui donnent, par un certain marché, les voix dont il avait besoin (19 novembre 1523). Voici donc encore un Médicis sur le trône des pontifes, et Florence dans sa dépendance !

Le cardinal Jules prend le nom de Clément, peut-être à cause de la Sl-Clément, voisine de son élection, peut-être pour sa clémence envers le cardinal de Volterraqui avait voté contre lui. et envers les Soderini, auxquels il permit de rentrer à Florence après la mort du gonfalonier. Un fait cruel signala celte élection à Florence. Un citoyen, Pierre Orlandini, avait parié contre la nomination de Médicis.' Après l’élection il dit qu’il fallait .savoir si l’élection était ; canonique. On trancha la tôle à ce citoyen pour avoir douté 1 de l’élection du pape Clément, mais l’histoire raconte que le I pape en fut affligé.

L’Europe avait la plus grande idée de Clément VII; à son nom seul, l’État romain, troublé, rentre dans l’ordre ; les beaux arts relèvent la tôle, les lettres se rassurent, et tous les talens se réveillent.

L’empereur réclame aussitôt l’alliance du pape ; Clément VII lui répond habilement sans se déclarer, qu’il est le père commun des chrétiens etqu’ il veut la paix; ce qui offensa beaucoup l’empereur.

Bonnivel terminait sa campagne sans succès et sans savoir la guerre. guerre, avant Charles VIII, se faisait par des hommes à cheval pesamment armés, et par des combats peu sanglans. Aujourd’hui l’infanterie etl ariille- • rie rendent les luttes promptes et meurtrières.

Cependant le pape avait reçu les ambassadeurs florentins pour traiter avec eux. Il fait demander par la république les deux jeunes Médicis, et envoie ^ Florence Dippolyte, fils naturel du duc Julien, et Alexandre, fils naturel de Laurent (ou du pape lui-méme) accompagné^ du cardinal de Cortona, Silvio Passerini. Clément Vll était jaloux, pour ces princes, de Jean de Médicis dont la gloire brillait à part de tous.

Le gouvernement des jeunes princes et du cardinal dura 4 ans dans de perpétuelles agitations. Le cardinal rétablit son ancien et mauvais gouvernement. Florence pour Sans n’a plus d’histoire. On fit un nouveau scrutin dans cet espace; lesévénemens du dehors devaient bientôt réveiller la république; durant son court repos, suivons les studieux loisirs d’un grand homme

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