‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 210 sur 230 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Piero Salviati, Au palais s’élaient réunis Niccolo Gapponi, Matleo Strozzi et François Vetlori , pour favoriser et diriger la jeunesse. Tout-à-coup le bruit court que les cardinaux et Hippolyte ont abandonné l'Êtat; le peuple su soulève ; le cri de liberté retentit sur la place ; les citoyens, ^ les jeunes gens accourent au palais, le remplissent d’armes, i maltraitent les seigneurs, et refusent d’écouter ceux qui ; voulaient fermer les portes pour empêcher la rentrée des ' Médicis , armer la ville en ordre , et traiter avec la ligue sous de bonnes conditions. La foule, ivre de joie, ne veut rien entendre, et force la seigneurie à déclarer avec des fèves et solennellement les Médicis rebelles.

Cependant le cardinal, instruit du .soulèvement, rentre Iq même jour dans la ville avec le duc d’Urbin , chef de l’armée de la ligue, beaucoup de capitaines et 1500 hommes d’infanterie que le cardinal avait, depuis plusieurs jours, fait venir à Florence; tous s’avancent vers la place abandonnée; le peuple se tient dans les rues d'alentour, tandisque ceux du palais tirent des arquebuses et jettent des pierres aux gens armfe. Le duc d’Urbin, sentant ses forces insuffisantes pour s’emparer du palais, appelait déjà l’infanterie vénitienne, lorsque l’historien Guicciardini , lieutenant de l'armée de la ligue, s'interpose entre les Médicis et ceux du palais, et obtient que ceux-ci sortiront librement et sans être punis ; accord qui le fit louer de tous dans le moment , et couvrir de reproches plus tard par les Médicis ila fois et par les républicains (1).

Les chefs de la ligue perdent à Florence un temps précieut; le pape, en apprenant l'arrivée de Bourbon en 'Toscane, s'était résolu une seconde fois, mais trop tard, à la guerre, et avait conclu une nouvelle confédération avec les Vénitiens et avec le roi de France, peu soucieux de cette giierreiiicessante qu'il necherchait qu'à traîner en longueur. Clément faisait de lents préparatifs, espérant que Bourbon s'arrêterait en Toscane à cause des vivres. Mais Bourbon ne sachant comment retenir davantage une armée sans solde et sans vivres, décide de tenlerla fortune ou de mourir, quitte la Toscane cl marche vers Rome. Les Florentins,

(i) tiuicciardini, lib. xviit, cap. S.

LIVnR V.

inslriiits de son départ , cnvuient au pape quelques troupes de cavalerie et 5,000 hommes d'infanterie à eux et à l'église. Mais Bourbon les devance, et la nouvelle arrive à Florence du sac épouvantable du Borne, où Bourbon, tué sur le ramparl, avait poussé comme un brigand, une armée de brigands (0 mai 1527). Durant plusieurs jours de meurtre et de pillage, Borne revit les horreurs qu'elle avait connues seulement lors de l'invasion des barbares : les soldats luthériens ne furent reienus par nul respect catholique; et le pape, réfugié à Saint-Ange, d'où il entendait les cris des femmes , des enfans , des hommes, n’eut plus qu'à réclamer en vain le secours de la ligue.

Filippo Strozzi, otage du pape à Naples et qui venait de se racheter, arrive à Florence avec la nouvelle ; il parle le premier de rétablir la république ; sa femme , Clarisse, fille de Pierre de Médicis , déclare avec des paroles injurieuses au cardinal de Cortona et à Hippolyte, qu’ils doivent quitter Florence cl laisser l’État libre aux citoyens. Niccolo Capponi, Matteo Strozzi, François Vctlori, abattus par les derniers événcmeiis, reprennent courage, et le cardinal de Cortona, sans moyen de résistance, fait une capiluialion entre la ville cl les Médicis, et part enfin, le 17 mai, avec le cardinal Cibo et le magnifique Hippolyte*

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