‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 213 sur 230 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

moyens destructeurs ; ces moyens, employés pour élever des fortunes particulières et diverses, avaient eiix-mômes ruiné Tltalie, corrompu la liberté, les mœurs, le génie, et Machiavel lui-même.

Le but de l’écrivain était grand et ne fut pas compris alors. Depuis, en lui rendant plus de justice, on a été aussi moins sévère pour ses mœurs. La patrie, la morale , le droit, le pouvoir, !a justice, le genre humain manquaient à Machiavel plus qu’il ne leur manquait lui-même ; il en est ainsi de presquetous les grands hommes oubliés. D’ailleurs, cen’élailpas à Florence alors qu’il appartenaitdese montrer sévère ; une partie des premiers citoyens avaient les mœurs infâmes des Grecs; Jacques Saiviati en était indigné, sans savoir que son fils Laurent au.ssi, était coupable (t) Ma. cbiavel n’alla pas si loin , mais il suivit le courant avec une certaine bonne foi, sans crainte des hommes et sans hypocrisie; on voit qu’il conserva des amis pleins de vertu, et ne doutons pas qu’il n’eut aussi des ennemis acharnés , comme son humeur ironique, sa renommée, l’envie, et les mœurs républicaines savent les produire.

Le premier entre les hommes de ce temps, Machiavel est roi; et il meurt privé d’un emploi secondaire, douteux de sa gloire et de son immortalité. Il meurt sans qu’on trouve d’autres détails sur sa mort que ceux des deux bonnes gens que nous avons cités. Il meurt sans bruit, sans que la ville s’en inquiète, sans avoir été connu, puisque plus lard, ses concitoyens le placeront à San ta-Croce comme l'honneur de la patrie, avec la fameuse inscription qui dit que nul éloge n’est digne d’un tel nom, tanto nomini nullum par elogium ! Si les grands hommes ont aimé l’épée, il faut avouer qu’ils ont bien fait; par l’épée seule ils ont obtenu ces vulgaires apparences de la grandeur qui éblouit le vulgaire. Les penseurs, destinés à une gloire solitaire, ardive, pour eux douteuse, doivent dire comme Pascal, que les fous sont contents, mais que la raison rend ses amis misérables et les couvre de honte.

Sienne libre tenait pour l’empereur ; les Florentins veulent y remettre François Pétrucci , mais sans avoir pu

(1) Buiini. Letlera undecima.

réussir, ilsy envoient des ambassadeurs, entre autres François Cardiicci, qui apprit là le mode populaire qu’il voulût depuis introduire à Florence.

Les partis agités se prononçaient de plus en plus. Gapponi trouvait une opposition dans l’ancienne faction des ar^rabiati^ nommés aujourd’hui les adirati. Comme il eût voulu resserrer le gouvernement et former un sénat à vie, on appelait son parti celui des ostinati et de l’aristocratie. La faction de Saint-Marc aussi se ranimait, excitée par ceux qui auraient voulu réveiller, en faveur de la liberté, l’ancienne influence de Savonarola. Fr^çois Veltori elMaileo Strozzi étaient contraires à Capponi; François disait que Capponi avait le cerveau fait comme celui du pape, c’est-à-dire que Capponi étaitavare, irrésolu et vindicatif (1). C’est pourtant en appelant aux pratt'ch« François Yettori,Matteo Strozzi, François Guicciardini et les antres citoyens de ce rang, que Capponi mécontentait le peuple. Pour calmer l’opinion , il appelle seulement chez lui ces citoyens ; mais le peuple en murmure encore, s’emporte et court dans une émeute, gâteries images en cire de Léon X et de Clément YII, dans l’église de l'Annonciation.

La peste vint à deux reprises arrêter cette agitation; peste terrible, car nous voyons dans les mémoires de Benvenuto Cellini, que cet artiste arriva alors un jour à Florence, frappa à la porte de son père, et trouva la maison vide ; une voisine lui apprit que son père et toute sa ramille étaient morts de la peste. Cellini n’avait plus qu’un frère et une sœur qui se remariait ce jour-là. Sa sœur s’évanouit de joie en le voyant, et après avoir pleuré un peu, dit-il, son père, son mari et son petit enfant, elle rentra avec ses frères dans la joie et les plaisirs de ses nouvelles noces (2).

Le gonfalonier laissait trop prendre de force au parti violent, sans oser exciter contre ce parti, le peuple entier. Capponi modéré cherchait à suivre la pente des événemons, à traiter avec le pape s’il en était besoin, à sauver la liberté à travers des nécessités malheureuses. Après la

Cl) Busini, ]ett. ni.

(2) Cellini, cap. Viil.

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peste, on parla de fortifier Florence; Capponi s'y opposa, et il fut très-mécontent bientôt quand Michel Ange fortifia le Mont (1). Mais déjà le parti du peuple, fort par son enthousiasme, se préparait à tout risquer héroïquement ; un homme, plus lard, devait illustrer cette audace.

Cependant Lautreck arrive, et s'empare d’Alexandrie et de Pavie, qu’il saccage, car le sac de Rome fut trop imité dans ces temps. Les Florentins le pressaient d’aller en avant, de peur que, le voyant arrêté en Lombardie , les troupes allemandes, après le sac de Rome, ne revinsent vers Florence (2). A son approche, les Allemands se hâtent de délivrer le pape. Ce pontife désolé vend cinq chapeaux pourcent mille scudi. Il obtient aussi deux cent mille scudi des marchands , et quitte le château Saint-Ange pour se rendre âOrvieto, où, pauvre et malheureux, il voyait laFrance alliée des Florentins, et l’empereur ennemi. (Déc. 1537.) Lautreck demande aux Florentins le passage et lea troupes promises, ou l'argent pour les entretenir. Le gon> falonier voulait qu’on donnât l’argent, ce qui exigeait moins de soins et offensait moins l’empereur j mais les amis de la France décident qu’on accordera les hommes comme faisaient les Vénitiens, et sans s’appuyer sur d'aussi bons motifs que les leurs. Les Florentins font donc venir Horace Baglione pour capitaine, et nomment Jean-Baptiste Sodérini commissaire. Lautreck se rend en Fouille, partout victorieux. Les troupes florentines vont le rejoindre, en mettant â sac Frusolone et Aquila; le commissaire Soderini fit punir les coupables; un des capitaines florentins fut renvoyé à Florence pour être jugé et condamné â mort par la quarantia. On venait de rétablir ce tribunal pour juger les crimes d'Etat à la place des Huit.

Cette punition florentine ne fut d’aucune leçon pour l'armée française : Melfi , prise par la valeur des Toscans, n'en fut pas moins saccagée ; les Toscans se conduisirent en héros dans toute cette guerre. Cependant le pape, reprenant du crédit, se plaint à François D' que Florence ait déclaré les Médicis rebelles, repris un gouvernement libre,

(1) Buiini, leU. xv. - v

(S) Gtdcciardini, lib. avili, cap. v.

~ l-tv vjUügIc

et retenu sa nièce. Capponi, avec l'aveu des magistrats, et surtout des Dix delà guerre, écrit au pape et à Jacques Sa lviati ; mais la jeunesse lui en fait un crime, car la Jeunesse se partageait en deux partis, l'un favorable et l’autre contraire au gonfalonier. Le pape et Gapponi, en s’écrivant, se trompaient tous deux pour gagner du tempst Cardiicci , inquiet de la naodération du gonfalonier, disaiqu’il fallait s’ensanglanter parla mort des amis des Mé dicis.

€ne affaire importante vient l’emportersur toutes les autres, la magistrature de Gapponi va expirer; sera-t-il réélu? On peut supposer avec quelle violence ses ennemis agis.sent dans celte circonstance. Les jeunes gens se réunissaient la nuit chez Garducci pour œncerter leurs efforts. On élevait mille calomnies contre Gapponi, et lui, avec la modération de Soderini, il laissait dire, mais il n’avait pas un parti si fort que celui de Soderini. Ghercbant à gagner le part} de Savonarola, toujours redouté et proscrit par les Médicis,' il essaie , dans le grand conseil, d’atteindre l’éloquence du moine dominicain; comme lui il crie le fameux mitéricordeî par lequel le frère Jérôme avait fait couler tant de pleurs, et de môme que Savonarola enfin , il fait proclamer Jésus* Gfarist roi de Florence. Soumis à l’élection du grand conseil, comme les autres magistrats de la république, Jésus- Christ n’eut que> vingt fèves blanches contre lui (1). On grava sur la porte du palais une inscription à Jésus-Christ rot. Voici donc, comme du temps de Savonarola, les moines et les superstitions, appelés au secours du gouvernement. On peut reprocher à Gapponi d’avoir employé cea moyens pour être réélu , car tel était son but. Il réussit. Le parti de Savonarola réveillé, lui donne un grand crédit, et il est nommé une seconde fois gonfalonier, en concurrence avec Garducci et deux Soderini ( 10 juin t528).

Inspiré par sa modération ordinaire, il persuade à ¥ilippo Strozzi , insulté par le parti de Garducci , d'aller à , Lyon. 11 montre la môme habileté avec la jeunesse qui lui était opposée , car lorsqu’elle demande des armes , le gonfalonier fait armer trois cents jeunes gens, armant

il) C’wl ce que dit Nerii 11 préient, lib. viif.

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ainsi ses parlisans. La jeunesse réclame bientôl une ban* nière et un chef. Capponi fait passer une loi pour armer toute l<i jeunesse de la ville dont les pères élaieul aples Bu grand conseil. Une grande agitation suit : un jeune Alamanni se prend de querelle avec les autres jeunes gens: ils tireilt tous leurs poignards. Alamanni appelle le peuple aux armes; c’était vouloir soulever la plèbe, c’était un crime capital; il fallait un exemple pour cette jeunesse fougueuse ; on le donne bien sévère ; Alamanni est décapité. Il fut jugé et condamné par les Huit, car, par une nouvelle loi, on pouvait se passer de la quaranlie et de l'appel au grand conseil dans les cas pressans (i;.

Après la mort d'Alamanni (nov. 1528), les armes sont données à la jeune.sse dont les pères étaient aptes nu grand conseil. L’institution des seize anciens gonfalons du peuple, s’était affaiblie ou perdue sous les Médicis; ou n'avait plus vu flotter dans l’air les étendards de la p'èbe. Ces étendards reparurent ici avec les anciens noms, avec plus d’ordre, de choix, mais d'une façon moins libérale et moins forte. Ces jeunes gens de dix-huit à trente-six ans. que quelques-uns portent au nombre de trois mille, sont emboursés et se divisent dans les quatre quartiers de la ville, sous les seize anciens gonfaloniers. Chaque gonfalon comptait alors trente-six familles statuali (aptes à l’Êlat) pour la majeure, qui comptait en tout cinq cent soixante-seize familles ( les artisans qui composaient la mineure étaient d’environ deux cent vingt familles). Chaque compagnie militaire élisait elle-même , dans une église de son quartier, ses cliefs è la majorité des fèves. Tous les mois la troupe s’exerçait aux armes sur la place al Prato, armée de piques, corselets et arquebuses, et tous les ans, la magistrature des Neuf que nous avons vue mettre à la tête de la milice de la campagne (celle de Machiavel), devait élire quatre jeunes gens pour prononcer un discours sur la milice et la liberté. Cette institution commença avec tant d'éclat qu’ot» se souvint longtemps du beau discours d’un de ces jeunes gens, Baccio Cavalcanti,

(I ) Segni, lib. II. — Nerli, lib. Viii. — Varchi, lib. TU.

dont l’éloquence, la voix et les gestes ravirent la ville (I).

On ne saurait croire, dit Varchi, combien l’institution de la milice Tut profitable à la jeunesse. Avant celte institution, les jeunes gens passaient leur vie à se promener, ou assis dans les endroits publics, à médire des passans; aujoiird‘hui,changéscommcparGircé,debéles en hommes, ils se préparent à braver les périls pour la gloire, la liberté et le salut de la patrie.

Au moment où la république retrouve ses gonfalons, il est à propos d'examiner un moment avec Varchi son état, sa population et sa richesse. Varchi donne à Florence, sans compter ses faubourgs, dix mille feux; à cinq personnes par famille cela faisait cinquante mille habitans, sans compter deux mille religieux. Mais, sans doute, il évaluait trop bas les familles et les habitans , puisque Jean Viliani portait la population, deux siècles avant, à 90,000 habitans. Viliani portait le nombre des enfans baptisés à Saint-Jean à cinq ou six mille par an , le nombre des garçons dépassant celui des filles de trois à cinq cents, tandis que Varchi dit qu’on baptisait à Saint-Jean sept à huit enfans par jour, qui font deux raille sept cents, le nombre des filles toujours moindre que celui des garçons. Du temps de ces deux historiens, Florence, qui n’avait que de faibles rentes, s’entretenait par des gabelles, et quand il en était besoin, la ville faisait des emprunts et mettait de nouveaux impôts ; Viljani portait les revenus de son temps à 300,000 florins d’or par an, qui surpassaient les besoins ordinaires; Varchi porte le revenu actuel à 999,287 fl., et Segni à 270,000 fl. qui ne suffisaient pas, sans compter les impôts continuels. Viliani disait que, de son temps, deux cents boutiques et plus de l’artdela laine, fabriquaient soixantedix à quatre-vingt mille pièces de draps pour 1 milion 200 mille fl. d’or par an (3)« Varchi dit que l’art de la laine

(I) Segni, lib. S. — Nerti. lib. 8. Voyez la note 1 i la fin du volume. Nom avons donné là la provision ou loi portée alors sur cette milice. Cette loi est tirée des archives delle riformagioni et n’a tamais été imprimée en ilalien ni en français. Nous l’avons donnée sur ton! pour satisfaire à la mode , à la manie qu’on a dans ce moment des aocumens et des archiveSm

(S) Jean Viliani dit aussi qu'il y avait alprs à Florence vingt maroband^

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travaillail seul chaque année, de vingl à vingl-lrois mille pièces de draps, comme on le voyait dans les livres de l'art. La monnaie était au temps do Yarchi à peu près la même ^ qu’elle est maintenant : quattriiii; crazie; grossi; vingt ' sous ou douze crazie formant une livre. Le florin d’or était alors de sept livres, appelé au.ssi ducat et scndo. Los florins de Florence étaient de poids ou avantagés, ce qui lait qu’on les recherchait pour les fondre (1).

De grands rnalheiirsaccablaientù Naples les Français et les troupes florentines : une bataille navale, gagnée par Filippo Doria, eût été un grand avanjage pour Laiitreck, mais l’armée française souffre de privations etde maladies, et Laulreck meurt. Andrea Doria abandonne le parti de la France en passant à l'empereur, pour rendre la liberté à Gènes sa patrie. Les capitaines et commissaires florentins meurent de la même fièvre que Laulreck , ou sont fait prisonniers avec l’armée française qui se rend ; le tiers des soldats fiorentins revint à peine; le commissaire Suderini mourut prisonnier. François Ferruccio, payeur dans rar.mée florentine, mais que nous allons voir devenir le héros de cette époque, réparait pour la gloire delà république. Au milieu de ces revers, Florence envoie le vieux Baldassar Cardiicci, ambassadeur en France, et se prépare à la guerre.

Pour ces préparatifs , comme pour les entreprises , le gouvernement faisait des emprunts, car le revenu étant comme nous avons dit de 270 mille scudi ( dont 8 mille pour la paie du mont ou la dette publique, et 100 raille pour le palais, les magistrats, troupes, forteresses , etc. ) il restait peu à dépenser. Les prêtres furent imposés au grand mécontentement du pape.

Il faut remarquer ce système d’emprunt dont nous avons parlé souvent, dès long temps connu des Florentins, et depuis si usité en Europe. Les finances de Florence étaient habiles et compliquées, quoique les historiens en aient peu

de draps français ei étrangers qui faisaient venir par an plus de dix mille pièces de drap dr 300,000 florins d’or ; ces draps se vendaient dans Florence, sans compter ceux qu'oii envoyait hors de la villeJ Voyex pour ces détails la U* partie de celte histoire.

(i) Varchi, lib. IX.

5t0 UVRE V.

parlé; Carobt n’a donné que des délails onibrouillés à rr» sujet. L’administration fut excellente dés l’origine, avec la probité et l’ordre des grands marchands, mais aussi avec cette avarice démocratique qui perdit phis d’une frils l’État. Il est remarquable aussi qu’avec une dette publique, des emprunts et des troubles continuels, jamaisles Florentins, dans les anciens et violens troubles de la république, soiis Capponi, ni durant la crise qui va suivre, n’aient montré la moindre crainte d'une banqueroute de l'État fl).

Après le changement de Doria , chaque État douta de la persévérance de la France, prévit qu’elle abandonnerait les intérêts de l'Ilalie, et chaqtie Etat songea à soi. Florence seule restait fidèle à son alliance éternelle. En vain , Doria proposait aux Florentins ses services auprès de l’empereur, leur déclarant que ce prince était au moment de s’accorder avec le pape, et que le sort de Florence était en question. Le gonfalonier penchait vers cet accord , mais les gens habiles, rejetés des conseils, ne le secondaient plus; le parti violent entraînait tout. Les Florentins choisissent pour capitaine de leurs troupes Malatesta Baglione, seigneur de Pérouse, fils de Jean Paul Baglione, auquel Léon X avait fait trancher la tète.

Dans la conviction que son pays s’égarait et qu’un traité avec le pape pouvait seul le sauver, s’il était fait à temps, Capponi avait entretenu de perpétuelles relations avec Jacques Salviati , les amis du pape, et le pape lui-mérae; la violence du parti contraire lui faisait taire ces relations, qu'il confiait seulement à quelques uns des seigneurs et à la magistrature des Dix. Mais , par le malheur de sa destinée, un jour au palais, une lettre qu'il venait de recevoir de l’agent du pape, s'échappe de son sein. Jacques Gherardi, un des seigneurs du parti ennemi de Capponi, la ramasse'

(l) Le gouvernement vénitien aussi avait é(é obligé dans diverses circonstances, de recourir i des empruuls, et les créances qui en résultaient étaient devenues des efreis négociables dont la valeur éprouva quelquefois de grandes variations. Les Vénitiens avaient deux sortes d’emprunts, les lins remboarsablea en 3S ou SO ans, et dont rintérèt était de S, 4, 5, pour cent, les autres i fonds perdus, i 8 pour cent, payables dorant 18 ans.

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et indigné, mais content de perdre le gonfalunier , va la faire lire dans les boutiques de l'art de la banque. On assemble les Quatre-Vingts qu’on redoutait pourtant de voir d’accord avec Capponi, on arme les jeunes gens, le palais se remplit de monde, on veut tuer le gonfalonier; ses amis, sont consternés, ses ennemis hors d’eux-mêmes, les citoyens dans la plus grande agitation. Lemêmejour, François Carducci est nommé gonfalonier, et le soir ('apponi est retenu prisonnier au palais. Sa vieétaiten question; Tomaso Soderini s’opposait à ce qu’il fût torturé ; mais le parti violent •. désirait venger la longue inquiétude que sa modération avait causée; l'accusant de trahison, ce parti regardait comme un crime envers la pairie ce que Capponi avait fait pour la sauver. Celui-ci voit le péril , mais au lieu d’y opposer son innocence et la fermeté d’un homme dans de telles circonstances, il se défend humblement et mal, le lendemain, devant les magistrats tirés ausort pour le juger; il semblait avouer sa conduite comme une faute, et demander miséricorde; déjà ses ennemis le croyaient perdu, mais ce caractère noble se relève enfin ; Capponi , le jour suivant, parle avec un grand savoir politique et une éloquence adnjrable; les magistrats, entraînés, le déclarent innocent , et le peuple heureux , le reconduit en triomphe à sa maison (19 avril 1529] (1).

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