‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 215 sur 230 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

événemetis passés, crut naïvement retrouver sa liberlé du moyen-âge : elle fit battre monnaie, réorganisa son gouvernement, reprit son nom de république, se déclara l’ennemie de Florence, et donna de continuels secours aux Allemands.

Maiatesta avait le grade suprême, et Slefano Colonna. au second rang, était particuliérement chargé de garder San Minialo, où il était logé; il est nommé capitaine de l'ordonnance civile qui faisait le service comme les troupes soldées.

Les troupes se composaient dans tout l'Ëtat de treize millehommes d’infanterie soldée, et de sept cents chevaux. Sept mille hommes étaient à Florence, et le reste à Pralo, Pistoïa, Fisc, etc. La dépense était de 70 mille ducats par mois. Il faut compter de plus, à Florence, trois mille hommes de la jeunesse florentine. Maiatesta avait aussi de plus (et particulièrement à. son service), trois mille hommes d’inranterie de Pérouse qui !e reconnaissaient pour seigneur, et deux raille Corses qui obéissaient de même, plus à lui qu'au gouvernement. On comptait donc à Florence quinze mille hommes (1), et cinq mille hommes de Maiatesta. Yillani, deux siècles avant, disait que la commune pouvait compter de sept cents à mille cavaliers et autant de fantassins, et qu'elle avait dans son sein vingt-cinq mille citoyens en état de porter les armes , de quinze jusqu’à soixante-dix ans. Pourquoi donc, aujourd'hui, ii’étaientils que quinze mille?

Le prince d’Orange, après avoir fait capituler Arezzo, arrive vers Florence, dans la plaine de Ripoli (sept. 1539), pour se placer ensuite sur les collines voisines, au midi, dans la villa Arcelri, d'où il voyait toute la ville et dominait les tranchées et bastions de Poggio San Miniato et de San Giorgio. Le siège commence ainsi en septembre. Le prince avait réduit toute chose en son pouvoir au levant, dans le val d’Arno, et derrière il avait Sienne pour lui fournir l’artillerie, les viyres, bien que Florence possédât Colle assez bien gardée. Pe l’autre côté de l'Arno, le

<l) Segni, lib. III,

prince (l'Orange envoie le marquis del Vasto dans la vallée de Montughi, sous le mont de Fiesole, avec l'infanlerie italienne ennemie, et quatre bandes de chevaux pour empêcher rentrée des vivres dans la ville. Ainsi un prince d’Orange, un Hollandais assiégeait Florence, cl l’étendue des affaires commençait à mêler les hommes et les nations. La république lui députe quelques ambassadeurs, mais, il répond qu’on ne peut traiter qu'avec le pape. Les ambassadeurs aussi écrivaient de Rome qu’il n'y avait d’autres moyens de flnir la guerre que de s'accorder avec le pape. Niccolo Capponi, propre à inehér ces négociations , était mort en route , accourant vers Florence pour s’opposer à l’influence de Rafaello Girolàini, qui voulait succéder à Cardiicci comme gonfalonier. Cappoiit rencontra en chemin Michel-Ange. Celui-ci venait de qiiitr ter Florence et l’effraya beaucoup sur le sort de la république. Michel-Ange s’apercevant de la trahison de Malatesta, en avait a verti le gonfalonier, mais Carducci le reprit durement, et Michel-Ange offen.sé, voyant la ville dans un péril invincible, par la duperie du gouvernement, partit secrètement et indigné, avec deux de ses amis, pour Férrare et Venise, où il se mit à travailler. Il montra bien que c’était la colère et non la peur qui l’avait fait partir,’ car, rappelé par les prières pressantes de la république, pour continuer les travaux de la guerre, Michel-Ange, au péril de sa vie, et par une route dangereuse, retourna à Florence, Florence ! exposée alors à des dangers plus grands qu’elle ne l’était quand il l’avait quittée (1).

On place à peu près alors la mort glorieuse d’une femme du peuple, Lucrèce Mazzanti de Fighine, vraie Lucrèce, qui. pour échapper aux poursuites grossières d’un soldat (lu prince d’Orange, se jeta dans l'Arno, préférant mourir que de céder à l’ennemi (2).

Le gouvernement ne se laissait décourager par rien, et moins il espérait dans les secours humains, plus il espérait dans les secours divins. Comme Alexandre Vilelli, avec une grosse troupe, allait partout, cherchant à sou-

(I) Vaiari. Viia di Micbelagnolo Bonaralti. — VarCtii, lib. X.

(t) Varctai, lib. X.

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