‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 216 sur 230 · CHAPITRE tl · texte numérisé non relu

CHAPITRE tl

mettre le domaine au pape, les Florentins prennent à leur solde Napoléon Orsino, condottiere, avec trois cents clievaiix,, pour occuper Montepulciano; ils én^agcnt aussi Jacques Bichi, de Sienne, avec cent chevaut, èt envoient chaque jour dehors, à la (lécouverledes vivres, qui venaient de Prato, Pisloïa, Enapolî, et de tout le côté de Pise, car la villé gardait encore ces passages.

Voici le nombre des troupes eniièmies: l’infanterie ita tienne, vingt mille hommes; les Espagnols et les Allemands, douze mille; ceux appelés soldats du besoin, deuxmille; la cavalerie, quinze cenis à deux mille hommes, dont une partie asssiégeail la ville, et l’autre courait le pRy.s ; en tout environ trente-six inillè hommes, tandis que Florence n’avait que quinze mille hommes. Le pape, pour payer les troupes, imposait l’Êtat ecclésiastique, ses amis, et recourait à tous les moyens.

Afin de ménager la république et de ralentir la guerre, il envoie au prince d’Orange un ambassadeur qui logé dans la ville, mais qui est bientôt renvoyé. Ne pouvant rien conclure avec Florence par les négociations, le pontife va rencontrer l'empereur à Bologne. Il n'élait pas .sanS inquiétude : les Turcs, sous la conduilede Soliman, assiégeaient Vienne; le pape craignait que l'empereur n’abandonnât l'Italie pour secourir son frère en Allemagne, et ses craintes justifiaient les espérances de.s Florentins. C'ément VII, en roule pour Bologne, et arrivé à Cervi, propose donc ces conditions aux ambassadeurs florentins : la paix et le maintien à Florence du gouvernement libre, du grand conseil et de la milice civile, avec le rappel de ses neveux Médicis, comme citoyens; la restitution de saniéce; le rétablissement des armes des Médicis; l’envoi d’ambassadeurs auprès de sa personne, selon l’usage des autres États; l’alliance de la république avec la ligue et avec César ; le droit, pour le pape, de nommer dix des soixante citoyens, électeurs du gonfalonier annuel; le conseil des Quatre-Vingts, rendu à vie et porté à cent, entre lesquels dix nommés par le pape, quand même le grand conseil ne les aurait pas voulus (1). François Vettoii, ami du pape, (1) Segni, lib. iii.

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conduisait cette négociation à Rome, avec François Guicciardini qui, voyant les affaires s’exalter de plus en plus, s'était enfui de Florence. Mais le gonfalonier refuse d'entendre leur envoyé. Loin de là, on t^ait arrêter soixante-dix citoyens, amis des Médicis; on avait voulu retenir aussi Bernard Rucellai, mais il s'échappe. On ne faisait pas part au peuple, ni aux pratiche, ni aux Dix, des négociations avec le pape; le gonfalonier Cardiicci ne donnait que les nouvelles à sa fantaisie, et ce petit parti trompait et menait tout le monde. Peut-être alors étail-il temps d’accepter les conditions du pape, en prenant des mesures pour le forcer d'étre fidèle, mais la crainte des Turcs qui modérait le pape, rendit superbe le gouvernement du peuple. Ainsi l’espoir d'un accord fut perdu. Pour soutenir la guerre, on fait de l'argent par tous les moyens ; on force les citoyens à payer, les femmes à donner leurs bijoux. François Guicciardini, François Vettori et beaucoup d’autres sont bannis; quelques citoyens, qui avaient voulu l’accord, sont décapités; la terreur s’établit. Les chefs du gouvernement, pourmieiix agiter le peuple, se servent dç la religion et de la chaire des frères de St-Marc.Ces moines prêchent au peuple que Dieu protégera lu liberté, et que c'est ici le temps prédit par Savonarola, où Florence doit soufh-ir pour être sauvée. Lesbiens sont vendus et achetés à bas prix. On taille les arbres, pour détacher les babitans des possessions, et le gonfalonier, afin d'ôter tout espoir de pardon et de paix, permet aux jeunes gens de brûler l’ancien palais de Careggi, aux Médicis, et le palais de Jacques Salviati , à Montughi(l). Le gonfalonier fait déclarer Jacques Salviati rebelle, par la seigneurie, car la Quarantie n’aurait pas obéi.

Cependant Stefano Colonna, résolu d’attaquer l’ennemi, marche durant une nuit ténébreuse avec trois mille hommes d’infanterie, la plus grande partie civile ; les troupes sortent par deux diffentes portes, pour se réunir sous la colline qui conduit de San la Margarita à Montici. (Déc. 1529). Arrivés là on grand silence, après avoir tué les sen-

(1) SegDÎ, lib. Ul. — Nerli, iib. 19,

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