‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 223 sur 230 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

soir avec Stefano à aller attaquer les Allemands à San Do> nalo : la nuit, à trois heures, Stefano sort par la porte al Prato avec deux raille hommes d'infanterie et plusieurs jeunes nobles Florentins, tandis qu'un autre capitaine avec mille cinq ceni Corses sort par la porte de Faeiiza pour se rendre aussi à San Donato par le chemin d’en haut . Malatesta, sorti par la Porticciola, resie sur le rivage de l’Arno avec mille cinq cents hommes d’infanterie et tout^ sa cavalerie, afin d’arrêter le prince s’il était averti et descendait de ce côté. La garde du mont San Miniato est laissée par Stefano à l’ordonnance civile, soutenue de quelques vieux soldats.

Stefano arrive à San Donato avant l’autre capitaine, et dans la crainte que les sentinelles ne donnent l’alarme, il se hâte, en tue une, se présente aux tranchées, déjà averties de l’assaut. Un rude combat commence. La furie des soldats Florentins rompt toutes les difficultés, et la valeur de Stefano Colonna facilite si bien la montée de la colline que, pénétrant chez l’ennemi, les Florentins saccagent leurs premiers campemens, tuent beaucoup de monde, tandis que lesCorsesarriventd'un autre côté, et que toutes les forces allemandes se mettent en rang. Stefano semblait vainqueur, et déjà le bruit courait parmi ses combattans qu’il avait pénétré les tranchées et que les Allemands étaient vaincus, quand de nouvelles lances ennemies se présentent, assaillies aussitôt vaillamment par les Florentins. On combattait de tous côtés avec ardeur, et les Corses, déjà avancés, serraient de prés le bataillon des lances, lorsque Stefano est blessé à la bouche d’un coup de pique qui lui emporte deux dents, et d’un coup de hallebarde ailleurs; d’autres officiers tombent. Alors Malates la sonne la retraite, fait rentrer en hâte toute l’armée dans la ville, et, suit par jalousie de Stefano, soit plutôt par trahison, laisse échapper la victoire.

La situation de Florence devenait chaque jour plus dif-

II faut voir ces doeumens, ne Tût-ce que pour les notes admirables qui les accompagnent, notes où le grand savoir, les vues sur l’histoire générale d'Italie, l’éléganeè du stÿle et la hauteur des sentimens trahissent l’auteur ano- BiÉDC, fui des aescendans d’une des premières ramilles de notre histoire.

fldle, la trahison de Malatesta plus évidente. La r^olte était perdue; le bas peuple se nourrissait de souris; les chats se vendaient très cher; les ânes faisaient les mets des grands dîners ; on n’avait plus de vin.

Le gouvernement résolu, et sachant bien quel homme était le mieux capable d’affronter les périls, envoie l’ordre à Feruccio de quitter Volterra. en y laissant des forces, de se rendre aussitôt à Pise, et de lever de l’argent sur sa route par tous les moyens, pour solder le plus d’infanterie et de chevaux qu’il pourra- De Pise, il traversera la montagne de Pistoïa, où il trouvera de nouveaux secours, et il arrivera à Florence par le Mugello, du côté du nord, afin de réunir, sous ses ordres, toules les forces de la ville, et de tenter là un fait d'armes que Malalesla voulait conduire autrem ent.

Comme François recouvrait alors ses fils pour un million d’or, les Florentins espéraient encore follement dans son secours. Louis Alamanni, aidé des marchands de Lyon, envoie à Pise 20,000 scudi pour l’entreprise de Feruccio.

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