‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 226 sur 230 · PARLEMENT , PROSCRIPTIONS , FIN , RIEN · texte numérisé non relu

PARLEMENT , PROSCRIPTIONS , FIN , RIEN

Mous n'avons plus rien à dire ; il ne reste qu’à abréger le récit : les affaires se firent désormais cher Malalesta et non au palais. Les citoyens se querellèrent entre eux, Florence devint un enfer, comme dit Busini. Les soldats s'opposèrent 4 l'entrée des vivres; la ville craignit la famine ou le sac; le pape, sous ce prétexte, convoqua l’étemel parlement où recourait sa famille, et le parlement créa une balia absolue de douze citoyens (20 «août 1530).

Un gonfalonier florentin fut envoyé de Rome, où se traitaient les moindres affaires de la république ; il entra avec Girolami, qui avait encore quatre mois à exercer sa charge. La balia livra en Otages, aux troupes, quarante citoyens de ceux qui avaient voulu la guerre; ils furent forcés de payer (I) Segni, lib. 4.

LIVBË V.

pour se racheter; on désigna quarante autres citoyens qui durent prendre des marchandises à crédit pour les payer plus tard, et les céder, dès aujourd’hui, aux soldats, à bas prix. Ainsi, en un mois et demi partirent les troupes italiennes et étrangères.

Malatesla partit, quoiqu’il dût rester; il retourna à Pérouse, comblé des faveurs du pape.

Ce départ ranima la jeunesse : on ta désarma, et on trancha la tête, après la torture, à François Cardiicci, l’ancien gonfalonier et le chef du parti de la guerre; à Bernardo di Dante da Castiglione, à Jacopo Gherardi, l’en nemi de Niccolo Capponi, et trois semaines après, à Louis Soderini et é Jean Cei, pour avoir tous voulu la guerre et sous beaucoup d’autres prétextes encore. Girolami ne dut la vie qu’à don Ferrante et alla mourir dans la citadelle de Pise. Le frère Benedetto da Foiano avait déjà été livré à Clément VII, qui le fit, dit-on, périr de faim dans le château St-Angel Dante daCastiglione s’était enfui en habitde frère. Michel-Ange s’était caché chez un ami, quelques-uns disent dans le clocher de St-Nicolas, de l’autre côté de l’Arno. Clément VII le fit chercher, et, sans nul reproche, le remit à travailler à St-Laurent, pour lui ordonner, plus tard, à Rome, sa fresque du Jugement dernier (1). Gianotti, secrétaire des Dix, à la place de Machiavel, fut confiné à six milles de Florence, avec des conditions encore plus dures. Cinquante autres citoyens exilés pour trois ans, le furent pour jamais, car on les envoya en partie àTerracine, Sinigaglia, lieux pestiférés; d'autres furent condamnés à des exils moins sévères. On reproche à Guicciardini de s’élre montré très cruel dans ces proscriptions qu’il dirigeait. Le vieux Jérôme Benivieni, le poète de Savonarola, osa seul écrire une longue lettre au pape, pour lui recommander la patrie et vanter son prophète adoré (3). Un des citoyens les plus affligés, fut Jacques Salviati, qui avait consacré sa vie à demander la fusion des partis; plus tard, mourant ruiné par les affaires de son commerce, et désespéré de l’asservissement de Florence : — Le pape est

(I) Vasari.

(s; Varchi, lib. 12.

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