CHAPITRE V. 5ii
un maurais homme, disait-i), qui veut ruiner cette ville, ce que je n’aurais jamais cru ( i)
Où était donc la bonté de Léon X; pourquoi prendre ce nom de Clément que le pape oubliait, et le cardinal Jules avait-il disparu sous la tiare, sans nul souvenir de son glorieux gouvernement à Florence ? ^
Arezzo que nous avons vue se révolter contre Florence, dans un étrange délire de ces municipalités expirantes, demanda la liberté au pape ; mais Clément VII la remit sous la domination de Florence.
Le gouvernement suspendit les paiemens à ceux qui avaient prété leur argent pour la guerre, diminua l’intérét de la dette pour le reste, et annula la vente des biens ecclésiastiques. Les sept arts majeurs et les quatorze arts mineurs durent reprendre aussitôt leurs biens, mais avec l’obligation (car ici on fut plus juste) d’en payer le prix aux possesseurs actuels, dans l’espace de huit ans (2).
Un scrutin de deux cents citoyens fut formé pour l’élection aux charges publiques, mais les premières magistratures se donnaient par le pape; la balia se composa de cent cinquante citoyens; à la place des Dix de guerre, on nomma les Huit de pratica; Florence avait une garde d’Allemands ; plus d’affaires au palais, et bientôt commencent la famine et la peste.
Déjà un parti se séparait de Baccio Valori, qui gouvernait Florence en prince, hu nom du pape. Baccio Valori était d’ailleurs un homme bon et éclairé, qui avait laissé échapper et évité de punir beaucoup de citoyens. Le nouveau parti, où se joignaient Guicciardini et François VeU tori, voulait qu’on gouvernât plus civilement et au palais ; mais qu’importent ces dernières mesures et ces derniers désirs aussitôt étouffés?
François Vettori et Palis Kucellai allèrent, parla volonté du pape, demander Alexandre de Médicis pour cbfe. à l’empereur; le pape, comme le cardinal Jules, consulta Guicciardini et Vettori sur un nouveau gouvernement; ces citoyens, ne sachant plus que demander, demandèrent le
( l 'Husini, lettera H.
(S)Segni, lib. «. ■ 33
LIVBE V.
gouvernement de l^urent-le-MagejifîqHe;.mMsle.pi|Pip ne voulait plus; il quitta toute retenue.. cpwpqsa dix citoyens entre lesquels, étaU Guicctardipi , et cette balia choisit la forme de gouvernement que voici :
Plus de seigneurie. „ . ... i ^ ^ .
Alexandre de Médicis, duc.de In république, avec une autorité absolue et l’hérédité aux MédiçisM i. n Quatre conseillers du prince /pour remplacer la seigneurie, mais ne siégeant pas au palais. ...... ^
Balia de quarante-huit citoyens pour élire les magistrats* sorte de sénat de la république, quoiqu’il ne dût passer que les lois envoyées par le prince. i ..-..i»,
•Les autres magistratures au sort dans un conseil de deux
^ents. . I-. I . ju f U jiii-
Le.l» mai 1532, Alexandre de MédicU, apt^.Moe messe àSt-Jean, se rendit aupalais, o.ula dsrnt^reseigneurie, descendue à la tribune, et Jean-François, dit N.obili{.le demiw gonfalonier, lui donnèrent le xang.de seigpean'ii.djuç, et prince absolu, au milieu des cris du peuple et des feux de joie qui célébraient la fln,.^M liberté. ,,j c- r»« -! :?»• On vit encore pourtant .dans les première^; apin4e^ dd règne d’Alexandre, des jours çt des déçussions .digpes de la liberté; l'école politique existait toujours, qt.çpntiqiia de penser. Des hommes d'Etat comme Guiççiar.diniv François Vettori, Robert, Acciajupli,. que Vaicbi aPPÇli>il mm des têtes, les plus sages de ,t’Ualie,.^accip, Y^prj,, Louis Guicciardini, Benedetlo Buondelmonte , délibérèrent encore sur une forme à donner au gouverDeraent pqwr préserver ensemble le pouvoir et la iipcrtéc Forcés dé. COnsepr tira la perte des anciennes institutions, ÜS voujaiepU sacrifiant les arts etla plèbe, sauver., rex,islencupoUtique, mainteuir quelque force et quelque dignité, créer un gopr vernement. durable, et entraver de quelque, barrière le pouvoir qui s’élevait Les Médicis comptaieul régner par la corruption du peuple et des grands, et par la force étrangère : c'était une force interne et intelligente qu'on voulait leur opposer comme barrière si on, ne pouvait la faire régner en souveraine. Guicciardini et scs pmis s'aperçurent enfin que le pape, l’empereur et le cours même des événe-