CHAPITRE YII
par besoin de manger, se levèrent loiil-à-coup et dirent: a Père, ce sera beaucoup moins douloureux si tu manges de nous, tu nous as donné celte misérable chair, dépouille-là. » Je me calmai alors pour ne pas les rendre plus tristes. Ce jour çt l’autre, nous restâmes tous muets. Ah ! dure terre, pourquoi ne t'ouvris-tu pas ? Après que nous fûmes arrivés au quatrième jour, Gaddo se jeta étendu à mes pieds, disant : » Mon père, est-ce que lu ne m'aides pas ? Là U mourut, et comme tu me vois, je vis tomber les trois autres un à un entre le cinquèimejour et le sixième, où je me mis déjà aveugle à tâtonner sur chacun ; deux jours je les appelai après qu'ils furent morts, ensuite la . faim (U ce que n'avait pu faire la douleur. Quand il eut dit ces mots, il reprit, les yeux tournés, le misérable crâne avec des dents qui allèrent à l’os, fortes comme celles d’un chien. Ah ! Pise, honte des peuples du beau pays où l'on accentue le oui, puisque les voisins sont lents à le punir, que la Capraria et la Gorgona viennent arrêter l’Arnoà son embouchure pour qu’il t’anéantisse tout entière ! Si le comte Ugolin passait pour t'avoir trahieen livrant tes châteaux, tu ne devais pas attacher ses enfans à une telle croix, leur âge nouveau les faisait innocens, nouvelle Thèbes, Uguccione, Brigala et les deux autres que ce chaut a nommés. >