CHAPITRE VII
BATAILLE DE CAMPADINO.
Une guerre avait commencé entre Florence et Arezzo, (1287) L’année précédente l’Église était vacante, le parti gibelin prit de la hardiesse. Les Gibelins d’Arezzo,' relevant la tête, chassèrent les Guelfes dont les Floreutins embrassaient partout la cause. Le roi des Romains, Rodolphe, avec quelques troupes, se chargea du commandement des Gibelins. Bientôt toute la Toscane prit part à la querelle. L’évéque d’Arezzo était suivi des Gibelins
6fr LITRE III.
ée la Toscane, de la Romagne, de la Marche; mai (1288) les Florentins réunissent contre eux les forces du parti guelfe en Toscane. Voici ce que chaque ville fournit; on en prendra l’idée de leurs forces :
800 cavaliers de Florence, nobles et plébéiens.
800 cavaliers soldés par la commune de Florence.
500 cavaliers de l’impôt des Guelfes de Toscane.
309 de Lucques.
150 de Pistoïa
50 de Prato.
50 de Voltera.
50 de San-Miniatto.
50 de San-Germiniano.
30 de Colle.
250 des comtes Gnidi, Lusinana, Fana, etc.
On comptait douze mille hommes d’infanterie. Ce fut la plus nombreuse armée que les Florentins eussent formée depuis le retour des Guelfes (1). Le prince Charles, qui allait succéder au roi Charles son père et continuer la guerre de Sicile, leur donna de plus, en passant par Florence (1289), un gentilhomme français avec cent hommes de cavalerie et la permission de porter dans so n armée l’enseigne royale. L’armée se met en marche en avertissant l’ennemi, comme si on devait prendre la route de Ripoli, puis après un conseil secret, on prend subitement avec les alliés, au 2 juin, le chemin du Casentino en sonnant la cloche à màrteau, pour aller camper sur le mont al Primo où l’armée se trouve en tout de seize cents cavaliers et de dix mille fantassins, dont six cents cavaliers de Florence, des meilleurs qu'elle eût jamais eus, avec quatre cents autres à la solde y compris ceux du prince Charles. Ces troupes se jettent dans les plaines du Casentino pour ravager les terres du comte Guido Novello, alors podestat d'Arezzo. Arrêtons-nous ici aux champs de Campaldino que Dante va illustrer en y faisant à vingt-quatre ans ses premières armes. Plus tard, dans l’enfer, les damnés tourmentés de la soif se souvien-
(1) G. yuiani, cap. 1I9, lib. VII.