‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 54 sur 230 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

pour se livrer au désordre et ruallratler les blancs; les Gercbi, par avarice et par peur, n’opposent rien à leurs eneunernis, et feignent de craindre les lois, tandis qu'ils craignent seulement de nourrir les combaltans. O mécbans citoyens! s’écrie Dino Compagni, auteurs de la destruction de votre ville, où l’avez-voiis conduite !

O toi, Alberti ! à charge à tes concitoyens, tu fus réduit àcacber ton arrogance dans une vile cuisine!

O messer Geri Spini, anéantis les Cerchi pour pouvoir vivre en sûreté dans ta perversité !

O messer Manetto Scali, qui croyais le faire seigneur, où est ta suite, et où sont tes armes !

O vous, plébéiens, qui vouliez les honneurs, où fut votre défense? dans les mensonges! pleurez sur vous et sur votre ville (1).

Les désordres et l’incendie cessent, Charles de Valois, avec les Prieurs et la seigneùrie, réforment quelques plébéiens du parti noir, et, durant ce même mois de novembre. le légat cardinal d'Aquasparta revientà Florence pour pacifier Ifô citoyens : il ordonne plusieurs mariages entre les grandes familles; mais les noirs s’opposent, avec l'appui de Charles, à ce que les deux partis aient les charges en commun. Le cardinal part mécontent, et laisse encore la ville interdite.

La paix dure peu : le jour de Pâques , Nicolas de Cerchi allait à sa terre et àson moulin avec six hommes et son fils, enfant qui était encore en cheveux et sans rien sur la tête, dit la Chronique (2), il passe par la place Santa-Croce, où l’on prêchait, et où il est rencontré par Simon Donati (fils de Corso et neveu de Nicolas de Cerchi par sa mère), accompagné aussi d'amis et d’hommes d’armes à cheval. Lejeune , Simon suit Nicolas de Cerchi, et, poussé par une pensée de l'enfer, il l’attaque, le renver.se de cheval et le lue d’autant plus facilement, que l'autre, abandonné des siens qui emportent son fils, n’a que le temps de donner un coup û son neveu, dont il n’ailendait rien de pareil; on lui coupe

(1) Cronica di Dino Compagni, llb. II.

(S) Cronica di Paolino di Piero.

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les veines; mais le coup purié au flanc de Simon est mortel. Simon meurt la nuit suivante, dans l'église de Saint- Pierre, occupé de son âme et priant son père et ses amis de faire la paix avec les Cerchi et leur parti. Il leur ordonne, et leur demande de ne pas venger sa mort. On disait, pour l'excuser, qu’il avait voulu combattre le frère de sa mère mais non le tuer. Corso fut désolé de la mort de son fils, ainsi que ses amis et les Florentins, car ce jeune homme surpassait encore son père par la hardiesse, l'intelligence, la courtoisie, la générosité : c'était le premier des jeunes gens de Florence, et tout l’espoir de son père et de sa maison (1).

Charles de Valois, après avoir ainsi rendu l’influence au parti noir, alla à Rome demander de l’argent au pape. Le pape lui répondit qu’en le mettant à Florence il l'avait mis à la source de l'or.

On découvre une conspiration du parti blanc, excitée par un baron Ferrant de Languedoc, qui la dénonce à Charles de Valois comme ayant pour but de le faireassassiiier. Charles, de retour à Florence, réunit la nuit un conseil secret de dix-sept citoyens, dans lequel on délibère de faire arrêter plusieurs des conjurés et de leur trancher la tête. Sept membres du conseil s’enfuient. La même nuit, ou cherche les Adimari et Manetto Scali, qui ne sont pas trouvés, et qu'on cherche plus tard aux environs de Florence, jusque dans la paille des lits Giano de Cerchi, fils de Vieri, s’échappe du palais de Charles de Valois, où on le retenait pour en avoir de l'argent. La commune acquiert vingt-quatre mille florins par les confiscations.

Tonies les familles des blancs et des Gibelins sont exilée.s, au nombre de plus de sept cents hommes I les Cerchi, les Uberti, Abbati, Adimari, Scali, Cavalcanti, Petracco dair Ancisa, père de Pétrarque; Dante Alighieri , alors ambassadeur à Rome, qui avait laissé à Florence les manuscrits de sa Divine Comédie commencée, et une foule d’autres maisons nobles et plébéiennes. On les cite , et ils partent tous sans comparaître (4 avril 1303), accompagnés

(1) Cronica di Paolino , etc. — Micbiavelli, lib. II.

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