‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 92 sur 230 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

line; mais Pieire Albizzi, jadis gonfa]onier,giii avaittrente cousins, une parenlé avec toutes les grandes familles de Florence, ses richesses, son parti, sa troupe et sonàildace accepte la loi, la fait passer, et commence à frapper plusieurs citoyens. On admonète les meilleures maisons de Florence, grands et^l 'héiens, antiques citoyens dévoués à la commune et du parti guelfe (1). Cette loi fut une des plus fatales qne la république eût jamais eues; sans cesse renouvelée, elle servit la fureur des partis ; son effet était rétroactif, effet le plus funeste dans une réjjublique, dit Machiavel; les capitaines du parti guelfe renouvellent U loi quatre ans après (IS.SS), quoique les seigneurs ne l’acceptassent qu’à regret, iis en usent avec audace et injustice; entre ceux qu’ils admonétèrent alors, les Girolami et les Alamanni furent pour cent ans éloignés du gouvernement, les noms de plusieurs autres disparurent pour jamais. Ils frappent jusqu’à huit citoyens à la fois, de sorte qu’en un peu pins de quarante jours ils avaient déjà repou.ssé des charges et condamné à l’amende plus de dixhuit citoyens. Les capitaines du parti guelfe (nous avons vu en 1267 ce parti s’organiser en une sorte de magisttature), devinrent pat cette loi plus puissans que le gouvernement qui, pour les modérer (1358), adjoignit deux nouveaux capitaines plébéiens aux quatre autres, en décidant que rien ne pourrait se délibérer entre eux si les trois plébéiens n’étaient d’accord, et en réglant que les deux grands du parti ne seraient pas obligés d’être chevaliers, afin que l’office ne se continuâtpas entre un petit nombre de grands. Le nombre des capitaines fut encore augmenté et porté jusqu’à neuf (2).

Le passage des compagnies et une guerre avec Pisepdur rivalité de commerce, ne détourna qu’un moment l’attention des luttes civiles.

En 1361; pour la seconde fois, on fit la loi portant que les grands admis dans le peuple devaient renoncer à leur parenté et prendre un autre nom, d’autres arrhes, et ne s’offenser ni ne se venger des injures faites aux leurs (3).

(1) Matieo Villani, cap. 31, lib. Tlll.

(S) Sc. Ammirato, lib. xil

(8) Sc, AmmiraU).

Nous voyons par là que les ordres de la Justice n’élaient pas exaclement observés puisqu’on les renouvelait souvent. D ailleurs, l’art de la laine passait pour une proiession noble, soit que la riches.se de Florence ait cru devoir cette reconnaissance à la laine Ces races de marchands, de médecins , connaissaient leur lignage , formaient des maisons anciennes, avaient des armes et des aïeux, mais ils s'appelaient du peuple et étaient inscrits sous des gonfalons des quartiers de la ville. Nous, en France, qui n'avons connu qu'une noblesse d’épée, chevaleresque et héroïque, nous nous étonnons d’abord en entendant les nobles florentins parler de leurs boutiques, et, plus tard, le p^re de Michel-Ange trouver que son fils déroge en préférant la sculpture au noble art de la soie.

Nous voyons dans le.s détails que Donato Yelluti a donnés sur sa famille, qui tirait son origine comme plusieurs autres maisons nobles de Florence, do château de Semifonte en Valdelsa, et qui était fière de sa noblesse, que les premières familles de Florence, rentrées dans le peuple, s’adonnaient à l’art de la laine, de l'étain, de l’épicerie , et avaient des boutiques, s'alliaienlpar des mariages aux marchands d'Italie et de France, se faisaient aussi marchands à l’étranger, et voyageaient en Europe et en Orient (t,\

La puissance, sans essor dans la république, cherchait à renaître parmi ces marchands, qui voulaient s’exiler et s’admonétrer ; mais c’était une puissance privée des conditions qui lui sont nécessaires, car si ces riches plébléiens n’étaient pas comme les nôtres occupés seulement de vulgaires intérêts privés, ils n’étaient pas non plus protégés, inspirés, constitués comme iinearistucratie : c'était ce pouvoir du milieuet matériel où l'autorité retourne dans l'ab sence d'une domination élevée, pouvoir modéré mais plat, et aussi éloigné des excès et des élans de la misère que de la grandeur et de l’intelligence des vrais hommes d’Etat.

Quelque chose de grossier qui tenait aussi beaucoup sans doute à l’ignorance du temps ressortait du mélange

(1) Gronica di Firenze di Donato Veiimi, di 1300 i 1370.

Voyez la noie n. I, i la fln du volume. Dans ces généalogies, on trouve •oujours un ou plusieurs b&lards par ramille.

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