‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 93 sur 230 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

continuel de toutes les classes. Le palais des seigneurs n’était pas toujours grave, la présence de magistrats sans éducation, le mouvement continuel, apportaient les facéties et les grossièretés du peuple au palais de la seigneurie; ainsi nous voyons dans les anecdotes rapportées par François Sachetti , le palais devenir le théâtre de jeux ignobles, et le gonfalonier ou les- seigneurs se trouver l'objet des plus vulgaires mystiQcations. Ici c'est un seigneur auquel on a retourné ses bras à l’envers et qui envoie un chapon de la table à sa femme, puis auquel il arrive des accidens qu’on ne saurait rapporter. C'est un gonfalonier qu'on empêche de dîner comme Sancho Pança. 11 est vrai que les plaisanteries des Yisconti et des autres seigneurs d’alors n.étaient pas meilleures, et qu’il faut imputer surtout à la grossièreté de ces temps des plaisanteries dont rougiraient nos domestiques.

François Sachetti était d'une de ces familles nobles occupées de commerce ; Prieur, ambassadeur , ami de Boccace, il composa ses Nouvelles étant podesta de Bibbieua. INous voyons chez lui comment les femmes de Florence savaient éluder les lois contre les femmes, lois souvent portées et qu'elles rendaient ntilles en changeant le nom des modes ou des étoffes défendues.

Donato Yelluli avait été gonfalonier de justice en 1350. Il raconte qu’il approuva les admonitions, mais qu’il contribua à en diminuer l’excès, et c’est chez lui qu’on peut voir combien les affaires de Florence étaient délicates et compliquées (1).

Page 1