‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 94 sur 230 · FACTIONS. — ADMONITIONS · texte numérisé non relu

FACTIONS. — ADMONITIONS

(1371) Les admonitions reprennent avec force par la co-

(I) La chronique de Donaio Velluti noua parait d’autant plui précieuse que nous ne nous souvenons pas de l'avoir vue citer nulle part, esceptè chez Tiraboschi, et que personne ne s’en est servi. On en trouvera un long passage (noie S à la fln du volume) qui donnera une idée de la délicatesse et de ia complication de cesadaires

ière de Benghi Biiondelmonte qui, après avoir mérilé d’étre fait dû' peu pie et espéré la seigneurie, voit porter contre lui, par ses ennemis, une loi décidant qu’aucun grand, devenu du peuple, ne pourr^U être Prieur avant vingt ans s’il ne changeait ses armes et n’abandonnait sa parenté. Benghi Buondelnionle furieux devient plus cruel pour admonéter.

Bientôt lé peuple espère que les jGluelfes sçront réprimés, en voyant Ugiiccione Ricci devenir gonfalonier, mais son attente' est trompée. Ugiiccione était vieux, fa.igué, et ennuyé des charges publiques où il avÿit passé sa vie sans s’enrichir. On l’accuse aussitôt d'avoir abandonné lès intérêts de la plèbe et de s’entendre avec les Albizzi; on racontait que Charles Strozzi, député par c^ux-ci, était allé le voir et lui avait dit : u Uguçcionq, si jadis les grands avaient su se conduire, ils pc seraient pas éloignés aujourd'hui et nous ne gouvernerions pas la république, et si nous n’avons l’œil à nos affaires, il arrivera qu’en peu de temps nous serons chassés, nous aussi, par ces nouvelles gens, qui le seront à Ipur tour par d'autres. Contemplez la présente seigneurie qui, si vous en relranchez vous, moi, Luca da Panzanq et Giovanni del Bene, les cinq autres, sans parler des collègues et des autres magistrats, sont tous de la basse plèbe, gens qui, à cause du divieto, entrent plus souvent dans les charges que ceux qui ont des familles, et qui viennent tous de la campagne, de la Komagne ou de l'Eglise. L’admouition n’est donc pas un mal, comme quelques-uns le prétendent, au contraire c’est la base et la force du gouvernement populaire, et nous devons de la reconnaissance aux grands', nousj confondus avec eux maintenant par cette canaille, de ce qu’ils se sont faits sans notre aide ins'trumens fidèles et prompts de notre besoin. Pourquoi donc maintenant allezvous, pour, des haines particulières entre votre maison et celle des Albizzi, vous efforcer de ruiner le parti guelfe? Ne serait-U pas mieux pour vous de vous raccommoder avec Pierre et de jouir de ses grandeurs? lui qui pour être favorisé du parti est comme le prince de notre ville , et a un de ses neveux cardinal ? A part la gloriole d’être ap-

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