‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 95 sur 230 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pelé ami du bien public , quel profit avez-vous tiré de votre bonté ? Est-ce le généralat de votre frère, mendié piulôt que noblement obtenu de ce peuple ingrat? Dédiiez-vous, décidez-vous, et montrez une bonté qui n’ait l'air ni de la balourdise ni de la lâcheté ; il faut servir sa patrie, ses parens et ses amis, mais sans oublier soi-méme et sa maison. Je m’engage à vous faire rencontrer avec Pierre et à le rendre non pas seulement votre ami , mais votre aide auprès du saint-siège pour vous faire avoir les mêmes honneurs qu’ont les Albizzi, et avec tant d’a* dresse et de mystère que personne n’en saura rien. Vieux et débarrassé de tant d'ennemis, vous verrez votre maison florissante et riche , comme elle doit l'étre , au lieu de la voir pauvre et mpsquine comme elle est aujourd’hui. »

Uguccione qui avait écouté silencieusement Strozzi resta muet encore longtemps, irrésolu sur ce qu’il devait répondre; puis avec un grand soupir : — Plaise à Dieu, Charles, dit-il, qu’à force de tirer ces rênes nous ne les rompions pas! Vous voulez me faire ami de Pierre, faites-le, j’y consens. — Peu de jours se passent et Guillaume, fila unique d'Uguccione, jeune homme de peu de mérite, obtient un grand salaire du légal de Bologne. Son pèrelaissa faire les capitaines du parti qui prennent une plus grande arrogance l’année suivante : un Zanobi Hacinghi est adroonéfé avec tant d’animosité par Rosso de Ricci, alors capitaine du parti, qu’ayant été proposé trois fois et pas convaincu, et le chef du parti ne voulant plus le proposer, Rosso sè lève de sa place en fureur et dit qu’il le proposerait cent fois, s’il en était besoin, et après avoir réuni le soir un conseil sans pouvoir rien conclure de toute la nuit, ce qui laissait Macinghi absout prendre le gonfalon (car il avait été tiré gonfalonier de compagnie), Rosso jure d’un ton superbe que Macinghi ne prendrait pas le gonfalon, et par fatigue, au jour naissant, il contraint le parti à déclarer Macinghi Gibelin.

Autre fait qui caractérise ce temps : un Bartolo Siroinelli, d’abord du parti des Ricci, ruiné par la faillite des Bradi, soutenu par les secours de Charles Strozzi, devenu partisan des Albizzi, est nommé membre du parti et Prieur,

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et présente alors une pétition pour que nulle loi pour ou contre le parti ne puisse êire délibérée en conseil, sons des peines gravée, à moins qu’elle n’ait élé d’abord délibérée par le parti même. Cette loi proposée dans le conseil ne passait pas; les capitaines du parti présens au conseil me* naçaieiit mais honnêtement ceux qui donnaient les fèves blanches (vote négatif), en les appelant Gibelins; mais comme on ne donnait pas les fèves ouvertement, ils ne pouvaient pas deviner leurs adversaires. Siminetti entre dans le conseil, et secondé d’un autre Prieur aussi hardi que lui, il s’écrie d’un ton arrogant: — Nous venons voir d’où viennent les fèves blanches et qui sont les ennemis du parti guelfe. — Et .s’adressant à chacun des membres, il demandes! l’on est Guelfe, et par là il contraint chacun à lui remettre la fève noire découverte, de sorte que la loi passe, au regret des bons citoyens qui prévoyaient que l’Etat ne pourrait se soutenir ainsi.

Entre les Prieurs des élections suivantes était un Giovanni del Mozzi. gonfalonicr trois ans avant, qui délestait les admonitions et l’insolence des deux factions. Plusieurs citoyens, dont presque Ions avaient été gonfaloniers (mais presque tout le monde, excepté les grands, avait les charges dans une république où les magistrats changeaient tous les deux mois), plusieurs citoyens s’entendent avec lui, aimsi que Silveslre Médicis qui se rendit fameux dans cette entreprise ; ils forment une conjuration pour changer le gouvernement, renverser la tyrannie, et iis sont suivis par beaucoup de personnes mécontentes. Gomme il était défendu sous peine capitale de se réunir dans un lieu se. cret au-delà de douze citoyens, ils traitaient les choses chez Simon Peruzzi qui feignait d’étre malade et qu’ils allaient visiter.

Dénoncés à la seigneurie, ils s’y présentent eux-mêmes et demandent s’il leur est défendu de s’affliger des maux de l’Etat, s’ils sont les esclaves des Ricci et desAlbizzi ou des hommes libres, et supplient qu’oii remédie aux désordres. On assemble un conseil pour délibérer sur cette affaire j les conjurés sont accusés et se défendent habilement; plusieurs Âlbizzi élaient présens, et un jeune

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